City Hunter

City Hunter est sans nul doute l’un des manga les plus appréciés dans le monde. Une série exceptionnelle qui aura duré près de 8 ans, sans compter ses multiples adaptations et qui se poursuit à nouveau aujourd’hui avec la création d’Angel Heart, fausse suite. Une telle œuvre ne pouvait passer inaperçue sur WebOtaku !

Un manga en 3 étapes

Après avoir narré les aventures des 3 sœurs formant Cat’s Eye, Hojo s’est lancé le défi de réaliser un manga avec un héros masculin. Un challenge à la hauteur de ce mangaka de talent, relevé haut la main, on le sait maintenant. Fidèle à ses habitudes, Hojo crée un univers cohérent, mêlant intrigue policière, action débordante et comédie délirante. Et c’est autour du personnage central Ryô Saeba que tout gravite. Plus connu sous le nom de code City Hunter, c’est un nettoyeur hors-pair reconnu au-delà même des frontières du Japon. A jamais marqué par un passé obscur et tragique, il se fait un nom en éliminant des personnes, et ce exclusivement à la demande de charmantes jeunes femmes.

On dénote 3 étapes majeures dans la construction du manga. Après un début très sombre où l’on découvre un Ryô prêt à assumer le rôle de tueur à gages lugubre, Hojo change subitement l’ambiance de son œuvre (revirement commandé par un sondage du public). Ryô devient tout à coup le nettoyeur pervers que l’on adore tous, aux prises entre ses magnifiques clientes et la « délicate » Kaori, son associée. La majeure partie du manga se déroule dans des conditions similaires, les aventures se répétant selon un schéma quasi-similaire. Ryô et Kaori, toujours dans le besoin financièrement parlant, dénichent par hasard une mission souvent d’apparence anodine. Le client s’avère tout le temps (parfois indirectement) être une magnifique jeune femme. Au cours de la mission (protection, enquête, recherche…), la cliente finit souvent par tomber amoureuse de Ryô mais… toujours trop tard pour succomber à ses « charmes ». Surtout avec Kaori dans les parages pour empêcher toute tentative charnelle et acharnée, il faut le dire. Enfin, dernière étape, l’histoire ayant fini par rattraper l’auteur, un final envoûtant et absolument majestueux mettant City Hunter et ses amis aux prises avec la toute puissante organisation Union Teope. Celle-là même qui avait assassiné Hideyuki Makimura, frère de Kaori et ancien associé de Ryô.

     

Action et comédie

En créant City Hunter, Tsukasa Hojo a réussi le plus apprécié des mélanges : action et comédie. La narration, on l’a vu, s’effectue toujours ou presque selon le même schéma, répétant les mêmes mécanismes bien huilés mais apportant à chaque fois le soupçon d’originalité nécessaire au renouvellement du plaisir. Si l’action s’avère constamment trépidante, avec un Ryô charismatique à souhait, aussi efficace en combat à mains nues qu’armé de son fidèle Python 357 Magnum et prêt à tous les sacrifices personnels, la comédie apporte également une grande satisfaction au lecteur. C’est d’ailleurs l’élément prépondérant dans City Hunter, l’action n’étant mise à profit que pour débloquer la situation ou en finir. Relativement prononcée, la violence visuelle de ce manga (les morts pleuvent, le sang coule… mais la morale est toujours sauve) est d’autant plus “étouffée” par les gags à répétition qui découlent du personnage de Ryô Saeba. Et le plus important n’est autre que son fameux « coucou » !

     

Mokkori !!

Ryô a un problème : son penchant très (trop ?) prononcé pour les femmes. Son caractère lubrique lui vaut tous les reproches de Kaori, tous les problèmes qu’un homme peut rencontrer à Tôkyô, mais aussi un charme fou auprès de la gent féminine… une fois ses grandes qualités humaines découvertes. En bref, Ryô est un pervers fini, prêt à user de milles stratagèmes pour coucher avec ses clientes ou même n’importe quelle ravissante jeune femme passant à sa portée. Pour contrebalancer avec ce penchant absolument hilarant, Hojo a mis en place deux armes conséquentes : d’abord une terrible malchance amoureuse du héros et enfin la redoutable Kaori. Formant avec Ryô le tandem City Hunter depuis la mort de son frère, elle représente pour lui à la fois la mère aux petits soins, la femme aimante en cachette et… la pire ennemie de ses tendances. Armée d’un terrible marteau pesant plusieurs tonnes, voire beaucoup plus (sans parler de sa formation express aux pièges en tout genre de Falcon), elle met un point d’honneur à calmer les ardeurs de Ryô, tout en souffrant en silence que ses pulsions ne l’amènent pas à elle.

     

La touche Hojo

City Hunter est un manga très complet et très long : 35 tomes au Japon, 36 en France. Une série qui a duré près de 7 ans (1986-1992) dans Shônen Jump ne peut qu’être absolument géniale. Très peu de mangakas réussissent à entretenir une série à succès comme l’a fait Hojo, toujours en restant au top. Dites vous que City Hunter est la seule série ayant réussi à détrôner le phénomène Dragon Ball Z ! En ce qui concerne le manga, il faut savoir qu’il est très loin de la superficialité de la série TV. Celle-ci ne fait qu’effleurer l’œuvre en reprenant les aspects les plus « grand public » et en évitant ce qui fait l’âme de City Hunter : son humanité et sa maturité. Il ne s’agit pas d’un manga à mettre en toutes les mains, même si la bonne dose d’humour qui y est présente occulte certains thèmes plus adultes (notamment le trafic de drogue).

En ce qui concerne la qualité graphique, City Hunter représente un tournant monumental dans la carrière de Tsukasa Hojo. Après le succès Cat’s Eye, il a certes réussi à puiser l’inspiration pour se renouveler, mais il a surtout su se remettre en question et faire évoluer son style graphique. Le changement s’avère d’ailleurs fulgurant, notamment à partir des tomes 10 et suivant. Un style à la fois réaliste, précis, plein de subtilités et une touche comique indéniable, surtout avec les modèles SD (Super Deformed) introduits vers la fin du manga. Une touche personnelle qui continue à faire son succès, au travers d’œuvres comme Family Compo et plus récemment Angel Heart, la suite de City Hunter.

N’ayons pas peur des mots, City Hunter est un chef d’œuvre. Popularisé grâce à sa série animée, il fait partie des manga les plus lus dans le monde. Un succès phénoménal qui propulse Tsukasa Hojo parmi les meilleurs mangaka de tous les temps. L’univers de City Hunter est d’ailleurs si attachant et complexe qu’Hojo s’est remis depuis 2001 à son chevet, en créant Angel Heart, une sorte de spin-off. Attention, manga déjà culte !

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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