Dasepo Naughty Girls

Si le cinéma hollywoodien souffre d’un manque chronique d’originalité et de créativité depuis de longues années maintenant, ce n’est pas le cas du cinéma asiatique, devenue une source d’inspiration pour les cinéastes occidentaux en manque d’idées percutantes. Et justement l’une des sources d’inspiration les plus intéressantes des cinémas sud-coréen et japonais n’est autre qu’Internet. Après des succès fulgurants tels que My Sassy Girl (Corée du Sud) ou Densha Otoko (Japon), place à un teen-movie nommé Dasepo Naughty Girls.

Plus étrange, tu meurs

Le film Dasepo Naughty Girls est basé sur une nouvelle publiée sur Internet (Dasepo sonyo) et ayant rencontré un certain succès en Corée du Sud. Pour le moins étrange, l’histoire prend place dans un lycée très particulier appelé Mosseulmo High (lit. « lycée sans intérêt ») où étudiants et professeurs laissent libre cours à leurs pulsions sexuelles les plus inavouables. Ouvert à toutes les religions, ce lycée enseigne à tous de nombreuses choses, y compris l’homosexualité et le S&M. Pas étonnant de voir soudain tous les élèves quitter la salle de classe lorsque le professeur leur apprend que l’un de ses confrères a attrapé une maladie sexuellement transmissible : forcément, tout le monde couche avec tout le monde dans cette école.

Parmi ces élèves que d’aucun qualifierait de dépravés, quelques uns sortent du lot. Il y a d’abord une fille (Kim Ok-bin) accablée par les dettes de sa famille au point de coucher avec des hommes plus âgés pour payer les factures. Sa pauvreté se voit même à l’œil nu puisque elle s’accroche littéralement à ses épaules et ne la lâche pas d’une semelle durant tout le film, ce qui l’empêche de révéler son amour pour Anthony (Park Jin-woo), le transfuge en provenance de Suisse et véritable caricature du jeune riche. Celui-ci n’a d’yeux que pour la sœur de Cyclope, un élève qui… n’a qu’un œil en plein milieu du visage. Et visiblement, la bizarrerie est de famille puisque sa sœur est un transexuel, n’en déplaise à Anthony.

     

L’amour sous tous les angles

Après un pitch aussi étrange, difficile d’analyser correctement les tenants et aboutissants d’une telle œuvre. Evidemment, les situations cocasses dépeintes dans ce film ne cachent pas la lourdeur des propos tenus. On devine ainsi aisément que lorsque la pauvre fille accepte de jouer à des jeux vidéo pervers avec des hommes mûrs, il ne s’agit que d’une métaphore pour parler de prostitution adolescente, un phénomène récurrent en Asie. Disons que ce traitement caricatural et décalé a le mérite de faire passer la pilule avec un sourire plus franc que crispé.

Mais Dasepo Naughty Girls, c’est avant tout un univers invraisemblable composé d’une multitude d’idées toutes plus saugrenues les unes que les autres. Tant et si bien que, sans donner de réelle intrigue au début, le film se perd dans une succession de scènes bizarres sans aucune relation les unes entre les autres. Si fil rouge il y a, force est de reconnaître qu’il est bien trop fin et trop pâle pour accrocher. On a très vite l’impression que le réalisateur a mis bout à bout des scènes en les collant artificiellement. Limite avec du scotch, histoire de bien voir les raccords inégaux. Pour ne rien arranger, la direction artistique du film accuse un manque totale de goût, certes assumé, mais en aucun cas excusé, à l’image des scènes de comédie musicale mixées à la sauce karaoké. Ajoutez à cela un jeu d’acteur très inégal, pour ne pas dire déplorable par moments, et vous obtenez un cocktail bien fade.

     

Oubliez toute idée de cohérence, car ce film n’a vraisemblablement aucun but, pas plus qu’il n’a de point de départ. Les quelques bonnes idées manquent de consistance et on ne prend aucun plaisir à suivre les déboires amoureux de ces adolescents atypiques qui vivent, finalement, des situations pour beaucoup convenues.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

Les derniers articles par Ryosan (tout voir)

Laisser un commentaire sur cet article :