Détective Conan

A l’heure où de nombreux lecteurs sont tournés vers des manga comme Death Note, il est bon de rappeler qu’une petite série qui semble très souvent passer inaperçue continue son petit bonhomme de chemin aussi bien en France qu’au Japon. Cette série, comme le manga précité, est basée essentiellement sur les enquêtes policières de son jeune héros. Mais contrairement à Death Note qui vise un public un peu plus âgé, Détective Conan s’adresse à toute la famille.

Elémentaire mon cher Kogoro

Le jeune Shinichi Kudo est attiré par le mystère, et celui-ci semble bien le lui rendre. Il se retrouve toujours confronté à des énigmes qu’il n’aura de cesse de résoudre. D’ailleurs il se surnomme lui-même le « lycéen détective ». Mais la curiosité est souvent mal placée, et elle va mettre notre jeune détective dans une situation qu’il va avoir du mal à gérer, au point même que son adversaire le laissera pour mort. Heureusement pour le jeune homme, le poison qu’utilisera l’homme en noir s’avérera défectueux, et aura pour effet de rendre à Shinichi son corps d’enfant de 7 ans. À son réveil, Shinichi finit par comprendre ce qui lui est arrivé, et se réfugie chez le professeur Agasa. Il ne veut pas que ceux qu’il appelle les hommes en noir puissent le retrouver et essayer de le faire disparaître pour de bon.

Mais quand on a 7 ans, il est difficile de se faire entendre des plus grands, voir impossible. Heureusement, Shinichi, décide de se faire passer pour un petit cousin, et prend le nom de Conan Edogawa, en référence au père de Sherlock Holmes, et à un célèbre détective japonais. Ne pouvant retourner chez lui, il ira vivre chez sa meilleure amie Ran Mouri, dont le père est un ancien policier devenu détective privé. Cela va bien arranger notre jeune détective, qui grâce aux gadgets du professeur Agasa, va pouvoir se servir de l’identité de Kogoro Mouri, pour résoudre bon nombre d’enquêtes et tenter de retrouver ceux qui lui ont fait cela pour récupérer son corps, et les envoyer à la police.

     

Un shônen plein de suspense

Détective Conan est un shônen pas comme les autres, du moins pas comme la plupart des gens les voient. Si vous demandez à une mère de famille ce qu’elle pense des manga, elle vous répondra très souvent que ce sont des dessins animés avec de la violence, et qu’elle n’aime pas beaucoup que son enfant les regarde. Mais si vous lui demandez ce qu’elle pense du dessin animé Conan qui passe sur France 3, elle aura un tout autre discours, en vous disant qu’elle trouve ce dessin animé sympathique. Et elle aura du mal à vous croire lorsque vous lui direz qu’en fait c’est un manga. Détective Conan, c’est l’animé et le manga qui rassemblent les familles, ce sont des enquêtes policières compréhensibles par tous, et comme elles sont résolues par un enfant, elles s’adressent en particulier à eux. Ici, point de sang, ni de massacres, mais cela n’en laisse pas moins une bonne place au suspense.

L’auteur, Gosho Aoyama, doit avoir une bibliothèque de polars énorme, car il arrive à nous distiller de temps en temps des références incroyables sur les héros de polars, et en fin de volume des éditions Kana, on nous propose une « petite » encyclopédie des principaux personnages de romans policiers. Mais ce qui rend Détective Conan encore plus impressionnant est le fait qu’au bout de 55 volumes déjà en France et 56 au Japon (toujours en cours de parution NDR), on ne se lasse pas des enquêtes du jeune détective. Même si quelques fois les énigmes semblent vraiment identiques, il y a ce petit plus dans chacune d’elle qui la rend originale et toujours différente.

     

Une des grandes spécialités de monsieur Aoyama est le meurtre en chambre close. Et chaque fois il arrive à trouver un nouveau moyen pour rendre close la pièce où a eu lieu le crime. Régulièrement, c’est aussi dans le choix des personnages et des suspects très souvent au nombre de trois que l’enquête diffère, car soit le meurtrier est un vrai méchant, soit c’est une personne poussée à bout par la vie ou par une tierce personne. Dans beaucoup de polars, ce qui fait l’originalité d’une œuvre est le crime en lui-même, mais aussi les suspects, la résolution du crime, et finalement le seul point commun entre toutes les enquêtes de Conan, c’est lui et certains personnages récurrents, qui font aussi la force de ce manga.

Des personnages originaux et multiples

Outre les personnages principaux, vous apprendrez très vite à reconnaître les personnages secondaires, mais qui ne le restent pas forcément. En effet, très souvent, Conan ne peut résoudre lui-même l’enquête, car qui croirait un enfant qui commence tout juste à apprendre à lire et à écrire ? Alors Conan utilise des stratagèmes. Tout d’abord sur Kogoro Mouri, qui est son avatar par excellence, au point que les policiers et les journaux qui l’ont rendu célèbre le surnomment Kogoro l’endormi. Car pour se servir de lui, Conan est obligé de l’endormir à l’aide d’un des gadgets du professeur Agasa, et de prendre sa voix pour résoudre l’enquête. Quelques fois, de la même façon, il utilisera la meilleure amie de Ran, Sonoko. Mais comme il n’est pas toujours accompagné de ces personnes, il lui arrive de mettre au point des stratégies pour faire comprendre à ceux qui sont en face de lui, souvent des policiers, comment résoudre l’enquête.

Parmi ces policiers, nombreux seront ceux que nous reverrons régulièrement, comme le commissaire Maigret ou les inspecteur Takagi et Sato. C’est d’ailleurs cette régularité dans les personnages secondaires qui donne aussi une certaine vraisemblance aux histoires de Shinichi. On retrouve aussi souvent deux adversaires de Shinichi, tout d’abord un autre détective lycéen comme lui, mais venant lui du Kansaï, Heiji Hattori, qui découvrira assez vite qu’en fait Shinichi et Conan sont une seule et même personne ; et l’insaisissable Kid, qui pourrait être comparé à un Arsène Lupin, as de la cambriole, du déguisement et de l’évasion. Il y a aussi les « detective boys ». Cette joyeuse équipe d’enfants, encore en primaire, ajoute une note humoristique à l’œuvre, tout comme certains adjoints de police.

     

Lorsque Conan est à l’école ou en classe de découverte, il lui arrive de tomber sur des énigmes. Et du coup s’est créé autour de lui une petite équipe composée de deux filles et deux garçons, Genta Kojima, Mitsuhiko Tsuburaya, Ayumi Yoshida ainsi qu’un peu plus tard Aï Haibara, qui se révèlera être une pièce maîtresse du scénario. Et puis bien sûr l’organisation des hommes en noir, ces personnages eux aussi récurrents qui sont un peu le fil rouge des aventures de Détective Conan. Ces hommes en noir, en plus de leur particularité vestimentaire, ont des pseudonymes tous tirés de boissons : Gin, Vodka, Martini, Kir, etc. Le plus célèbre étant Gin, car c’est lui qui a fait boire à Shinichi le poison qui l’a fait devenir Conan. Peu de personnes sont au courant de cette transformation, et Conan préfère cela car il a peur que si cela venait à être découvert, les hommes en noir en profitent pour s’attaquer à sa famille ou à ses amis.

Sa famille, ce sont ses parents, Yusaku et Yukiko Kudo, son père étant un très grand écrivain de romans policiers. Tous les deux découvriront vite la vérité, mais étant presque toujours à l’étranger, ils ne pourront pas beaucoup aider leur fils. Enfin, la principale aide de Conan est sans nul doute celle de Ran, la fille de Kogoro, et ancienne camarade de lycée de Shinichi. Elle ne l’aide pas forcément dans l’enquête elle-même, mais sera plusieurs fois d’un secours non négligeable à Conan. La grande question étant la suivante : a-t-elle découvert la supercherie, et préfère-t-elle feindre ce qu’elle sait en espérant que Shinichi vienne à elle pour tout lui raconter ? Car une autre chose est sûr, en plus des enquêtes et de la recherche des hommes en noir, Conan doit se débattre avec ses premières amours avec Ran. Car avoir le corps d’un enfant de 7 ans et être au côté de celle qu’on aime et ne pouvoir rien lui dire provoque parfois de bien belles émotions pour notre jeune détective et sa jeune amie.

Détective Conan est donc une des meilleures séries actuelles si vous voulez vous initier au manga. Car vous pouvez acheter cette série les yeux fermés. Elle contient tout ce que vous pouvez apprécier dans une bande dessinée. Des personnages attachants, des histoires avec de l’humour, de l’action, du suspense et même un soupçon de romance. Alors faîtes fi de vos derniers préjugés devant le manga et n’hésitez pas à l’offrir à votre fils ou votre petite nièce, ou à l’inverse, à le faire connaître à votre tonton ou votre maman.

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