Eden of the East

Stoooooop ! Attention, un peu plus et vous alliez passer à côté d’une des petites beautés du printemps 2009. Cet anime a toutes les qualités d’un grand, et prépare plus qu’efficacement aux deux films qui doivent venir le clôturer.

Nu comme un ver devant la Maison Blanche…

En voyage de fin d’études aux Etats-Unis, Saki rencontre Akira devant la Maison Blanche. Mais cette rencontre n’a rien d’une romantique entrevue , Akira étant amnésique, complètement nu et portant uniquement un téléphone portable et .. une arme. Saki décide de l’aider, et rentre avec lui dans un Japon dévasté par des missiles venus d’on ne sait où , et théâtre d’évènements plus étranges les uns que les autres. Mais qui est donc ce garçon charmeur et sans craintes, qui vit dans un centre commercial, possède 8 millions de yens sur un compte en banque, mais ne sait rien de tout cela? Et quel est cette étrange organisation « Noblesse Oblige » à qui appartient ce mobile, et qui lui annonce qu’il est le numéro 9 de la Selecao ? Qui est Juiz, cette « concierge » qu’il peut appeler quand il le souhaite, et qui peut tout exaucer, que ce soit pour trouver un Coca ou éliminer des gêneurs? Autant de mystères que Saki et Akira vont tenter de résoudre peu à peu , avec l’aide des amis d’université de Saki, et qui vont peu a peu les amener à une terrible vérité…

     

« Veuillez accrocher vos ceintures, l’intrigue va bientôt décoller. »

Le scénario d’ Eden of the East n’est pas seulement original et entrainant, c’est également une vision sans concession de la situation politico-économique actuelle, du Japon mais par extension de toutes les puissances capitalistes modernes. En plein dans l’actualité, il est fait allusion dès les premiers épisodes, et dans le désordre, à des attaques terroristes, aux NEETs, même au 11 septembre. Ces allusions, parfois frappantes, parfois discrètes, montrent clairement la volonté des réalisateurs de placer cet anime dans le monde réel, le monde d’aujourd’hui.

Dans un tel contexte, Eden of the East a bien sur son lot de violences, explosions et autres traumatismes, mais cela reste en background de l’histoire principale, histoire pleine de mystères, d’interrogations, de zones d’ombre qui donnent de la profondeur au scénario. Profondeur certes, mais pas lourdeur, l’ensemble étant soutenu par des petites touches d’humour. Seul point qui peut devenir un peu pesant à la longue, la très présente obsession des scénaristes pour le « Johnny » de ces messieurs (Charmant petit nom n’est ce pas ??)


Opening de Eden of the East (Higashi no Eden) par Oasis
envoyé par Webotaku.

En bref ? Un scénario étoffé, rondement mené, mis en exergue par un background riche et d’actualité, et souligné par de quelques brins d’humour.

Cette volonté d’être ancré dans la réalité se retrouve également dans le chara-design. Pouvant faire penser par certains traits à du Ghibli, l’ensemble des personnages ressemble physiquement.. à des personnages lambda. On ne retrouve aucun des styles si « caractéristiques » des personnages d’anime, même les caractères ont été étudiés, et font que tous ces personnages pourraient sans soucis être votre voisin de palier ou votre camarade de classe. Saki fait un peu nunuche, la « fille sans histoires qui se fait embarquer dans une drôle d’histoire », mais va prendre de la bouteille au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire, s’étoffer et se révéler un caractère très fort. Quand à Akira, notre héros, il n’a pas grand-chose non plus du héros typique.. ni emo-boy, ni forte tête, simplement un petit gars plus qu’optimiste, culotté, mais qui garde pourtant les pieds bien sur Terre. Il faut avouer que cet optimiste sans faille visible en fait presque un être surhumain. Le reste des personnages ne sort pas spécialement du lot et ils ne déchaineront pas des foules de fans en délire, mais c’est ca aussi, le monde réel, nous ne sommes pas tous de super-héros gâtés par la nature et déclenchant l’hystérie à chaque passage !

De façon globale, on peut dire que le Studio I.G. a vraiment poussé le détail au maximum, pour coller au mieux à l’atmosphère voulue. L’animation est excellente, tout est bien léché, jusqu’aux moindres détails. Que ce soit les vues générales d’impacts de missiles – où je suis sure que l’on peut voir jusqu’aux petites cuillères rescapées- ou bien le passage à New-York -où les natifs parlent un anglais presque crédible- rien n’a été oublié. Il ne manque qu’Obama se baladant dans les jardins de la Maison Blanche en background pour que l’illusion soit parfaite !! Les aficionados de l’animation traditionnelle reprocheront une large utilisation de CG (Missiles, voitures, téléphones etc etc), mais ces derniers se mêlent délicatement à l’animation traditionnelle . Enfin, notons que les réalisateurs se sont payés rien de moins que le dernier single d’Oasis (dernier.. à l’heure ou j’écris ces lignes ^^) pour l’opening de la série.

     

Heal the world, make it a better place..

Eden of the East est véritablement un des très belles surprises de l’année. Bien que composée de 11 épisodes uniquement –soit bien moins que la majeure partie de ses concurrents- un vrai rythme est tenu du début jusqu’à la fin, les différents points de l’intrigue sont révélés peu a peu, voir vous mènent en bourrique, bref on n’a pas le temps de s’ennuyer. Autre point positif, bien que l’intrigue ne soit pas forcément des plus limpides, et que les scénaristes s’amusent a nous embrouiller avec des références parfois incompréhensibles (Qu’on a voir « Noblesse oblige » et la « Selecao » avec ces portables ultra-hyper-super-high-tech ???), nous ne sommes pas non plus bombardés d’informations dès le début, et ces dernières sont distillées de façon à être bien assimilées, afin qu’on ne perde pas une miette des subtilités de l’histoire.

Pour le point suivant, que ceux qui ne veulent pas de spoiler se bouchent les yeux et les oreilles ! Le point d’origine de toutes ces intrigues, c’est le rêve d’un vieillard un peu fou de « sauver la société japonaise », et qui donne pour cela tout pouvoir à quelques « Elus ». Trouver comment sauver cette société nipponne revient presque à trouver comment sauver le monde… tache herculéenne s’il en est … et surtout piège béant attendant le moindre faux pas des scénaristes. Lesquels s’en sortent avec brio, puisque ce n’est pas une mais plusieurs solutions qu’ils proposent. Toutes avec leur légitimité, répondant effectivement à ce but… et pourtant tellement différentes, voir cruelles et apparemment aberrantes par moment. C’est aussi montrer que chacun a SA vision du monde, en fonction de ses idées, de ses expériences passées… et donc chacun possède sa vision pour le sauver. Et franchement, ca donne à réfléchir.. Et vous, comment le sauveriez vous, ce monde ?

     

« Raaaaaaah ce n’est pas possible, je ne pourrais jamais attendre 6 mois !! » Voilà à peu de choses près les mots que vous direz en vous mordant les doigts à la fin des 11 épisodes. Car après toutes ces péripéties et une fin en apothéose, pour avoir véritablement le fin mot de l’histoire, il vous faudra attendre les deux films à venir dans les mois qui viennent. Quoi qu’il en soit, ne passez pas à côté de ce petit bijou d’imagination et d’animation qu’est Eden of The East.

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