Captain Tsubasa : Olive et Tom

Très connu en France pour son animé Olive et Tom, Captain Tsubasa est avant tout un formidable manga de sport écrit par Yôichi Takahashi. Trente-sept volumes ponctuent ce shônen qui s’est inscrit comme le pionnier dans le milieu du sport. Webotaku vous propose aujourd’hui un décryptage de cette œuvre de qualité.

Je joue parce que le football est ma passion !

L’histoire commence à Nankatsu, ville de Shizuoka. Le jeune Tsubasa vient à peine d’aménager qu’il part visiter la ville balle au pied. Ce garçon semble avoir une relation très particulière avec le ballon rond. En effet, il est sorti indemne d’un accident de la route grâce à son ballon. Tout porte à croire que ce garçon est né pour jouer au football.

Durant sa visite, il est impressionné par la démonstration de Genzô Wakabayashi, gardien de but surdoué de l’équipe championne du Japon de sa catégorie d’âge. Arrogant et sûr de lui, ce génie est le meilleur portier du pays, à tel point qu’il n’a pas encaissé le moindre but l’année de son titre, et personne n’a jamais réussi à lui marquer de but hors de la surface de réparation.

Tsubasa va lui lancer un défi durant lequel il va affronter seul onze joueurs, avant de marquer un but au meilleur gardien du Japon ! Ce duel marque la première rencontre entre Tsubasa et l’homme qui deviendra son mentor, Roberto, un international brésilien, mais également le début de l’âge d’or du football japonais, avec l’émergence de jeunes champions motivés à l’idée de se confronter avec un joueur du niveau de Tsubasa.

   

Le sport, propice aux shônen

Un shônen comporte beaucoup d’éléments indispensables à une œuvre de ce genre. Le monde du sport collectif, est propice à ce jeu de clichés.

Tout d’abord, regardons l’élément shônen par excellence : le dépassement de soi. Tout bon héros de shônen doit devenir fort, plus fort qu’il ne l’est déjà. Cette valeur est omniprésente dans le milieu du sport, où il y a toujours un titre à remporter ou un adversaire à battre, ce qui conduit les champions à aller toujours plus loin dans leurs efforts. Cela se traduit dans Captain Tsubasa par une série d’obstacles bien ficelée. Les tirages au sort sont tels que Nankatsu affronte ses adversaires successivement dans l’ordre croissant de difficulté. Jamais Tsubasa n’aura un match plus facile en demi-finale qu’en quart de finale, et les scores sont toujours étriqués (rarement plus d’un but d’écart).

  

Autre aspect récurrent du shônen qu’on retrouve sans surprise : la notion de solidarité, de groupe. Rien de plus normal dans une équipe de foot, où chacun tient un rôle en fonction de ses caractéristiques. Et où tout le monde tire logiquement dans le même sens, celui qui permettra à l’équipe de gagner.

Enfin, on peut noter aussi le fait que les ennemis d’hier deviennent les co-équipiers de demain. C’est quelque chose qui arrive régulièrement dans le shônen et dans le milieu du football, où les meilleurs éléments qui se sont affrontés toute l’année en championnat se retrouvent réunis en équipe nationale.

 

Peut-on être réaliste dans le manga ?

Captain Tsubasa est un shônen de sport. Beaucoup peuvent lui trouver un côté repoussant de part le fait qu’il manque de réalisme. Cependant, ce côté irréel fait partie du charme de l’œuvre. Il est vrai que cela peut être agréable de voir des déplacements transposables à la réalité, mais ce n’est clairement pas le but de l’auteur, qui aime le football et le réinvente afin de pouvoir mieux rêver. La cible de l’auteur n’est pas seulement le puriste qui joue au football tous les dimanches, mais bien l’ensemble des lecteurs.

Aucun joueur japonais, ou même mondial, n’est capable de faire ce que peut faire Tsubasa. Leader, puissant, rapide, endurant, aussi fort du droit que du gauche, excellent passeur et buteur, prodigieux dans les airs, le jeune homme ne manque pas de qualités pour réaliser ses prouesses. Capable d’effacer cinq joueurs à chaque touche de balle, il ne manque jamais un match, et son incroyable régularité fait de lui LE joueur décisif de chaque rencontre qu’il joue, qu’il soit diminué ou même blessé ! Les joueurs de légende comme Diego Maradona n’ont pas autant de qualités intrinsèques que lui ! Peut-on reprocher à l’auteur d’avoir fait de son personnage principal un « super héros » ? Difficile à dire, car même si le décor reste le milieu du sport, il convient de rappeler que dans tout shônen, le héros est capable de soulever des montagnes et de venir à bout de toutes les difficultés qui se dressent devant lui. Reproche-t-on à Luffy de battre tous ses adversaires ? La remarque est la même pour ses adversaires, parmi lesquels Schneider, buteur allemand qui marque 3 buts à chaque match…

Comme écrit ci-dessus, les ennemis d’hier deviennent les co-équipiers de demain. Mais contrairement à la réalité du football, les nouveaux amis perdent complètement leur niveau de jeu, et se font allègrement trimballer par leurs nouveaux opposants ! On se demande même si ce sont bien Jitô et Soda qui restent ainsi immobiles alors qu’ils ont causé tant de problèmes au marquage de Tsubasa ! Et que dire de joueurs formidables comme Izawa, meilleur partenaire de Tsubasa durant ses années de collège, ou des frères Tachibana, capables de faire douter Nankatsu à eux deux mais cantonnés au banc de touche en sélection… Et dont les seules entrées se résument souvent à mettre une nouvelle fois en évidence le talent de leurs adversaires ! Pire encore, ils se reconvertissent en défenseurs pour exister en équipe nationale… Cependant, peut-on vraiment en vouloir à l’auteur ? Le football ne se joue qu’à onze, et une équipe avec neuf attaquants n’est pas viable. Le turn-over, qui permet de voir en action plus que les onze titulaires, s’effectue à des postes de l’ombre, car on ne peut mettre sur le banc les Tsubasa, Misaki, ou autre Hyuga… Au final, on peut juste se demander pourquoi des joueurs comme Ishizaki ou Nitta jouissent d’un tel temps de jeu alors qu’il existe beaucoup d’autres personnages plus talentueux.

   

Une série qui en appelle d’autres…

Pour un mangaka, achever une série peut être un crève-cœur. Dans le monde du sport, allonger la durée de vie d’un manga est simple : les joueurs grandissent et continuent leur ascension. Ainsi, après le titre en primaire, les trois titres au collège et un premier titre en sélection, Tsubasa s’envole pour accomplir son rêve, devenir professionnel au Brésil. Cette fin annonce le début d’une autre série : Captain Tsubasa World Youth, qui ne marque pas la dernière exploitation de l’auteur de son personnage phare, tant le monde du sport offre des multitudes de possibilités.

Malgré ses défauts, Captain Tsubasa s’inscrit comme le shônen qui a introduit le sport dans le monde du manga. Alors pour peu que vous ne soyez pas repoussés par de jeunes joueurs capables de faire facilement ce que Beckham n’a jamais osé tenter faire, et que vous n’ayez pas la motivation nécessaire pour aller chausser vous-même les crampons, laissez-vous séduire et (re)découvrez ce manga qui a marqué son époque !

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