Plusieurs rédacteurs de WebOtaku rédigent des articles pour divers magazines de presse. Peut-être en avez-vous déjà lu sans le savoir...
DEATH NOTE 2
Suite au succès retentissant du film Death Note, il n’aura pas fallu longtemps pour voir apparaître la suite sur grand écran, reprenant l’enquête exactement là où elle avait été laissée. Et cette fois, Death Note: The Last Name a pour objectif d’aller jusqu’au bout de ce thriller fantastique captivant, toujours en suivant les traces du manga éponyme d’origine. Rassurez-vous, cet article ne contient pas de spoilers, ou rien qui ne se passe après les 5 premières minutes du film.
Depuis le jour où il a commencé à perpétrer des meurtres “utiles” pour la société, Kira a su rallier à sa cause nombre de supporters plus ou moins avoués, parmi lesquels figure Amane Misa (Erika Toda), une pop idol à la psychologie plutôt instable. Obnubilé par son duel à mort avec L (Ken’ichi Matsuyama), le génial enquêteur qui le traque, Kira, alias Yagami Raito (Tatsuya Fujiwara), parvient à se rapprocher de sa proie, tout en sachant que ce dernier le suspecte au plus haut point. Chacun teste l’autre pour trouver son point faible et l’exploiter au mieux, aveuglés qu’ils sont par leur désir de démontrer que leur définition respective de la justice prédomine.
Mais le jour où un second Kira fait son apparition, la donne change, et tous deux se trouvent un nouvel ennemi potentiel à inclure dans leur partie d’échecs. Sauvée par un shinigami qui lui donne un Death Note, Misa se lance à corps perdu dans l’extermination des criminels de tous horizons et n’hésite pas à massacrer des innocents dans le seul but de rentrer en contact avec le vrai Kira. Mais pour quel dessein ? C’est ce que L et Raito devront lutter pour comprendre, et si possible avant l’autre, en ayant recours à toutes les bassesses possibles et imaginables pour le bien de leur sacro-saint combat. Le duel entre les deux esprits les plus brillants continue.
Combattre le mal par le mal
Le succès de Death Note repose sur son suspense haletant sans cesse relancé par des rebondissements imprévisibles qui font que l’on ne doit jamais tirer de conclusions hâtives sur ce que l’on voit. Si vous pensiez que Tsugumi Ooba, la scénariste, avait épuisé toutes ses cartes lors du premier film, The Last Name va vite vous faire changer d’avis, reprenant certes exactement la même formule mais la portant à un niveau bien au-dessus. Là où le premier film se contentait de couvrir 3-4 tomes du manga, le second achève le travail de manière magistrale, en prenant soin d’accélérer les révélations et d’améliorer encore les échanges de coups et les tactiques tordues entre les deux principaux protagonistes… qui doivent d’ailleurs composer avec de nouveaux arrivants décidément très intéressants. D’ailleurs, sous ses dehors d’idole écervelée, Misa apporte une fraîcheur et une "innocence" qui ne cache pas longtemps une logique machiavélique et implacable, beaucoup plus humaine que celle développée par L et Raito, aveuglés par leur soif de justice.
Si on devait résumer Death Note en un seul mot, ce serait certainement "perspective", car tout dans cette œuvre inspire à la fois le respect et le dégoût. Chaque personnage a ses raisons que la raison ne comprend pas, à moins d’arrondir les angles et de lui donner du relief par rapport à son passé, ses expériences, ses convictions. Les esprits les plus simples peuvent aisément cataloguer Raito de monstre sanguinaire et mégalomane ; d’autres y verront certainement un personnage passionné qui ne fait que suivre à l’extrême sa logique. L lui-même n’est pas exempt de travers, lui qui n’hésite pas à torturer des personnes soupçonnées pour le bien de son enquête. A ce niveau là, les deux adversaires rivalisent de machiavélisme et Death Note impose décidément encore plus sa maturité lorsque l’on tente de comprendre ses personnages psychologiquement fouillés.
En cela, le jeu des acteurs, loin d’être convaincant en tous points dans le premier film, a manifestement été amélioré dans cette suite. Même si on ne décernera pas d’oscar à aucun des acteurs, l’essentiel est qu’ils assurent la crédibilité et l’atmosphère sombre de ce thriller fantastique qui tue à tout bout de champ. Côté réalisation, Shusuke Kaneko assure lui aussi la mise, sans vraiment innover non plus. Disons que l’on ne ressent aucune patte artistique particulière, le réalisateur se mettant certainement au service de cette œuvre qui ne lui appartient pas.
Encore plus fort que Death Note, Death Note: The Last Name impose un rythme et un suspense extrêmement prenants auxquels on ne peut échapper. Plus que jamais, Death Note, dans son ensemble, s’affirme comme étant l’œuvre immanquable de l’année 2006 et il serait étonnant qu’elle s’arrête en si bon chemin, même si The Last Name répond à la quasi-totalité des questions que l’on se posait encore.