Atelier Iris 2 : The Azoth of Destiny

Le succès de Atelier Iris : Eternal Mana n’en finit pas de résonner, tant mieux puisque nous accueillons sa suite Azoth of Destiny. On change de personnage, on garde l’aspect kawaï de l’aîné, sa marque de fabrique, et on renouvelle un peu le gameplay, histoire de ne pas cannibaliser l’ancien ! Un havre de paix ébranlé, un monde mystérieux, et une épée magique, êtes vous prêt pour ce nouvel épisode des studios Gust ?

Depuis le test de Digital Devil Saga II, vous connaissez toutes les subtilités de la « suite » ou comment déverser un flot d’insultes assassines sur des développeurs en manque d’inspiration ! Mais parfois un sac de bonnes idées ne suffit pas… Tenez, prenez l’album « Room on Fire » des américains de The Strokes. Critiqué comme une galette sans réelles nouveautés qui sonnait comme la bombe « Is this it ? », ces 5 déjantés, que l’on voyait déjà comme le nouvel espoir du New Rock, en ont franchement pris pour leur grade, jusqu’à se faire huer par les fans du premier opus… De la difficulté à pondre une suite de meilleure qualité que le précédent. Vous me direz, on ne peut pas toujours viser la plus haute marche du podium, et les erreurs permettent de se remettre plus facilement en question. D’ailleurs le dernier « First Impressions of Earth » est un chouette pied de nez à tous les aigris qui voyaient les Strokes comme un groupe nomade, aussitôt écouté, aussitôt oublié ! Je vous vois arriver : le rapport avec notre sujet d’aujourd’hui ? Laissez moi vous expliquer !

     

Réchauffé ?

Tout commence pour le mieux pour Viese, une jeune étudiante en alchimie, sur le point de pactiser avec son premier mana, Dour, l’élément de bois ! Major de sa promotion, elle s’empresse d’annoncer la bonne nouvelle à son copain Felt, qui préfère se la couler douce plutôt que de potasser ses cours ! Ce dernier est l’archétype même du surdoué qui s’ignore… Divisé en plusieurs terres saintes, l’Eden regorge d’elfes manas qui représentent tous un élément en particulier. Direction la forêt de Dour où repose le Grand Arbre pour rencontrer le facétieux petit bonhomme. En chemin ils croisent l’épée Azoth, surpuissante lame que Felt convoite depuis bien longtemps maintenant… Encastrée solidement dans le sol, elle reste pourtant inaccessible même pour les guerriers les plus forts !

Bon, d’ores et déjà, un relent de banalité nous crève les narines, on retrouve les stéréotypes de personnages communs à pas mal de mangas ou de jeux vidéo. La jeune fille semble dominée, timide mais vraiment colérique, tandis que le garçon reste posé, calme et obstiné devant les problèmes. En même temps, pas de dépaysement à l’horizon, et on décroche facilement un sourire devant les mimiques et répliques marrantes des protagonistes.

Alors que le pacte prend fin, un tremblement de terre violent se fait ressentir, et soudain, les îlots d’Eden disparaissent un à un… Apeurés, les deux compères se dirigent vers la sortie quand une voix émerge de l’arme interdite ! Seul Felt peut l’entendre, et par on ne sait quel miracle, il parvient à la retirer du sol sans mal. Il s’avère que ces deux évènements sont étroitement liés (vous avez ressenti la grosse influence Secret of Mana là… ?). Plus tard, on apprend que le portail de Belkhyde, fermé depuis des temps immémoriaux, ouvre une brèche sur un monde parallèle qui pourrait être la clé des problèmes sur l’Eden. Ni une ni deux, Felt s’en va au front pour sauver sa chère patrie, et Viese de pleurer comme une madeleine ! Tout le monde croit en ce jeune héros à l’épée magique (n’y voyez vous pas une petit air de Merlin l’Enchanteur par hasard ?! ^^’’ ) !

On retiendra de ce prologue, une longue mise en route, un peu comme le moteur d’un vieux diesel. On supprimerait volontiers quelques dialogues pas vraiment importants, mais le plaisir d’entendre des voix japonaises relève le tout, c’est un plus non négligeable, n’est-ce pas ? L’arrivé dans le Belkhyde remet les pendules à l’heure, enfin pas vraiment pour Felt qui ne comprend absolument rien à son nouvel environnement ! Saurez vous restaurer l’Eden ?

     

On prend les mêmes… ?

Gust conserve ici un gameplay similaire au précédent opus, en y rajoutant quelques détails qui insufflent un peu de renouveau dans la série. En effet, dès lors que vous débutez votre partie, vous avez toujours droit aux petits tutoriaux mais sans les guest stars si plaisantes… Petite déception donc, mais rattrapée par des combats aléatoires simplifiés grâce à une barre qui rougit de plus en plus à l’approche d’une rencontre. Plutôt cool comme idée, d’autant plus que cette jauge décroît à mesure que vous tuez les belliqueux monstres pour rendre la zone saine et sans danger ! Pas de panique, elle se remplira de nouveau lorsque vous rentrerez la fois suivante, car comme toujours, il faut bien booster ses guerriers. A ce propos les duels gagnent en punch avec une barre d’action en haut de l’écran, à l’instar de Grandia. Vous disposez même d’une Break Attack pour annuler l’initiative ennemie. Exit aussi les MP qui laissent place à une Skill Gauge qui se développera au gré de vos attaques simples, les « charge attack ». Encore une victoire de canard ! De Felt et ses compagnons, pardon…

La synthèse de mana reste au premier plan avec une Viese gentiment restée à la maison (quel jeu de macho !) pour créer des objets qu’elle seule sait concevoir. Tout l’intérêt des anneaux de partage réside donc ici. Ils permettent de transférer un objet d’un monde à un autre ! En bon cancre, Felt ne sait pas utiliser les talents d’alchimiste de sa consoeur, mais peut copier certains objets pré appris avec ses tubes à essais d’éléments. On les remplit comme à l’accoutumée, grâce à la commande « Element Extraction ». Comme quoi, rien ne change, tout évolue ! Je vous invite à lire le test de mon pote X-Fab, cela m’évitera de trop m’attarder sur ce dernier point ; il l’avait tellement bien fait ! 😉

Finalement les développeurs ont bien différencié les caractéristiques des deux amis, ce qui donne au titre un équilibre auquel on n’aurait pas pensé. Plus faciles, les combats n’en sont pas moins dangereux parce qu’il faudra judicieusement choisir entre une break attack pour retarder l’adversaire, ou une charge attack pour mieux faire fondre les HP des ennemis, et surtout ceux des boss ! Un aspect tactique bienvenu mais n’attendez pas non plus une révolution, le jeu se veut largement accessible !

     

La 2D, c’est le Bien !

Pareillement, le soft conserve cet aspect old-school qui seyait si bien à son grand frère… Un peu trop même. Les graphismes en 2D arborent une côté crayonné qui chatouillent la rétine, de vrais peintures vidéo ludiques tant et si bien que sur quelques passages, nos héros s’intègrent moins bien au décor et glissent sur une image colorée. Rien d’alarmant cependant. On notera aussi la repompe de plusieurs sprites NPC ici et là ; idem, ça ne choque pas. De jolis artworks ponctuent les scènes de dialogues pour notre plus grand plaisir ; on apprécie la finesse des traits des dessins qui donnent encore plus de personnalité aux héros, de quoi se plonger plus facilement dans l’ambiance de Azoth of Destiny. De plus, fini les baguenauderies sur une map 3D au design pourri, place à une carte chatoyante aux chemins multiples bien plus claire, un bel effort que l’on saura valoriser ! Un dernier mot sur les musiques discrètes, toutes en xylophone et en flûte qui gardent le même esprit que Eternal Mana, l’aspect « nouveau monde » en plus !

Azoth of Destiny ne renouvelle pas vraiment le genre, il pérennise juste ce que son prédécesseur a su imposer, tout en y apportant son petit lot de bonnes idées. Rapide et nerveux, les combats se terminent vite et bien pour peu que l’on connaisse un minimum son opposant, et l’ajout d’une barre de rencontre permet de mieux visiter une zone sans se taper des dizaines de batailles longuettes. D’aucun diront que le soft roule sur les mêmes rails que Eternal Mana en n’apportant que peu d’originalité à la série… Vous avez saisi la comparaison avec les Strokes maintenant ? ^^

Les derniers articles par Diesel (tout voir)

Laisser un commentaire sur cet article :