Darker than BLACK

Pour sa saison 2007, le studio Bones a choisi de revenir à une époque qui lui réussit plutôt bien : le futur post apocalyptique. Quatre ans après, le réalisateur et la scénariste du superbe Wolf’s Rain ont en effet remis le couvert. Tous nos sens étaient donc en éveil pour l’arrivée de leur dernière production : Darker Than Black.

L’histoire d’un monde qui perd ses étoiles, un monde plus sombre que le noir…

« Cela fait dix ans que ceci est apparu… il devient difficile de se souvenir à quoi cette cité ressemblait avant la construction du mur. Personne ne peut plus dire pourquoi il a été construit ni ce qui s’étend au-delà. Tout ce que les hommes ont pu faire, c’est construire cette barrière pour que ceci reste loin de nous, loin de notre vue. Ce rempart a un nom : la porte de l’enfer. Ils disent que les surpuissants pactisants et des médiums nommés les poupées sont apparus une semaine après que tout ait commençé. Ces êtres mystérieux sont désormais liés aux étoiles, et si l’une d’entre elles tombe, c’est qu’un pactisant a trouvé la mort. »

   

Telle est la situation que connaît l’agent spécial Kirihara Misaki, enquêteuse de haut vol pour le gouvernement, qui travaille sur toutes les affaires mystérieuses et parfois sordides dans lesquelles pactisants et poupées sont impliqués. Les pactisants sont des hommes et femmes qui possèdent chacun un pouvoir plus ou moins puissant, pouvant être en rapport avec la gravité, l’eau, le feu, le vent, la télékinésie ou bien d’autres choses encore. Mais le coût de ce pouvoir est une perte totale d’humanité : ils n’éprouvent ni sentiment, ni émotion. Cependant, l’un d’entre eux, Hei, connu des forces de police sous le nom de son étoile, BK 201, est différent. Travaillant comme pactisant pour le compte d’une société secrète du nom du Syndicat, Hei a tout de même conservé sa sensibilité humaine, malgré sa capacité à maîtriser toute forme d’électricité. A la recherche de sa sœur disparue de l’autre côté de la porte de l’enfer, Hei est au cœur du mystère qui déclencha l’explosion d’une autre porte en Amérique du sud, la porte du paradis, cinq ans auparavant. Ce fut son étoile qui brilla au-dessus de toutes les autres, juste avant que, sur un rayon de 1500 kilomètres autour de cette porte, tout disparut…

Il faut de tout pour faire un monde… ou un anime

Si ce dicton s’apparente bien à Darker Than Black, c’est qu’il mélange de nombreux genres, variant au gré des histoires et des épisodes. On retrouve de la sicence fiction, bien entendu, comme trame de fond : des hommes aux pouvoirs paranormaux sont tour à tour le centre des intrigues de cette série. Par leur histoire, ils amènent un second genre à cet anime : le drame. La mort entoure sans cesse les pactisants et les poupées, et leurs vies dénuées d’émotion insufflent rapidement chez le spectateur tristesse et mélancolie, tandis que tout espoir optimiste se heurte rapidement à une implacable et amère fatalité. Ces pactisants et leurs pouvoirs sont également au centre de l’action qui rythme fréquemment leurs aventures, nous donnant l’occasion de découvrir des pouvoirs souvent impressionnants.

   

Mais si l’on s’éloigne un peu de ces êtres hors du commun, si l’on prend un peu de recul, les humains apparaissent, et avec eux un quatrième thème vient se mêler aux autres : l’enquête policière. Véritable substitut du spectateur, les personnages enquêtant sur les mystères et les meurtres liés aux pactisants, se posent pour nous les questions les plus intriguantes, afin que nous puissions découvrir ensemble les réponses à nos interrogations communes. Ce mélange est également complété par d’autres touches, d’autres ingrédients plus discrets mais qui ne sont pas sans saveur : de l’humour, grâce à un duo de détectives privés, loufoque et haut en couleur, qui croise à plusieurs reprises Hei dans ses missions, mais aussi des complots et des trahisons, entre les membres des nombreuses organisations gouvernementales ou privées qui foisonnent dans l’histoire principale…

Tous ces éléments savament dosés donnent à Darker Than Black sa première qualité : une ambiance envoûtante. Le réalisateur Tensai Okamura (Wolf’s Rain, Memories – Stink Bomb) reproduit avec brio l’atmosphère mélancolique de Wolf’s Rain mais allie cette fois-ci l’ambiance à plusieurs épais mystères pour attirer toute notre attention. Ces intrigues peuvent être centrées sur les personnages, et les épisodes regorgent alors de flashbacks pour révéler l’origine de leur personnalité ou de leur quête. Et pour que rien ne soit oublié ou négligé, chaque histoire se développe sur deux épisodes, laissant ainsi le temps au scénario d’aller plus en profondeur et de toucher davantage le spectateur.

  

Ces épisodes autour des principaux protagonistes alternent avec la trame de fond de l’anime et son lot de questions-réponses sur la porte de l’enfer, les pactisants et toutes les énigmes irrésolues gravitant autour. Malheureusement, si cette alternance fait mouche durant la première moitié de la série, elle devient parfois un handicap ensuite. Les épisodes consacrés aux personnages, narrés sur un ton plus calme et mélancolique, cassent le rythme rapide et haletant des autres : les épisodes 17 à 20 par exemple, où il ne se passe pas grand-chose, sont d’autant plus frustants que les deux précédents débordaient d’action et de révélations ! Mais les amateurs de Wolf’s Rain ne seront sans doute pas très surpris : Tensai Okamura y avait rencontré le même problème d’inspiration, sur cette même partie de la série, infligeant à ses fans quatre épisodes de résumé consécutifs ! Heureusement pour Darker Than Black, cette baisse de régime n’est pas aussi grave et elle ne fait que précéder le grand final pour les six derniers épisodes de la série. Le calme avant la tempête…

Made in Bones

Si Darker Than Black fut tant attendu, c’est aussi qu’il allait être produit par les studios Bones, les producteurs de plusieurs grands succès de la décennie : Cowboy Bebop, Rahxephon, Fullmetal Alchemist ou encore Eureka Seven. Ces studios, qui ne produisent rarement plus d’une ou deux séries par saison, sont reconnus pour leur travail de qualité et ce n’est pas Darker Than Black qui ternira cette réputation. L’excellent chara-designer de Scrapped Princess, Takahiro Komori, présente une grande palette de personnages, assez classique mais de bonne facture, certains pactisants ou poupées n’étant d’ailleurs pas sans nous rappeler quelques protagonistes de Wolf’s Rain. Les décors ont été particulièrement soignés, notamment ceux de nuit, travaillant sur de nombreux tons de vert, rendant la ville presque malade et insalubre. Les couleurs sont d’ailleurs la plupart du temps ternes, et renforcent l’atmosphère désenchantée de cette série.

 

L’animation est de bonne qualité sans tout à fait arriver au niveau d’une production des studios I.G. (Ghost in The Shell, Le Chevalier d’Eon)… mais ce n’est sans doute pas le même budget non plus. Enfin, Darker Than Black possède une bande son qui alterne entre des morceaux classiques (souvent parsemés de violons) et de nombreux titres jazz légers ou entraînants, à l’image des scènes d’action endiablées de Cowboy Bebop. Rien de plus normal, c’est Yoko Kanno elle-même qui signe la musique de la série, avec une de ces bandes originales dont elle a le secret. Le générique d’ouverture HOWLING au ton rock est interprété par le groupe Abingdon Boys School et colle à merveille à Darker Than Black. Vous pouvez d’ailleurs le visionner ci-dessous. Celui de fin, Tsukiakari est une ballade de Rie Fu… deux autres génériques plus anecdoctiques suivent pour la deuxième partie de la série.

Il est toujours difficile d’endosser le titre de favori, que l’on soit un sportif ou un anime très attendu. Mais Darker Than Black réussit son pari en misant sur une ambiance envoûtante et un très bon synopsis initial, sans pour autant avoir à rougir de sa bonne réalisation et de son excellente bande son. Tendez l’oreille et ouvrez les yeux : cette série ne devrait pas tarder à faire parler d’elle dans nos verts paturages !

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