Captain Tsubasa World Youth

On ne change pas une équipe qui gagne. Voici le credo de Yôichi Takahashi, qui a décidé en 1994 de donner une suite aux aventures de son illustre héros, Tsubasa. Préparez-vous à chausser les crampons à nouveau car le petit prodige du football nippon revient plus motivé que jamais. Et son but n’est plus de passer professionnel au Brésil mais bien de gagner la Coupe du Monde avec le Japon !

Toujours plus loin, plus fort, plus vite…

L’histoire débute à Milan, avec Shingo Aoi. Ce jeune garçon n’a qu’une idée en tête : progresser afin de rejoindre l’équipe nationale et gagner la Coupe du Monde aux côtés de son idole, Tsubasa Ohzora. Il se trouve en Italie car son oncle qui y réside lui a promis de le présenter à un club de football. Comble de malchance, au moment où il arrive à Milan, Aoi assiste… aux obsèques de l’oncle en question ! Un homme peu scrupuleux lui propose alors de rencontrer le coach de l’équipe de jeunes de l’Inter Milan, en échange de 2 millions de livres. Naïf, Aoi tombe dans le panneau, et se retrouve sans le sou. Après bien des difficultés, il parvient finalement à intégrer l’équipe intériste et à se faire accepter par ses coéquipiers.

Ce premier chapitre se veut la présentation en grandes pompes du nouveau chouchou de l’auteur. Nous passons ensuite aux choses sérieuses, avec ni plus ni moins que la finale du championnat brésilien ! Tsubasa a réussi à s’imposer comme titulaire de l’équipe, et porte son fameux numéro 10 de Sao Paulo, dans l’enceinte mythique de Maracana. Il affronte lors d’un duel épique le meilleur joueur brésilien, Carlos Santana.

   

Suite à ce match d’une rare intensité, qui voit Tsubasa réaliser son rêve, nous entrons dans le vif du sujet avec ce qui deviendra le fil rouge de la série : la Coupe du Monde Juniors ! L’auteur ne perd pas de temps et nous envoie en plein stage de l’équipe nationale où tous les Hyuga, Misaki et Matsuyama ont répondu à l’appel. La génération en or du football japonais est alors scrutée par de curieux observateurs, qui vont bouleverser l’équipe…

Jusqu’au bout de l’extrême limite

Pour cette suite, l’auteur a décidé d’aller encore plus loin. Alors pour ceux qui reprochaient à la première série de manquer de réalisme, n’ouvrez aucun volume de Captain Tsubasa World Youth : les actions sont encore plus déjantées, pour le plus grand plaisir des fans du genre. Le premier match, à savoir la finale du championnat brésilien, permet d’avoir un premier aperçu du ton de la série, avec une confrontation qui s’apparente plus à un duel de boxe tant seuls Tsubasa et Santana importent. Et nous vous laisserons le plaisir de découvrir par vous-mêmes les prouesses dont ils sont capables, mais veuillez noter dès à présent que même en Ligue des Champions, vous ne verrez jamais ça… La suite de la série reste dans ce ton, avec des joueurs mondiaux dont les techniques rivalisent d’originalité. Certains y verront une faiblesse, mais les fans de la première série, à qui s’adresse l’auteur, sont à priori adeptes de ce genre d’excentricité.

Droit au cœur de l’action…

Contrairement à la première série, où l’auteur nous avait gratifiés de deux championnats nationaux, l’action va cette fois-ci beaucoup plus vite. On entre dans le vif du sujet, avec une sélection nationale déjà formée. Connaissant déjà l’ensemble des visages qui la composent, le fan aurait pu tomber dans une monotonie. Car une fois le plaisir de retrouver ses personnages favoris, il existait un problème potentiel de voir une ambiance trop bon enfant et sportive, et un manque de rebondissements. Mais ne vous en faites pas : Yôichi Takahashi a pris ses précautions, en introduisant de nouveaux postulants à une place de titulaire en sélection. En d’autres termes, les joueurs que nous avons adulés dans Captain Tsubasa se retrouvent obligés de faire leur preuve. Ainsi, comme dans tout bon shônen, les personnages sont dans l’obligation de devenir plus forts. Le genre d’élément indispensable pour les fans qui apprécient de voir les protagonistes aller au bout d’eux-mêmes.

   

C’est ton bonheur, c’est ma passion

Si chaque fan de Tsubasa et consorts sera à coup sûr ravi de retrouver ses personnages favoris, plus que le manga, c’est bien le football qui est à l’honneur dans cette nouvelle série. Ainsi, les nombreux joueurs étrangers sont inspirés d’anciens joueurs.

Lors de la première saison, on avait déjà beaucoup d’exemples illustres. Karl-Heinz Schneider doit son prénom à l’ancienne gloire du Bayern Munich et actuel président, le double Ballon d’Or Karl-Heinz Rummenigge. Bien sûr, son surnom de « kaiser » était celui de Beckenbauer. Le gardien Müller porte lui le même nom que l’ancien « bombardier » de la sélection allemande. Inutile de vous dire d’où vient le nom du buteur français Napoléon, vous l’aurez sans doute deviné seul ! Le génie argentin Diaz sonne comme un clin d’œil à Ramon Diaz, ancien joueur qui a brillé sept saisons en Série A. En Italie justement, le gardien porte un prénom proche de l’ancien gardien de légende Dino Zoff (Dino – Gino) et il est accompagné de Gentile, un défenseur qui porte les couleurs de la Juventus Turin, comme son homonyme des années 1980.

L’Asie n’est pas en reste car le capitaine saoudien Owairan marque le même but qui a porté à postérité son homologue réel lors de la Coupe du Monde 1994. Les nouveaux personnages comme le suédois Larson feront aussi réagir les fans du ballon rond, qui auront reconnu l’ancien joueur du Barça et du Celtic. Bref, s’il faut être un énorme geek du football pour s’apercevoir de tous ces détails, force est de constater qu’ils pullulent et montrent une nouvelle fois l’admiration que porte l’auteur pour ce sport. Pour le lecteur, c’est également plaisant de se prêter au jeu et tester ses connaissances.

Une malheureuse exploitation des anciens personnages

Cette arrivée de nouveaux personnages a pour fâcheuse conséquence d’occulter les anciens personnages étrangers. Ainsi, mis à part l’Italie, le Japon n’affronte aucune nation rencontrée lors du tournoi en France. Ce choix éditorial peut léser les fans purs et durs de la série, qui auraient aimé revoir à l’œuvre des joueurs brillants comme Pierre, Diaz ou Schneider. Et même si les nouveaux adversaires de Tsubasa ne manquent pas de charisme, il reste difficile d’accepter de ne pas voir à l’œuvre les personnages qu’on avait appréciés. La force du sport ne réside-t-elle pas dans le fait d’offrir la possibilité aux champions de prendre leur revanche sur ceux qui les ont battus ? De plus, les amoureux du ballon rond auraient fortement apprécié de voir les champions jouer l’un contre l’autre, plutôt que de se contenter du résultat. Au final, on a la nette impression que les joueurs étrangers de la première saison ne servent que de faire-valoir ! Dommage, car même si une volonté de renouvellement demeure une bonne chose, il ne faut pas oublier que toute suite s’adresse avant tout aux fans de la première série.

   

Une suite, mais pas une fin !

On vous l’a dit et répété : Yôichi Takahashi aime plus que tout le football et ses personnages. Ainsi, si Captain Tsubasa World Youth marque une nouvelle exploitation de sa licence phare, cela ne marque en aucun cas une fin définitive. Car comme nous vous l’avions rappelé ici, le sport offre trop de perspectives pour se priver de faire une suite. Et d’un point de vue moins artistique et plus terre à terre, dans un contexte ultra concurrentiel comme le manga au Japon, le succès n’est pas toujours au rendez-vous. Alors autant mettre toutes les chances de son côté, en utilisant une recette qui a déjà marché.

Vous l’aurez compris : si vous avez aimé Captain Tsubasa (ici), il vous faut lire la suite. Car ce manga, comme son illustre prédécesseur, vous permettra de vivre des matchs épiques, où les rebondissements de jeu et le spectacle seront, quoi qu’il arrive, toujours au rendez-vous. Préparez vous à humer de nouveau le doux parfum des gazons…

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