Alan Wake

Nous avions déjà rencontré Alan Wake il y a quelques mois en compagnie de deux développeurs de Remedy qui nous affirmaient avoir encore quelques petits détails à peaufiner avant de livrer leur survival horror romancé. La version finale ne fait donc que corroborer tout le bien que l’on pensait de ce jeu qui a décidément su se faire attendre.

Genèse d’une histoire

Derrière le projet Alan Wake se cache donc l’équipe de Remedy, un studio finlandais bourré de talents mais qui faisait tout de même page blanche depuis la sortie de Max Payne 2 en 2003. Page blanche, pas tout à fait, puisque cela faisait de nombreuses années maintenant que l’on salivait à l’idée d’incarner Alan Wake. Et puisqu’il s’agit d’un écrivain, il fallait au héros un scénario en béton et c’est bel et bien un pari réussi. Alan Wake, le jeu, s’avère captivant du début à la fin, servi par des dialogues et un doublage de grande qualité (jeu intégralement en français). Découpée en cinq chapitres chacun introduit par une bande annonce et achevé par un générique, cette aventure réutilise à l’envi les codes des séries télé américaines, pour une immersion renforcée. On se plonge donc volontiers sur les pas d’Alan dans sa quête de vérité empreinte de fantastique, tout autant qu’on aurait pu la vivre sous forme d’une série ou d’un livre.

     

Alan Wake est un écrivain à succès qui peine depuis deux ans à trouver l’inspiration, à tel point que sa femme Alice décide de l’emmener se mettre au vert dans la charmante petite bourgade de Bright Falls. Ce qui devait être une escapade amoureuse pleine d’inspiration finit vite en cauchemar lorsqu’Alice disparaît et qu’Alan se retrouve pris pour cible par des locaux pas si fans que ça de sa prose après tout. Alan découvre vite que la présence d’une entité obscure prenant possession des citoyens est liée à un roman qu’il aurait écrit mais dont il ne se souvient pas. La seule façon d’en avoir le cœur net et de sauver Alice reste donc de collecter les pages du manuscrit oublié et de mener sa propre enquête, avec l’aide d’une sheriff et de son ami d’enfance.

Bercé par le noir

Voilà pour le pitch de ce survival horror à mi-chemin entre un Silent Hill pour l’ambiance étouffante et l’importance de l’obscurité dans le gameplay et un Resident Evil pour l’action omniprésente. Reste qu’Alan Wake propose avant tout une histoire complexe à rebondissements, construite comme une série télé (Lost revenant souvent dans la bouche des développeurs), avec son chapitrage et ses pics d’intensité mêlés à des phases d’exploration plus calmes. Mais le danger rôde toujours autour, avec encore une fois une emphase toute particulière sur l’obscurité. Un parti pris simple mais incroyablement efficace et qui se marie à merveille avec le gameplay basé sur la lampe torche qu’Alan ne quitte jamais.

     

C’est bien simple, cette lampe torche très consommatrice en piles constitue le cœur même du jeu puisqu’elle éclaire les pas du joueur dans la forêt dense et permet d’éblouir les ennemis envoûtés par une force obscure. Le faisceau de la lampe fait également office de viseur, et une fois son rayon concentré dans la direction d’un ennemi, il ne reste plus qu’à vider quelques cartouches bien placées pour l’envoyer ad patrès. Le gameplay tout autant que l’histoire repose donc sur ce principe et colle parfaitement avec l’ambiance angoissante et ce sentiment constant d’insécurité. Heureusement d’ailleurs qu’Alan se voit affublé de compagnons par moments, car ceux-ci apportent un bon réconfortant ainsi que des ressorts scénaristiques et parfois comiques bien venus pour décrisper l’atmosphère.

On se réveille

Habituellement, lorsqu’un jeu se voit repoussé de plusieurs années, le résultat technique s’en ressent grandement, laissant entrevoir le fossé technologique entre les premières intentions et les avancées récentes. Pourtant, Alan Wake n’en souffre aucunement. Au contraire, il fait tout simplement partie des jeux les plus aboutis de la Xbox 360. Sans être parfait, notamment dans la finesse des visages et dans certaines animations, le moteur sait en revanche gérer à merveille l’ombre et la lumière. Une véritable réussite dont dépendait entièrement la qualité du jeu. De même, le cadre naturel Bright Falls bénéficie d’un soin tout particulier pour reproduire massifs montagneux, forêts denses et petite ville de campagne américaine.

     

Et si Alan Wake est un plaisir pour les yeux, il l’est tout autant pour les pads. Le héros se manie très facilement pour tout joueur habitué aux jeux en vue à la 3e personne. Cela dit, il faut une bonne dose de dextérité pour se sortir des situations les plus périlleuses, la plupart aux prises avec des habitants et des objets possédés. Finalement, le plus gros reproche que l’on pourrait lui faire au niveau de la maniabilité est inhérent au genre : toute phase de plateforme qui nécessite de franchir des obstacles en sautant reste bien hasardeux. Fort heureusement, ces passages demeurent en nombre restreint.

Finalement, Alan Wake ne déçoit pas du tout, et ce malgré une attente on ne peut plus longue. Non seulement le jeu en lui-même s’avère être un vrai plaisir vidéoludique, mais en plus il pousse l’expérience scénaristique jusqu’au bout de sa promesse. Et pour le coup, il ne s’agit pas d’un film interactif mais d’un vrai thriller dont le joueur tient fermement les commandes tout en se laissant bercer par l’ambiance angoissante et les rebondissements dignes d’une série télé à succès. En bref, il s’agit là d’une vraie réussite signée Remedy.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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