Dead Space 2

Avec le virage radical de la saga Resident Evil et les derniers épisodes plutôt décevants de Silent Hill, le survival horror à la japonaise est en grande perte de vitesse. De quoi offrir l’occasion à d’autres licences de s’imposer comme nouvelles références du genre. Dead Space fait partie de celles-ci, et confirme sa position de maître avec ce second volet. Preuve s’il en est qu’Electronic Arts a le vent en poupe ces temps-ci.

Isaac, ne faisons plus qu’un

Dans le premier épisode, nous prenions le contrôle d’Isaac, un ingénieur venu effectuer une mission de dépannage à bord de l’USC Ishimura. Cet énorme vaisseau abritant pléthore de scientifiques et autres chercheurs affiche clairement les progrès effectués par l’humanité pour partir à la conquête de l’espace. Cependant, suite à la découverte d’un étrange monolithe sur une planète inconnue, l’équipage de l’Ishimura est victime de phénomènes inexpliqués. En plus d’hallucinations assez préoccupantes, une sorte de virus transforme les occupants (et leurs cadavres !) en d’horribles créatures assoiffées de sang : les nécromorphes. A la suite de nombreuses péripéties, Isaac parvenait à vaincre l’origine monstrueuse de ces dangereux évènements, mais non sans de graves séquelles psychologiques.

     

Rien d’étonnant à ce que nous retrouvions aujourd’hui notre ami Isaac vêtu d’une camisole de force à bord d’un spatio-hôpital. Aussitôt la partie lancée, le bâtiment est victime d’une attaque surprise des nécromorphes. Presque tout le personnel périt, à l’exception d’Isaac – lequel est toujours emprisonné dans sa camisole – et quelques rares survivants. D’après les témoignages, il semblerait que la psyché malade notre héros soit à l’origine du retour des terribles bestioles. Terreur, hémoglobine, culte religieux fanatique, trahisons… Le cauchemar continue.

Atmosphère, atmosphère…

Dans l’absolu, Dead Space 2 (comme son ainé) ne révolutionne clairement pas le survival horror. Déjà, son synopsis n’a rien d’exceptionnel ; on a tous déjà vu au moins un film ou deux traitant d’un vaisseau spatial assailli par des créatures extraterrestres, et virant au scénario catastrophe. Qui a dit Alien ? Qui plus est, son atmosphère ne fait preuve d’aucun génie particulier. Loin de nous l’idée d’affirmer que l’on ne ressent pas d’angoisse ou de suspense, mais on n’atteint pas le niveau de stress d’un Silent Hill par exemple. Non, Dead Space ne donne pas dans la recherche d’une formule 100% originale ou de nouvelles sensations. Et c’est justement là que réside sa force ! Dans cette volonté de conserver les codes du genre, et le respect des traditions de l’horreur en jeu vidéo. Des traditions que l’on a tendance à oublier avec le mélange des genres…

     

En plus d’une robe graphique somptueuse (les décors sont plus vrais que nature, tout comme les litres de sang et autres joyeusetés cadavériques qui jonchent les couloirs…), Dead Space 2 jouit d’une mise en scène soignée, d’une bande son superbe et d’un rythme narratif très soutenu. Tant de qualités indéniables qui permettent d’installer une ambiance immersive à souhait. Tout comme dans le premier volet, le joueur se voit aspiré dès les premières secondes par un torrent d’action et n’a d’autre choix que celui de subir les assauts incessants des nécromorphes dans cette prison spatiale. Sauf qu’ici, la pression ne retombe que très rarement – pour mieux remonter ensuite – si bien que l’équilibre action / horreur reste très bien dosé tout au long du jeu. Bref, Dead Space 2 nous délivre une aventure survival horror classique, mais il le fait diablement bien !

Un gameplay solide

L’équipe de développement nous avait déjà concocté un gameplay parfaitement rodé avec le premier opus, si l’on excepte les pénibles séquences de shoot au canon. Malgré tout, on constate une amélioration significative de l’ensemble, notamment dans le système de guidage, les touches de raccourcis et l’efficacité de la télékinésie (plus d’objets à manipuler, dont les propres membres des ennemis !). De même, Isaac parait un peu moins lourd à diriger, et semble plus réactif en situation de crise. On prend toujours autant de plaisir à immobiliser un assaillant grâce à la stase, à viser ses différents membres avec précision afin de le plaquer au sol, et à le finir à grands coups de tatane dans la caboche. Du tout bon donc en ce qui concerne la prise en main.

     

Quant au bestiaire et à l’arsenal mis à la disposition du joueur, on dénote bon nombre de nouveautés. Les monstres comptent quelques recrues de choix, encore plus fourbes et retorses, tandis que les armes permettant d’en venir à bout font preuve d’une malsaine ingéniosité. Mention spéciale pour le lance-javelot qui offre l’opportunité d’envoyer valser un nécromorphe à plusieurs dizaines de mètres en l’empalant contre le mur, et d’électrocuter par la même occasion les bestioles alentours. Un régal. On passera vite sur le mode multijoueur amusant 5 minutes mais largement dispensable.

Passionnant, complet, très bien rythmé et terriblement sexy, Dead Space 2 se hisse parmi les meilleurs jeux d’action du moment. Mieux encore, il s’inscrit au registre des plus grands survival horror de ces dernières années. Grâce à cet épisode brillant et les différents spin-off disponibles sur Wii ou Xbox Live / PSN, la mythologie Dead Space prend une ampleur digne des licences majeures du genre. Les afficionados peuvent désormais compter sur cette nouvelle référence pour les faire frémir de plaisir.

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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