Crazy Kung Fu

Pour beaucoup, le génie de Stephen Chow se résume à un seul film : Shaolin Soccer. Pourtant le comique numéro un en Chine en a signé beaucoup des délires cinématographiques et au vu de son dernier film, Kung Fu Hustle, la série n’est pas prête de s’arrêter. Si pour vous Kung Fu et comédie se limite à Jackie Chan, attendez-vous à un sérieux coup de pied au derrière avec Kung Fu Hustle !

Le Kung Fu pour les nuls

Sing (Stephen Chow), une petite frappe au tempérament plus échaudé que ne lui permet sa véritable force, rêve de rejoindre le gang des hâches (Axe Gang), un clan qui domine largement une ville de la Chine pré-révolutionnaire. A l’aide de son ami corpulant et somnolant, il tente de racketter les habitants d’une résidence qui échappe encore au contrôle des gangs, mais sa tentative s’achève sur une belle humiliation. Sing déclenche alors malencontreusement une guerre sans merci entre la mafia et les habitants de Pig Sty Alley. Toutefois, les locataires ne sont pas aussi ordinaires qu’ils le prétendent…

     

En quête de la voie du Kung Fu

Le monde que dépeint le film marrie aisément gens du commun et maîtres d’arts martiaux de manière très naturelle, à l’image de Shaolin Soccer. On ne s’étonne donc pas de découvrir en n’importe quel péquenot un véritable combattant, qu’il soit tailleur gay ou musicien vagabond. C’est dans ce contexte que les boss du gang des hâches enverra régulièrement des maîtres de Kung Fu affronter les habitants de Pig Sty Alley, jusqu’au terrible The Beast (Leung Siu-Lung), cruel forcené qui dédie sa vie à trouver un adversaire à sa mesure. Chaque confrontation apporte son lot de chorégraphies Kung Fu de toute beauté et vraiment originales (merci Yuen Woo Ping) mais aussi de délires tous plus hilarants les uns que les autres.

La référence aux cartoons semble évidente tant les scènes comiques surréalistes se succèdent à une cadence folle. Pour ne citer qu’un seul exemple, la course poursuite entre Sing et la propriétaire de Pig Sty Alley rappelle carrément les épisodes déjantés de Bip Bip et Vil Coyote. Ainsi, l’utilisation d’effets spéciaux et retouches 3D a radicalement augmenté par rapport à Shaolin Soccer. Ce que tout un chacun avait apprécié dans un stade de football revient amélioré dans le monde des arts martiaux !

     

Un casting d’enfer

Conforté par le succès phénoménal de sa comédie footballistique, Chow a décidé de s’épauler sur l’équipe de comédiens qu’il a en partie lancé dans le monde du cinéma. On retrouve ainsi presque toute la fine équipe de Shaolin Soccer ainsi que d’autres têtes connues du cinéma chinois. Un pur régal, d’autant plus que la galerie de personnages s’avère complètement délirante, à l’image de la propriétaire exécrable qui se trimballe en chemise de nuit, bigoudis dans les cheveux et clope au bec 24h/24 ou encore du terrible The Beast qui n’a pas honte de se battre en caleçon et sandales en plastique à bas prix. Si vous en doutiez encore, la classe n’a rien à voir avec le talent. Comme si Stephen Chow souhaitait accentuer le vieil adage : « l’habit ne fait pas le moine », bouddhiste ou pas.

S’il fallait trouver quelque chose à redire, on pourrait souligner la banalité et la mièvrerie de l’histoire d’amour qui s’insère bancalement dans le scénario, ou encore le fait que certains effets spéciaux ou l’utilisation de câbles auraient pu être mieux masqués. Egalement le personnage de Sing paraît finalement sous-exploité au regard de son potentiel. Mais pourquoi bouder son plaisir quand on là l’un des cartons du cinéma HK ? En tout cas, le public asiatique ne s’est pas trompé : Kung Fu Hustle a battu un grand nombre de records aux différents box-office locaux.

Stephen Chow signe avec Kung Fu Hustle l’un de ses meilleurs films si ce n’est le meilleur, à n’en pas douter. Le mélange action et comédie trouve ici un équilibre quasi parfait : on rit autant qu’on s’extasie devant les combats dantesques. Il ne reste plus qu’à attendre une sortie en salles en France, programmée en juin 2005.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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