Bad Company

Tout le monde s’accorde à considérer GTO comme un manga culte, possédant toutes les caractéristiques d’une grande œuvre : scénario original et captivant, personnages charismatiques, réflexion sans prise de tête… Mais peu de lecteur assidus de GTO savent que ce n’est que le 3e volet des aventures d’Eikichi Onizuka. Tôru Fujisawa lui a construit toute une vie et celle-ci débute avec Bad Company, puis se poursuit avec Shonan Junaï Gumi pour se terminer, jusqu’à présent, avec Great Teacher Onizuka.

La formation de l’Onibaku Combi

Bad Company représente donc le début chronologique des aventures d’Eikichi Onizuka. Mais il prend en fait une tournure surprenante puisqu’il met presque principalement en scène le personnage de Ryuji Danma, avant même Onizuka. C’est avec le regard de Ryuji que l’histoire débute, alors qu’il débarque dans son nouveau collège, après avoir été viré de son ancienne école. C’est là qu’il assiste à une baston entre Eikichi et d’autres élèves, une scène qui restera à jamais gravée dans sa mémoire. Dès lors, il n’aura qu’un seul but en tête : affronter le caïd de l’école, Eikichi.

   

Outre les deux principaux protagonistes, on découvre d’autres personnages inédits dans cette histoire courte (seulement un tome, ou deux selon les éditions), comme Yamato Sakura qui n’hésite pas à montrer sa culotte pour parvenir à ses fins, ou encore Fei et Isamu, les deux amis d’Eikichi. Toute la première partie du manga traite de l’arrivée de Ryuji dans l’école et de ses défis à répétition envers Eikichi. Mais tous deux finiront par s’accepter l’un l’autre autour d’une passion commune : une moto. C’est aussi ce qui leur attirera pas mal de problèmes, et qui dit problèmes dit baston. C’est ainsi que se forme petit à petit l’Onibaku Combi, dont le nom est formé à partir d’un jeu de mot : oni (pour Onizuka) = démon, bakudan = bombe (pour Danma) et enfin combi = duo, soit le duo démon-bombe. Les épreuves passées ensemble finiront par souder ces deux collégiens et leur amitié traversera ensuite les années pour se retrouver de manière récurrente dans tous les manga les mettant en scène.

Méli-mélo historique

Bad Company a été créé en 1997 et publié en un unique volume deluxe, l’équivalent de deux tomes habituels. Bizarrement, ce n’est pas le premier manga de la saga Onizuka à avoir été édité. Tôru Fujisawa l’a débutée avec Shonan Junaï Gumi, qui raconte les tribulations d’Eikichi et Ryuji dans leur quête d’amour (enfin de sexe pour dire vrai) au lycée. Viennent ensuite, dans l’ordre de création, Bad Company, narrant la rencontre du célèbre duo de Shonan, et pour finir le cultissime manga GTO, véritable best-seller international.

 

Ce mélange chronologique se ressent énormément dans les dessins du mangaka, beaucoup plus évolués que pour Shonan Junaï Gumi, sans pour autant atteindre la qualité de GTO, bien plus récent. On sent tout de même le style inimitable de Tôru Fujisawa dans chacun de ses manga. Mais plus que le design, c’est surtout l’humour et l’esprit qui s’en échappent qui rendent ses œuvres absolument géniales. Shonan Junaï Gumi était très cru et particulièment tourné vers le sexe. Bad Company, au contraire, tape clairement dans le shônen vieux jeu, avec comme thème prédominant la baston entre étudiants. GTO, au final, s’apparente plutôt à un mix de ces deux manga, tantôt pervers, tantôt violent, mais jamais malsain.

   

Bad Company s’avère donc moins réussi graphiquement et même scénaristiquement (ce n’est qu’une histoire courte) que GTO. L’auteur n’avait pas encore l’aisance qu’on lui connaît dorénavant à l’époque de sa création. Ca n’en est pas moins un bon manga, bien équilibré, mais qui ne rentre pas assez dans la réflexion sur le rôle social de l’école, thème fondateur et récurrent de GTO. On y retrouve en revanche quelques clins d’oeils à l’univers de GTO (c’est en fait l’inverse puisque Bad Company est plus vieux), comme la formation de l’Onibaku Combi ou le mystérieux Maki Kyosuke qui apparaît dans le dernier tome de GTO.

Vous adulez GTO ? Alors vous aimerez à coup sûr Bad Company (et Shonan Junaï Gumi, au passage) ! Retrouver Onizuka dans le rôle inverse de celui qu’on lui connaît (prof/élève), c’est un peu comme rentrer encore plus dans son histoire et comprendre sa personnalité atypique. Passer à côté de Bad Company, c’est comme manquer tout un chapitre de GTO…

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

Les derniers articles par Ryosan (tout voir)

Laisser un commentaire sur cet article :