[TEST] Atelier Rorona : The Alchemist of Arland

Une fois n’est pas coutume, on aura dû attendre plus d’un an avant de voir arriver Atelier Rorona chez nous. Attention, si nous poussons ce petit coup de gueule facile – alors que nous devrions plutôt être reconnaissants de tenir le jeu entre nos mains – c’est parce que ce titre accusait une réalisation quelque peu décevante lors de sa sortie japonaise. Est-ce que ça ne va pas lui porter d’autant plus préjudice aujourd’hui ?

Autant stopper le suspense dès à présent ; la réponse est « pas vraiment ». Les graphismes chatoyants rappellent la belle époque des épisodes sur PS2, sans que la 3D ne vienne trahir la patte Atelier. On regrette bien entendu les décors trop lisses et épurés, ou bien l’animation sommaire, mais l’ensemble demeure largement passable en comparaison de ce que l’on a pu subir jusqu’ici sur consoles de salon de la part des « petits » studios japonais.

     

Comprendre par là, même s’il est cependant dommage de s’abaisser à cette façon de penser, qu’on pouvait s’attendre à bien pire pour ce premier opus en 3D intégrale ! Le chara-design kawai passe vraiment bien et les diverses illustrations ajoutent une touche manga très agréable. Les musiques guillerettes s’inscrivent également dans la même lignée que les précédents volets. Si bien que l’on se sent emporté illico si l’on a déjà un petit faible pour la saga à la base.

Pas de doute, c’est bien un Atelier

D’ailleurs, mieux vaut être fan de la série pour espérer adhérer au système de jeu. Autrement, le RPGiste moyen risque de mortellement s’ennuyer à force de répéter le schéma imposé par le jeu. En clair, vous disposez d’un nombre donné de journées virtuelles pour accomplir un objectif fixé par les hautes instances d’Arland (votre ville de résidence) et impliquant vos compétences d’alchimie. De manière générale, car ceci s’applique aussi bien à la quête principale qu’aux missions annexes, il vous est demandé de synthétiser une quantité variable de produits à partir d’une ou plusieurs recettes avant une date limite.

     

Concrètement, cela se traduit par un nombre incalculable d’allées et venues entre votre atelier, votre donneur d’ordres, les marchands et bien entendu les donjons. Tout cela afin de réunir les différents ingrédients nécessaires à la fabrication de tous vos bidules. Ingrédients ramassés au bord de la route (via des points de récolte situés dans le décor), achetés auprès des marchands ou obtenus en déchirant du monstre jusqu’à plus soif. Mais attention, chaque voyage entre deux points de la carte, chaque manipulation d’alchimie et chaque sieste réparatrice font défiler le temps (sachant que vos expériences ponctionnent des MP, d’où l’importance de récupérer grâce à une cure de sommeil, argh !). Gare à votre évaluation ou votre réputation si vous dépassez les délais impartis !

Fullpatience Alchemist

Bref, il est vivement conseillé d’apprécier le côté « petit chef » du soft, car ce n’est pas le scénario et la mise en scène anecdotiques qui attiseront votre intérêt. L’histoire tient sur un ticket de métro ; Rorona, l’héroïne, doit sauver son atelier d’une fermeture imminente en regagnant la confiance de la ville. D’où cette suite d’épreuves qu’elle relève. Quant à l’exploration, elle se révèle inexistante en raison des donjons super linéaires et de la cité minuscule.

     

Si le système de combat au tour par tour se montre tout ce qu’il y a de plus traditionnel, il introduit tout de même une fonction intéressante : le soutien. Alors que les tours s’accumulent et que vos camarades encaissent et distribuent des attaques, leur jauge de soutien respective se remplit. Lorsqu’une icône indiquant R1 ou L1 apparaît, vous avez la possibilité de faire appel à l’un de vos compères pour vous protéger ou vous assister durant votre offensive. Hélas, inutile d’insister davantage sur les affrontements mous du bulbe et répétitifs.

Restent les personnages attachants et hauts en couleurs, seuls susceptibles de procurer une bonne dose d’humour et de donner naissance à cette atmosphère légère typique de la saga. Mais encore faut-il – une fois de plus – accrocher aux codes (poncifs ?) de la saga, et du J-RPG en général. Si vous ne supportez pas/plus les héroïnes un peu cruches et les parcours initiatiques pour ados boutonneux, vous pouvez d’ores et déjà passer votre chemin parce qu’il n’y a RIEN D’AUTRE au-delà.

Malgré tout, le charme de la légendaire saga des Atelier reste encore et toujours présent dans ce Rorona (presque) tout beau tout neuf. Grâce à son principe d’alchimie parfaitement rodé et son univers coloré, il fait oublier les lourdeurs de gameplay et de réalisation qui plomberaient n’importe quel autre jeu next-gen. Assez moyenne quand on se cantonne au strict minimum, la durée de vie dépasse les cent heures si l’on désire débloquer plusieurs fins (parmi les 14 disponibles en fonction de vos performances). Un new game + permet de conserver ses deniers durement acquis. Les fans en auront donc pour leur argent !

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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