[Dossier] L’univers de Silent Hill

Silent Hill est à l’honneur ces derniers temps, avec la sortie de Silent Hill : Downpour et de la Collection HD. Nous avons donc trouvé judicieux d’établir un petit bilan des liens entre les divers opus de la saga Survival-Horror de Konami. Cela vous permettra d’y voir plus clair au niveau des relations entre les personnages, des « forces » en présence et de la chronologie des événements. ATTENTION : cette analyse comporte bien évidemment de gros spoilers concernant la trame scénaristique de tous les épisodes. Ne lisez ce qui suit seulement si vous les avez terminés.

La véritable héroïne : la ville maudite de Silent Hill

Silent Hill a toujours été le théâtre d’événements paranormaux. Les premiers occupants des terres – avant d’être chassés par les colons anglais à la fin du XVIIe siècle – considéraient ses environs comme un lieu saint aux pouvoirs mystiques, où l’on pouvait entrer en contact avec les « esprits silencieux ». Plus tard, au cours du XVIIIe siècle, une mystérieuse épidémie dévaste la ville ; l’ampleur de la catastrophe octroie à Silent Hill son nom définitif. S’ensuit une guerre civile qui transforme la cité en un camp pénal, durant laquelle sont construits la prison de Silent Hill et l’hôpital de Brookhaven. À l’heure où les morts s’enchaînent et les détenus accumulent tristesse et rancœur, la force originelle des lieux évolue peu à peu en une énergie maléfique… Puis, alors que les choses commençaient à s’améliorer avec l’ouverture d’une mine de charbon, les effets de la guerre de Sécession (débutée en 1861) se font sentir sur Silent Hill. La prison de Toluca voit le jour, et la bourgade continue d’engranger tranquillement son quota de haine. Le point de non-retour est franchi…

Au début du XXe siècle, Silent Hill ferme sa mine et devient une attraction touristique. Mais d’étranges événements (disparitions, accidents…) surviennent aux alentours de la ville, notamment vers le lac de Toluca.

Le pouvoir maléfique de Silent Hill encouragera la création de plusieurs groupuscules occultes, notamment la secte de « l’Ordre » à l’origine de la trame principale de la saga.

Malgré la fermeture des prisons de Silent Hill (en 1840) et Toluca (en 1900), la cité porte les stigmates de la souffrance de sa population. Durant le XXe siècle, ses dirigeants vont d’ailleurs subir la colère de celle-ci et mourir dans d’inexplicables accidents.

Les établissements pénitentiaires ou les hôpitaux restent les bâtiments de prédilection des créateurs de la franchise. Peut-être parce qu’ils recèlent une quantité phénoménale d’émotions négatives…

Silent Hill : Origins (2007, PSP, PS2) : Là où tout a commencé

Intitulé Silent Hill : Origins car il pose les bases de la trame principale de la série, le seul épisode sorti sur PSP se déroule en 1976 et relate les mésaventures de Travis Grady, un chauffeur routier contraint d’effectuer un séjour prolongé dans la cité maudite. En effet, au début de l’histoire, celui-ci découvre à l’intérieur d’une bâtisse en flammes le corps carbonisé mais toujours vivant d’une petite fille nommée Alessa Gillespie. L’auteur de cet acte horrible n’est autre que la propre mère de l’enfant, Dahlia, ayant agi pour le compte de la secte de l’Ordre. Ce sacrifice inhumain représente la première étape d’une cérémonie occulte visant à invoquer un dieu maléfique (probablement Samael, l’équivalent de Satan dans la Kabbale). Et il se trouve que le corps d’Alessa a été désigné comme réceptacle de l’âme du démon. L’intervention inespérée de Travis va permettre d’interrompre le processus en scindant l’esprit d’Alessa en deux à l’aide d’une relique magique. Cela dit, le rituel est déjà entamé et la ville, possédée par le monstre ainsi engendré, a commencé sa terrible mutation…

Travis a connu une enfance des plus traumatisantes. Sa mère, à l’époque mentalement dérangée, a tenté de le tuer, pensant qu’il abritait le démon en lui. Son père s’est également suicidé durant cette période. Pas étonnant qu’il souffre encore aujourd’hui de troubles mentaux… Son passage à Silent Hill lui remémorera des pans oubliés de son triste passé.

Alessa est l’un des personnages clés de la saga. Elle a été choisie par l’Ordre pour devenir la « Mère de Dieu », et doit donner naissance à l’incarnation vivante de la divinité vénérée par le culte. Le rituel l’ayant physiquement invalidée, elle se matérialise la plupart du temps sous forme d’esprit.

Le docteur Michael Kaufmann apparaît dans l’opus estampillé Origins. Il occupe la fonction de directeur de l’hôpital Alchemilla, et prend secrètement part aux activités de l’Ordre. Il manipule Lisa en lui administrant des doses régulières de drogue.

L’infirmière Lisa Garland se charge de veiller sur le corps meurtri d’Alessa en changeant régulièrement ses bandages. La répétition de cette tâche malsaine altère peu à peu sa santé mentale, mais ce n’est rien en comparaison du châtiment que lui réserve Alessa par pure vengeance…

Le culte de l’Ordre

Fondé à la fin du XVIIe siècle, ce groupe de fanatiques religieux perpétue un culte prosélytique de fin du monde, dont les croyances syncrétiques s’inspirent d’anciennes pratiques indigènes américaines croisées avec les enseignements chrétiens des colons anglais. Selon les préceptes de l’Ordre, l’humanité doit être libérée de ses péchés, et cela s’accomplira par la résurrection d’un dieu qui purifiera le monde de ses flammes salvatrices. Le rituel d’invocation nécessite de brûler vive une femme dont le rôle consiste à accueillir l’âme de l’entité divine. Devenue la « Mère de Dieu », la victime peut ensuite enfanter sa progéniture toute-puissante.
La secte finance ses activités grâce à la fabrication et la revente d’une drogue dérivée d’une plante appelée White Claudia, qui sert aussi à endoctriner ses consommateurs. C’est ainsi que le docteur Kaufmann, figure importante du culte, dicte les agissements de Lisa. Les adeptes s’avèrent nombreux, même si tous ne comptent pas se sacrifier pour leur cause. Kaufmann, par exemple, aidera Harry dans l’espoir d’éviter de finir grillé comme ses semblables.

Sur ce tableau, Heather admire « Sainte Alessa, Mère de Dieu, Fille de Dieu », autrement dit le dogme de l’Ordre, dont l’apparence rappelle fortement celle de la jeune femme.

« Flammes purificatrices ». Ce tableau dépeint le rituel de communion avec le dieu de l’Ordre ; les souffrances atroces infligées à la victime brûlée vive (ici le sosie d’Alessa) la plongent dans un cauchemar éternel nourri par la haine, ouvrant ainsi un passage vers « l’autre monde ».

Aussi cinglée que dévouée au culte, Dahlia Gillespie n’hésite pas à sacrifier sa fille Alessa au nom de ses préceptes. Pire encore, elle se réjouit que sa propre enfant donne naissance à son dieu. Gare à quiconque se mettra en travers de sa route…

Le dieu vénéré par l’Ordre tel qu’il apparaît dans Silent Hill en tant que boss final. Sa ressemblance avec le démon Baphomet n’est aucunement fortuite.

Silent Hill (1999, PS1) : Retour aux sources

Silent Hill : Origins se conclut quand Travis sépare l’âme d’Alessa en deux, ce qui résulte en la création de deux individus distincts : la jeune Alessa que nous connaissons, condamnée à errer dans Silent Hill, et son clone nouveau-né, encore pur et innocent. Ce dernier sera recueilli par la famille Mason à la fin de l’épisode, et baptisé Cheryl. Sept ans plus tard, en 1983, Cheryl insiste pour aller à Silent Hill pendant ses vacances. Harry, ignorant tout des origines de sa fille adoptive, accepte sans se douter du cauchemar qui l’attend… Une fois sur place, la petite fille disparaît, forçant son père à débuter une course-poursuite improbable au cours de laquelle il effectuera plusieurs passages dans une dimension parallèle maléfique. Ce come-back, manigancé par Dahlia, a pour but d’achever le rituel entamé quelques années plus tôt en réunissant l’esprit d’Alessa. Heureusement, Harry parvient à déjouer les plans de la secte et à exorciser la « Mère de Dieu ». Après la renaissance de Cheryl, il s’enfuit avec sa nouvelle enfant à Portland ; il la renommera Heather.

Harry Mason a perdu son épouse trois ans avant les événements de Silent Hill, d’où son attachement pour sa fille, la seule famille qui lui reste. En utilisant le Flauros (une relique scellant les pouvoirs du démon) et l’Aglaophotis (le liquide rougeâtre repoussant les esprits maléfiques), il chasse le dieu du corps d’Alessa pour le combattre.

Cheryl est la « moitié » d’Alessa et la fille adoptive de Harry. Après sa naissance à la conclusion d’Origins, Dahlia et Kaufmann lancent un sort sur Alessa afin de forcer son double à revenir un jour à Silent Hill pour compléter la cérémonie d’invocation.

Cybil Benett est l’officier de police qui accompagne Harry dans son périlleux voyage. Elle devait au départ vérifier l’état de la police locale, mais à la suite des récents événements, elle décide d’aider ce père désespéré à retrouver son enfant.

Sept années ont passé depuis Origins ; Alessa a désormais quatorze ans, et sa haine envers la population s’est décuplée. Elle utilise ses pouvoirs démoniaques pour se venger en plongeant la cité dans le chaos. Lorsque Harry la sauve à la fin de Silent Hill, elle reconnaît en lui le père qu’elle n’a jamais eu, et transfère l’intégralité de son âme dans un nouveau bébé.

Silent Hill 2 Director’s Cut / Inner Fears (2001, PS2, PS3, Xbox, Xbox 360, PC) : Un peu de tourisme

L’histoire du deuxième volet de Silent Hill se passe en 1994 et n’a aucun lien direct avec l’opus original. Elle met en scène James Sunderland, un homme accablé par la perte de sa femme Mary, morte des suites d’une étrange maladie trois ans plus tôt. Cependant, James a récemment reçu une lettre de sa défunte épouse, lui réclamant de se rendre à Silent Hill, cet « endroit spécial » où ils ont passé un moment inoubliable lors de leur visite en 1991. Durant sa recherche de Mary, il fera la connaissance de plusieurs individus mentalement dérangés… Silent Hill 2 s’impose comme l’épisode le plus bouleversant psychologiquement dans le sens où il ne constitue qu’un cauchemar éveillé de la part d’un héros complètement traumatisé, la force obscure de la bourgade faisant ressurgir à la surface – et matérialisant – ses émotions refoulées. Et pour cause : il s’avère que c’est James lui-même qui a assassiné sa femme afin d’abréger ses souffrances. Mais il rejette également le fait qu’il ne supportait plus de la voir agoniser, ni ses sautes d’humeur pénibles…

Les fins multiples laissent entrevoir plusieurs solutions quant au dénouement du scénario. Toutefois, même si rien n’a été officialisé, un indice provenant d’un document de SH 4 indique que James et Mary ne sont jamais rentrés de Silent Hill ; on suppose donc que le héros se suicide dans le lac de Toluca en cédant au désespoir.

Durant son retour à Silent Hill, James rencontre Maria, une danseuse du bar Heaven’s Night et le sosie de Mary. Néanmoins, il semblerait qu’elle ne soit qu’une illusion créée par l’esprit du héros souhaitant par tous les moyens retrouver son épouse, quitte à ce qu’il ne s’agisse que d’un doppelgänger.

Angela Orosco fait partie des personnes que James croise pendant son périple. Comme lui, elle présente des troubles émotionnels en raison de son père qui abusait d’elle sexuellement, si bien qu’Angela a fini par l’assassiner. Depuis, elle erre dans Silent Hill, rongée par la folie.

Si la jeune Laura semble parfaitement saine d’esprit et pure comme du cristal, ce n’est pas le cas d’Eddy Dombrowski, dont la raison a disjoncté après les virulentes critiques de ses fréquentations au sujet de son physique disgracieux. James les rencontre tous deux à Silent Hill.

Silent Hill 3 (2003, PS2, PS3, Xbox 360) : Le retour de la vengeance d’Alessa

En l’an 2000, soit dix-sept ans après les déambulations de Harry Mason dans les ruelles emplies de brouillard de Silent Hill, nous retrouvons dans le troisième volet sa fille Heather pendant son shopping. L’aventure débute quand un détective privé un peu louche l’accoste pour lui faire part d’informations à propos de son passé ; en tentant de lui échapper, Heather croise une femme encore plus suspecte du nom de Claudia. Celle-ci commence à déclamer des phrases inquiétantes selon lesquelles l’adolescente « doit se souvenir de sa véritable identité afin de « les » conduire au paradis, les mains couvertes de sang ». Soudain, Heather s’évanouit et se réveille dans une version cauchemardesque du centre commercial ; à la suite de combats éprouvants et de multiples sensations de déjà-vu, elle revient dans le monde réel pour découvrir que son père a été assassiné par Claudia ! La jeune fille fonce alors vers Silent Hill, lieu du rendez-vous fixé par la meurtrière, où elle renouera avec ses origines et devra affronter le dieu maléfique qu’elle portait toujours en elle à son insu…

Heather est la réincarnation d’Alessa, mais elle ne se souvient logiquement de rien concernant Silent Hill. Elle vit et a grandi comme une jeune fille ordinaire. Harry lui a remis un pendentif contenant de l’Aglaophotis cristallisé afin de lui permettre d’exorciser le démon hors de son corps.

Douglas Cartland, détective privé de son état, a été engagé par Claudia pour retrouver la trace de Heather/Alessa. De caractère sympathique et serviable, il finit par aider notre héroïne à s’en sortir, et la conduit à Silent Hill pour accomplir sa vengeance.

Claudia est à la base la meilleure et la seule amie d’Alessa, ainsi que sa sœur de religion au sein du culte de l’Ordre. Désormais prêtresse de la secte, elle tente d’emplir le cœur de Heather de haine afin de terminer le fameux rituel censé donner naissance à son dieu. Elle mourra en ingurgitant le fœtus démoniaque rejeté par Heather et en l’enfantant elle-même.

Vincent occupe le rôle de prêtre au sein de l’Ordre, au même rang que Claudia. Il n’est foncièrement intéressé que par les profits engendrés par la secte. À ce titre, il s’oppose activement à la renaissance de « Dieu », ce qui mettrait un terme à ses rentrées d’argent ; c’est pour cela qu’il assiste Heather.

Silent Hill 4 : The Room (2004, PS2, Xbox) : Pendant ce temps, à South Ashfield Heights…

En 2002, Henry Townshend emménage dans l’appartement 302 de l’immeuble South Ashfield Heights, dans la petite ville d’Ashfield. Tout se passe bien pendant deux années, jusqu’au jour où il se retrouve enfermé sans possibilité de sortir de chez lui, ni de contacter l’extérieur. La porte d’entrée a été condamnée de l’intérieur par des chaînes, les fenêtres ne se brisent pas, la télévision et la radio ne fonctionnent plus… Faits d’autant plus étranges qu’un trou sans fond gigantesque a été creusé dans la salle de bain. Il ne reste plus qu’une seule solution à Henry : l’emprunter, au risque de côtoyer des phénomènes encore plus bizarres et dangereux. Ce portail vers un monde inconnu et obscur va conduire le jeune homme à Silent Hill, cette ville qu’il a tant aimée, et qu’il va découvrir sous son « vrai » jour à travers le projet machiavélique du tueur en série Walter Sullivan. Ce fou furieux projette de ressusciter sa mère en accomplissant le rituel des vingt et un sacrements ; il se sert pour cela du pouvoir de la bourgade et enchaîne les meurtres de sang-froid. Henry, qui figure sur la liste des victimes, va devoir l’arrêter à tout prix…

Très peu démonstratif et relativement serein en toute situation, Henry appréhende son voyage dans les ténèbres de Walter calmement et pragmatiquement – à tel point que l’on pense au départ qu’il s’agit d’un simple cauchemar. Selon les actions qu’il accomplit dans l’aventure, Henry parviendra ou non à éliminer le tueur psychopathe et sauver Eileen.

La charmante Eileen Galvin habite l’appartement voisin de celui de Henry. Elle est l’avant-dernière victime sur la liste de Walter, et accompagne notre héros qui devra la protéger durant une partie de l’histoire. Selon son état au terme du jeu, la cinématique de conclusion diffère.

Franck Sunderland est le concierge de South Ashfield Heights. En 1970, il découvre un bébé abandonné dans l’appartement 302, et l’appelle Walter Sullivan. Il le confie ensuite à l’orphelinat Wish House, un établissement situé dans les environs de Silent Hill et dirigé par la secte de l’Ordre, où l’on pratique un culte étrange. Franck est le père de James Sunderland, et le seul véritable lien avec le deuxième opus.

Walter apparaît sous deux formes dans le soft : celle d’un enfant, et celle d’un adulte vêtu d’un long manteau. Il poursuit l’objectif de ressusciter sa mère, autrement dit de prendre possession de l’appartement 302 qu’il considère comme sa mère (car c’est là qu’on l’a trouvé). Chaque lieu visité dans SH 4 a un rapport avec son enfance difficile.

Les 21 sacrements : la Descente de la Mère divine

Ce rituel pratiqué par le culte de l’Ordre, notamment à l’orphelinat Wish House, dissimule sous le nom de Descente de la Mère divine sa vraie finalité, la résurrection du diable. Walter Sullivan, pensant ressusciter sa mère, entame donc le processus sans se douter qu’il fait fausse route.
Ce processus est divisé en quatre étapes. Le premier signe, nommé la « sainte Assomption », consiste à prendre la vie de dix pécheurs, ce qui alloue à l’exécutant le pouvoir des dieux. Celui-ci doit ensuite se suicider pour libérer son âme et créer une dimension parallèle dont il est le souverain absolu. Le deuxième signe requiert quatre autres sacrifices, symbolisant le Néant, la Nuit, les Ténèbres et le Désespoir (ce dernier étant Joseph Schreiber, l’ancien occupant du 302). Le troisième signe nécessite de tuer encore quatre personnes, représentant la Tentation, la Source, la Vigilance et le Chaos. Pour le dernier signe avant l’accomplissement du rituel, il convient de sacrifier une femme afin de s’en servir comme corps de la Mère divine, et un homme en tant qu’Élu – des rôles réservés à Eileen et Henry…

Après avoir achevé le premier signe et exécuté dix victimes (devenues justement les victims que l’on croise au cours du jeu), Walter est incarcéré et se suicide dans sa cellule à l’aide d’une petite cuillère. Il accède ainsi à l’immortalité.

Cynthia Velasquez, la première victime du troisième signe, incarne la Tentation aux yeux de Walter. Il la tue et grave la marque 16/21 sur son torse. L’action se passe dans la station de métro du monde alternatif de South Ashfield, sur l’air magnifique de la chanson « Room of Angel ».

Dans le monde de la forêt de Silent Hill – au milieu de laquelle se trouve l’orphelinat Wish House –, Jasper Gein (un amateur de sciences occultes fan de Silent Hill) est sacrifié en tant que représentant de la Source. Tant pis pour lui, il n’avait qu’à pas être au courant du culte pratiqué là-bas !

Après l’assassinat d’Andrew Desalvo, un employé de l’orphelinat et gardien de la prison lacustre dans laquelle étaient torturés les pensionnaires de Wish House « pas sages », Walter achève le troisième signe avec le meurtre de Richard Braintree. La raison : celui-ci l’avait, à l’époque, empêché de pénétrer dans l’appartement 302. Notez le charmant 19/21 gravé sur son front.

Silent Hill, ville de symboles

Le pouvoir originel de la ville a été gravement corrompu par les atrocités commises au cours des siècles, si bien qu’elle matérialise désormais la noirceur tapie dans le cœur des gens. Ce lieu autrefois sacré demeure aujourd’hui comparable à une sorte d’inconscient collectif maléfique et concentré, dans lequel évoluent diverses créatures aux designs représentatifs des songes et des obsessions occupant le subconscient des personnages. En effet, l’apparence de chaque monstre du bestiaire possède toujours une signification et symbolise les archétypes de la psyché des héros (un thème largement étudié par des psychanalystes tels que Carl Gustav JUNG). L’épisode original offre par exemple une palpitante visite de la psyché d’Alessa, aux décors cramoisis peuplés d’infirmières « parasitées » retranscrivant son douloureux séjour à l’hôpital. Dans le deuxième volet en revanche, le joueur explore le subconscient de James et de ses camarades d’infortune, y affrontant leurs angoisses et remords personnifiés, en particulier un Pyramid Head qui incarne le bourreau venu sanctionner ses fautes.

Les deux facettes de Silent Hill reflètent en quelque sorte la dualité de l’esprit d’Alessa. Le souci du détail apporté à la création de chaque élément du jeu confère à la série Silent Hill un second niveau de lecture surprenant.

Pyramid Head (qui représente la conscience de James, désireuse de recevoir une punition) et Valtiel (la créature « angélique » veillant sur Heather en attendant qu’elle donne naissance au dieu) partagent le même design. Tous deux portent une robe traditionnelle de cérémonie, et ressemblent aux anciens bourreaux de l’Ordre.

Silent Hill puise ses références dans les mythes et légendes de plusieurs religions. Par exemple, la marque de Samael et le sceau de Metatron – un objet clé dans SH 1 et 3 possédant deux appellations – font référence à deux anges ayant partagé la même existence selon la Kabbale. Idem pour l’Aglaophotis qu’Heather porte autour du cou, une herbe utilisée pour repousser les esprits démoniaques.

Les mannequins incarnent une manifestation des tendances naturelles et inconscientes de James, tout comme l’Abstract Daddy, sorte d’icône du père idéal, est un symbole du passé d’Angela Orosco…

Ce dossier dédié à Silent Hill s’achève ici. J’espère qu’il vous a apporté quelques éléments de réponse quant à vos interrogations sur la série et son univers. Vous noterez que les épisodes Homecoming et Shattered Memories ne figurent pas dans ces lignes. En effet, le premier n’apporte rien à l’univers du jeu (il ne le respecte même pas…) et le second n’est qu’une (très bonne) réécriture du volet original. N’hésitez pas à formuler vos remarques ou poser vos questions en commentaires, on y répondra dès que possible !

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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3 commentaires

  • trop bien ces jeux

  • Merci pour ton commentaire Batto ! 🙂 Ca fait très plaisir. Concernant le film, j’avais réalisé un dossier de plusieurs pages dessus il y a quelques années (après sa sortie), mais il a été perdu lors de notre changement de serveur. 🙁 Je vais voir si je ne peux pas le retrouver. 😉

  • Ce dossier est juste awesome O_O

    Il apporte beaucoup j’ai vraiment apprécié (et tout lu) pour un fan de la série (du 1 au 4) comme moi c’est parfait 🙂

    Par contre un morceau de l’article pour le film aurai été la bienvenu !

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