Crows Zero II

Les fans l’attendaient avec impatience, il est sorti en avril de cette année au Japon. Voici le deuxième volet de Crows Zero (sorti en octobre 2007 au Japon), film adapté par Takashi Miike du manga Crows de Horishi Takahashi. Le succès du manga (comprenant 26 volumes) fut tel que 32 milllions de copies se sont vendues au Japon et qu’un jeu vidéo a été créé. Premier des trois films prévus, Crows Zero avait attiré l’attention lors de sa présentation au festival du film asiatique de Deauville en 2008. Qu’en est-il de Crows Zero II ?

On récapitule…

Pour ceux qui n’ont pas vu le premier, résumons : des adolescents, un lycée, une lutte violente et incessante pour devenir le numéro 1, le big boss du lycée Suzuran pour garçons. Mais attention, on est loin des Gokusen, GTO ou même Kamen Teacher… D’ailleurs le professeur est ici une espèce en voie de disparition.

Dans le premier opus, un nouvel élève, Genji Takaya (alias Shun Oguri), s’invite à Suzuran en classe de terminale, non pas pour réussir avec brio son année scolaire, mais pour suivre les pas de son cher papa chef yakuza et le dépasser dans sa conquête de la place de leader de ce lycée en ruine. Pour cela il va devoir battre le favori : Tamao Serizawa (Takayuki Yamada). Mais avant l’affrontement décisif avec cet adversaire redoutable, Genji va devoir renforcer les rangs de son gang, et ce par le biais de combats avec les leaders de chaque classe.

   L’école de la vie… enfin presque

Quelques mois se sont écoulés entre le CZ I et le CZ II. On retrouve Genji, venu défier une fois de plus Rinda, sous les yeux amusés de Serizawa et ses acolytes ; parallèlement on découvre un nouveau personnage, en lui-même peu intéressant, mais qui va servir de déclencheur à l’action : Noburu Kawaishi, ancien élève de Suzuran. Ce dernier sort juste de prison pour le meurtre de Makio Bitou, leader deux ans auparavant du lycée Housen. En effet, à l’époque, le lycée Housen et celui de Suzuran s’affrontaient continuellement afin d’affirmer chacun sa suprématie sur l’établissement ennemi. Après le meurtre de Makio, la violence des combats s’était alors accrue et un pacte de non agression avait été nécessaire entre les deux écoles pour freiner cette escalade. Deux ans plus tard, voilà donc le retour en ville de Noburu ; pourchassé par des lycéens de Housen, il va trouver refuge auprès de Serizawa et sa bande. Arrive alors Genji, accompagné comme toujours par Izaki (Sousuke Takaoka), Makise (Tsutomu Takahashi) et Chuta (Suzunosuke Tanaka). Inconscient de la situation, il provoque une rixe avec les membres du lycée Housen, annulant ainsi le pacte de non agression entre les deux écoles. Les vieilles querelles sont ravivées, donnant l’occasion à Housen d’espérer la vengeance. S’ensuit une longue lutte pour unifier les différents clans de Suzuran face à la puissance et à la détermination de Housen d’en finir une bonne fois pour toutes.

     Crows Zero II tourne donc autour de l’affrontement entre deux lycées rivaux. Mais il n’est pas question que de combats violents et dépourvus d’humanité : ces luttes permettent à ces jeunes d’apprendre la confiance, la solidarité et avant tout l’honneur. Genji, surtout, va expérimenter l’échec et la solitude à cause de sa trop grande confiance en lui et à son manque de diplomatie. Bien sûr, il ne faut pas s’attendre à une profonde leçon de vie ; mais ce film reste assez intéressant pour les idées qu’il véhicule et sa différence avec la vision parfois trop édulcorée des lycéens « difficiles ». Et puis, les scènes de combats sont prenantes et presque esthétiques : malgré la rapidité des mouvements, la caméra nous laisse parfaitement profiter de chaque coup de poing, chaque giclée de sang… Certaines scènes jouent au contraire sur l’implicite, laissant ainsi le spectateur s’imaginer avec plus de force la brutalité des coups offerts. La violence est également intensifiée par le jeu des couleurs (le noir et le rouge emplissent l’univers du film) et par les lieux traversés par les personnages : des ruelles, un bar sombre, un lycée en ruine… Quelques scènes loufoques, typiques de Takashi Miike, viennent prendre à contre-pied le spectateur pour son plus grand plaisir.

Petit bémol par rapport au premier volet : l’intrigue autour de Noburu lasse rapidement et on peut penser qu’elle n’est là que pour combler les manques de l’action principale. En revanche, l’histoire d’amour entre Genji et Ruka Aizawa (Meisa Koroki) qui pouvait énerver dans CZ I est mise un peu de côté cette fois-ci.

Quant à l’OST, elle n’a rien à envier à la première, tout au contraire ; on note la présence du titre I wanna change des Street Beats (présents dans le film) déjà utilisé dans le CZ I, ainsi que 1 sec. de 10-FEET, Shitsville de THE MODS ou encore Torch Lighter de DOES. Le style musical particulier colle parfaitement avec le choix des points de vue, des rythmes qui jouent sur un décalage entre ancien et moderne ; de même Miike laisse facilement la place à un silence angoissant.

     En conclusion, un deuxième volet sympathique ; le jeu d’Oguri Shun surprend toujours par rapport aux autres rôles qu’il a pu tenir et Yamada Takayuki interprète avec brio le personnage complètement déjanté et imprévible de Serizawa. Quant à Miike Takashi, son exploration de la violence ne peut que satisfaire les amateurs de ce genre de films. A quand le dernier volet ?

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