Death Note

Doit-on encore présenter Death Note ? Ce manga, issu de l’imagination du duo Takeshi Obata et Tsugumi Oba, s’est imposé comme un des plus gros succès de ces dernières années. C’est donc très logiquement qu’il a eu droit à une adaptation animée, sortie en France sous le giron de Kana Home Video. Webotaku revient sur ce phénomène d’ampleur mondiale…

Celui dont le nom est écrit sur le cahier meurt…

Ryûk est un shinigami (dieu de la mort). Ce monstre vit avec ses semblables dans un monde parallèle à celui des humains. Son rôle est de tuer les humains grâce au « Death Note ». C’est un cahier aux facultés peu ordinaires. En effet, celui dont on écrit le nom sur ce cahier meurt, par crise cardiaque ou selon des circonstances choisies par la personne qui écrit. Pour tuer… le temps, Ryûk va prendre une décision qui va bouleverser le monde des humains : il décide de lâcher son Death Note sur Terre, sans se douter de l’énorme impact que cela aura…

L’homme qui mettra la main sur ce cahier est Light Yagami. Ce garçon est un surdoué, le meilleur lycéen du Japon. Ses capacités intellectuelles clairement au dessus de la moyenne lui confèrent une confiance en lui-même et un mépris des autres très prononcé. Avec le cahier, il va pouvoir assouvir son désir de débarrasser le monde des gens qu’il juge nocifs à la société, notamment les criminels. Afin de montrer au monde qu’une force supérieure existe, il décide de tous les exécuter par crise cardiaque. Son rêve est de devenir le dieu d’un monde idéal, dans lequel l’ensemble de la population se comporte comme il faut par peur d’une sanction divine.

   

Intrigué par ces innombrables crises cardiaques, le FBI réunit les polices de tous les pays du monde afin de leur annoncer que ces morts ne peuvent définitivement pas être naturelles, et qu’il est urgent de percer le mystère qui entoure ce phénomène. L, Le meilleur détective du monde décide de superviser cette enquête. Un véritable jeu du chat et de la souris va commencer entre Light et ce mystérieux détective dont personne ne connaît la véritable identité…

Quand le manga réinvente le polar…

Le scénario est indéniablement l’atout majeur de Death Note. C’est sans hésitation la principale raison du succès rencontré par cette série. En effet, on assiste à d’innombrables rebondissements dans le duel que se livrent Light et L. Durant toute la série, on se délecte de l’ingéniosité dont peuvent faire preuve ces deux protagonistes. L’un et l’autre essaie à plusieurs reprises de manipuler son adversaire, d’anticiper son prochain mouvement et d’agir en conséquence. Ils sont tour à tour le poursuivant et le manipulé : on assiste à un véritable jeu d’échec où chacun avance ses pions de façon réfléchie. Le spectateur est tenu en haleine, intrigué et bluffé par les stratégies imprévisibles de ces deux personnages. On attend avec impatience le dénouement de ce duel dont l’issue, contrairement à beaucoup d’autres œuvres du monde du manga, est indécise. Comme quoi, une confrontation peut être belle et passionnante dans un shônen, même sans coups distribués !

Cette intrigue met en scène des personnages attachants dans la mesure où ils sont très réalistes. Qui ne connaît pas de fille niaise comme Misa ou de garçon égocentrique comme Light ? Les personnages sont le reflet de la société actuelle, et cela donne au spectateur une relation de proximité, dans la mesure où on peut se reconnaître dans le mode de penser d’un ou plusieurs personnages.

   

Une qualité graphique irréprochable, un univers palpitant

On nous explique depuis toujours qu’il ne faut pas juger aux apparences. Pourtant, le fait est que la première chose qui nous attire dans un animé est son aspect visuel. Et dans le cas de Death Note, le moins que l’on puisse dire est qu’on en prend plein la vue. Le design, très spécifique à l’univers mortuaire de la série, est tellement réussi qu’il a érigé le dessinateur Takeshi Obata au rang de star du monde du manga et de la japanimation ! Il suffit de voir l’engouement que sa venue sur le sol français a suscité lors de la Japan Expo 2008 pour mesurer l’ampleur du phénomène. Ce succès est la juste récompense du travail effectué sur l’aspect de la série. Il n’est pas nécessaire d’être un grand connaisseur pour constater que les personnages sont très beaux et ont une réelle personnalité, perceptibles dès qu’on les regarde, avant même qu’ils ne parlent. Par exemple, le regard de Light en dit long sur sa personnalité : devant les autres, il parvient à jouer l’ange qui veut arrêter cette série de meurtres, alors qu’en lui sommeille le terrifiant Kira, dont les yeux reflètent l’ambition secrète. L est certainement le personnage le plus aimé de la série, grâce à son caractère unique et à ses nombreuses mimiques certes, mais aussi grâce à l’apparence si atypique que lui a donné Takeshi Obata. Quant à Misa, elle est niaise dans tous les traits : de caractère mais aussi de crayon. Les shinigamis ne sont pas en reste, avec des corps très originaux et parfaitement dans le ton de la série.

Ce ton si particulier fait la force de la série. Nous sommes transportés dans un univers très proche de notre monde, auquel l’auteur a ajouté une petite touche de fantaisie : le cahier et les shinigamis. Mais cette particularité, bien que primordiale au niveau de l’histoire, ne se fait pas trop sentir. Cela permet au spectateur de s’identifier, de se demander comment il aurait lui-même réagi dans pareille situation, car, grâce au travail effectué par le duo d’auteurs, ce qui arrive dans Death Note semble possible et transposable dans notre monde. Cette identification renforce évidemment l’affection que l’on peut porter à la série.

  

Une histoire réaliste… jusqu’à quel point ?

Comme écrit précédemment, l’histoire et les personnages nous semblent contemporains et transposables à notre monde. Mais jusqu’à quel point ? Car même s’il ne fait aucun doute que L et Light sont de véritables génies, dont les multiples ruses et stratégies auraient eu raison de bon nombre d’entre nous, on a parfois l’impression que le spectateur est pris pour un idiot. Chaque manga tire son charme de sa fantaisie, mais on pardonne moins à Death Note dont un des points forts est d’être réaliste. Ainsi, quand Light nous explique la façon dont il cache le cahier, ou quand il arrive à se constituer un alibi grâce au paquet de chips (nous restons volontairement évasifs afin de ne rien dévoiler à ceux qui n’auraient pas vu ou lu le manga), on peut se demander si l’auteur est réellement sérieux. Si vous en doutez et que vous trouvez cet article trop dur, essayez de faire la même chose chez vous, et vous verrez ! Bien sûr, nous sommes en train de chercher la petite bête, et cela n’affecte en rien l’estime que nous portons à Death Note et à son duo de créateurs.

Un passage vers le petit écran réussi

Lorsqu’un manga nous plait, on a hâte de voir son adaptation sur le petit écran. En effet, on se demande si les voies colleront à la personnalité des personnages, ou si l’animation sera à la hauteur des planches qu’on a admiré. Dans le cas de Death Note, on peut parler de réussite totale. L’animation est bonne (aucune scène ne requiert d’importants moyens techniques, mais le tout a été réalisé avec soin), et les voies des personnages correspondent à leur apparence et à leur caractère. Une mission rondement menée dans le sens où il n’était pas évident de choisir des voies pour des personnages comme L ou les shinigamis. Les mélomanes apprécieront la bande-son, à la hauteur de la série. On pouvait craindre une mauvaise adaptation des explications ou des dialogues, très longs dans le manga. Pour pallier à ce qui aurait pu devenir une lacune, la production les a écourté de façon judicieuse, et on ne perd rien dans la qualité des débats entre L et Light. Une bonne chose donc.

 

Un débat houleux soigneusement évité

Death Note porte en lui tous les éléments qui peuvent relancer le débat de la peine de mort. Certains vont penser que ce que fait Light est juste, tandis que d’autres mettront en avant le fait qu’un humain n’a pas le droit de donner la sentence suprême. Au final, les scénaristes ont évité ce débat houleux en faisant de Light un salaud : il n’hésite pas à manipuler puis tuer ses alliés, et des agents de police et du FBI qui ne sont pas des meurtriers. En agissant dans son propre intérêt, il s’éloigne de ses aspirations idéalistes et devient un homme qu’on ne peut absolument plus aduler. On ne pense donc pas à ce débat épineux lorsque Death Note est évoquée, et on ne retient que l’aspect « investigation et enquête de police ». C’est déjà pas mal…

Death Note est une très bonne série. Si vous ne la connaissez pas, le format vidéo est un bon support pour découvrir ce qui reste comme un des phénomènes de ces dernières années. Enfin, si vous êtes un fan du manga et que vous avez peur d’être déçu par l’animé, n’ayez crainte, et laissez-vous tenter. Quelque soit le format, ça reste du très lourd !

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