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JOTEI


Jotei est un drama de 12 épisodes qui fut diffusé cet été sur la chaîne japonaise TV Asahi. Relativement éloigné des intrigues habituelles des drama estivaux, il nous propose une histoire de vengeance avec pour héroïne une jeune femme déterminée à atteindre son rêve. Les amateurs d'histoires délirantes peuvent passer leur chemin, le drame semblant être le maître mot du scénario.
 
     

 

 


Titre : Jotei
Titre original : Jotei
Acteur : Rosa KATO
Acteur : Matsuda SHOTA
Acteur : Ayana SAKAI
Genre : Série drama
Année : 2007

Fiche reliée


» Jotei
 
 
 

Quand le malheur frappe à la porte...

Tachibana Ayaka (Kato Rosa), 18 ans, est une lycéenne sans histoire et très bonne élève, vivant dans la banlieue d’Osaka. Sa mère tient un modeste club à hôtesses et l'élève seule depuis le décès de son père, avant sa naissance. Ayaka, considérée comme l'une des plus brillantes et des plus jolies filles de son lycée, est regardée de haut par les autres élèves, originaires de familles prestigieuses. Le métier de sa mère et le fait qu'elle aide parfois au club, font que certains la prennent pour une fille de rien, prête à vendre ses charmes au plus offrant.

Ainsi Sugino Kenichi (Saito Shota), fou amoureux d'elle et néanmoins fiancé à Rina (Sakai Ayana), tente de la violer dans la classe de dessin. Ayaka parvient à s'enfuir mais c'est pour trouver sa mère aux prises avec les yakuzas locaux. Après les avoir chassés de son club, la mère d'Ayaka décède brutalement, non sans lui avoir révélé le nom de son père qui est toujours en vie et qui fait partie de l'élite du Japon.

Désormais sans ressources, Ayaka prend alors la décision de se venger de son père, qui les a abandonnées, elle et sa mère afin de poursuivre sa prestigieuse carrière. Dotée d'une ambition dévorante, elle va ainsi décider de tout mettre en oeuvre afin de devenir "l'impératrice" (jotei, d'où le titre du drama) des clubs d'hôtesses du Japon, afin de gagner le pouvoir lui permettant de mettre les hommes et les puissants de ce monde à ses pieds. Ce statut lui permettra également de se venger de son père et des hommes en général, qui ne voient en elle qu'une fille leur procurant détente et plaisirs.

     


Des alliés sur son chemin...

Jotei est un drama relativement différent de ce que nous propose habituellement la saison estivale japonaise. Ici, point de bluette romanesque, ni de comique de service. Place est faite au tragique et aux situations où le sérieux est de mise. Le personnage d'Ayaka nous offre d'ailleurs l'exemple d'une femme forte, à l'ambition dévorante et qui fera tout ce qui est en son pouvoir pour parvenir à ses fins. Notre héroïne perd bien vite sa naïveté pour offrir sa virginité à un vieil homme qui deviendra son plus fervent soutien dans sa quête de réussite.

Ayaka comprend en effet très vite que, dans le monde des hôtesses, la réussite vient par les hommes et qu'il faut donc soigneusement choisir celui qui deviendra, pour un temps, son client privilégié. Ayaka apprend également à ses dépends que l'amour est le plus grand ennemi d'une hôtesse qui, si elle veut réussir, ne doit en aucun cas tomber amoureuse. Or, dès son premier jour en tant qu'hôtesse dans un célèbre club d'Osaka, elle fait la connaissance de Naoto (Shota Matsuda), jeune yakusa qui la prend en amitié, mais pour au final tenter de se jouer d'elle en la réservant au marché clandestin de la prostitution. Ayaka n'est pas dupe et déjoue le piège du jeune homme, qui s'est entre temps attaché plus que de raison à sa proie. Va alors naître entre eux une relation ambiguë, très bien résumée par Naoto lors d'un épisode : « si je ne peux pas faire l'amour à ton corps, je ferai l'amour à ton coeur ».

Naoto va ainsi devenir le protecteur de notre jeune hôtesse dont la popularité grandissante ne cesse de lui attirer des ennemis. Leur relation va peu à peu évoluer pour devenir un amour fou, mais interdit. Si une hôtesse doit s'interdire de tomber amoureuse, c'est pour une bonne raison : si elle passe rien qu'une nuit avec l'homme qu'elle aime, elle ne pourra jamais plus supporter d'être touchée par un autre que lui. Or Ayaka a plus que jamais besoin de son corps pour réaliser sa vengeance dont il constitue la meilleure arme.

     


Un monde très fermé

Jotei permet au spectateur occidental de découvrir le monde très fermé des clubs à hôtesses japonais. Ne possédant pas d'équivalent en Occident, ces clubs réservés pour la plupart à une élite riche et puissante, sont des endroits réservés aux hommes en vue (politiciens, écrivains célèbres, hommes d'affaires, yakuzas, stars en tout genre), qui cherchent auprès de ces compagnes d'un soir, détente et distractions. Mais attention, ces hôtesses ne sont en rien des prostituées de luxe, tel qu'un oeil européen pourrait le penser de prime abord. Elles sont simplement là pour aider une certaine tranche de la population masculine du Japon à se détendre en charmante compagnie. Maintenant, rien n'empêche bien sûr le fameux "et plus si affinités", certaines des hôtesses les plus en vues devenant bien souvent les maîtresses en titre d'hommes puissants, instaurant ainsi une certaine forme de relation d'affaires, où les sentiments ne sont quasi jamais présents.

Une geisha moderne ?

Les tous premiers épisodes de Jotei peuvent être rapprochés de l'histoire de Sayuri, l'héroïne du livre Mémoires d’une geisha de Arthur Golden et du film éponyme. En effet, Ayaka, tout comme Sayuri, est issue d'un milieu pauvre et méprisée par ses contemporains. Mais nos deux héroïnes, animées chacune d'une ambition remarquable, sauront éviter les écueils tendus sur leur route, afin de s'élever dans un monde souterrain, où elles finiront par briller de tout leur éclat.

     


A l'image de Sayuri, Ayaka s'attire dès son arrivée dans le club d'Osaka la haine viscérale de l'hôtesse numéro 1 du club. On se souvient que Sayuri s'était sans le vouloir attirée la haine de Sumomo, alors geisha très en vogue. Mais la comparaison entre nos deux héroïnes s'arrête là, car les époques sont différentes (Sayuri vivait au début du XXe siècle, tandis qu’Ayaka évolue dans notre époque contemporaine) et leurs caractères sont au final bien distincts. Si Sayuri a tout fait pour réussir, c'était avant tout par amour pour un homme qu'elle pensait ne jamais pouvoir atteindre, ce qui la met au rang des héroïnes tragiques ; Ayaka au contraire sait ce qu'elle veut et jusqu'où elle veut aller : c'est à dire le plus haut possible. Son ambition dévorante et son esprit calculateur font parfois froid dans le dos et font d'elle un personnage parfois terrifiant.

Une héroïne forte et faible à la fois

Mais malgré cela, Ayaka conserve un aspect humain, faisant tout pour aider les personnes qui lui sont chères. Tout comme son amour pour Naoto qui ne la quitte jamais. Ayaka est une femme fidèle dans son coeur, si son corps, lui, ne peut l'être. Elle est la femme d'un seul homme et fait tout pour cacher cet amour qui la dévore et pourrait à lui seul la faire dévier de sa vengeance. Cet aspect ambivalent de la personnalité de l'héroïne de Jotei rend le personnage très attachant et très humain. Ayaka est loin d'être parfaite, comme nous tous, et sa froideur apparente cache en réalité un coeur en or, qui se ferait bien vite prendre à son propre piège. Son amour pour Naoto constitue sa seule faiblesse, qu'elle se garde bien de dévoiler.

Le suspens reste entier quant à la fin possible de la série. Le drame reste le maître mot du scénario et l'on ne sait ce qu'il va bien pouvoir advenir des différents personnages. Fort bien interprété, très bien filmé et doté d'un thème de fin particulièrement entêtant « Kanata » de NanaMusica, Jotei est sans conteste le meilleur J-drama de la saison estivale 2007, si l'on aime les héroïnes fortes et tourmentées, prêtes à tout pour accomplir leur destinée.

 
 
 

 

Par Faye-Valentine, le 01/01/2008  

 
 
 
       
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