Elfen Lied

Récompensé à plusieurs reprises en 2004 par les titres de meilleur drame, thriller, opening/ending et meilleur personnage féminin (pour le rôle de Lucy/Nyu), Elfen Lied se démarque des autres productions grâce à une ambiance très particulière, à la fois gore et ecchi. WebOtaku se devait de ne pas passer à côté de cette série unique en son genre. Bilan ci-dessous.

Here comes a new… serial killer

Les Diclonius sont des êtres mutants d’origine humaine reconnaissables par deux cornes arrondies sortant de leur crâne. Les premiers enfants atteints de diclonisme étaient porteurs d’une maladie génétique extrêmement rare. Celle-ci se manifeste par un surdéveloppement de la glande pinéale et provoque diverses mutations physiologiques chez son porteur. Capturés par le gouvernement, ils sont isolés et étudiés dans des laboratoires…

Dès les premières minutes, l’introduction de Elfen Lied nous immerge dans son étonnante atmosphère. On découvre l’évasion de Lucy, une jeune mutante psychotique possédant une arme redoutable, qui se déroule dans un véritable bain de sang. Durant sa dangereuse échappée, elle est touchée à la tête par une balle et perd la mémoire. Non loin de là, Kôta, venu étudier à l’université locale, retrouve sa charmante cousine Yuka après de nombreuses années de séparation. Eut égard à son corps parfait et son air innocent, Lucy est recueillie et adoptée par nos deux étudiants ; ce qui signe d’ailleurs la naissance d’un drôle de triangle amoureux. Comme notre amnésique ne s’exprime que par des « Nyu », ils la surnomment Nyu (Chobits inside…). Mais la personnalité sanguinaire de Lucy sommeille toujours au fond de son âme…

     

Une série dérangeante mais ô combien envoûtante

Elfen Lied est l’adaptation du manga éponyme de Lynn Okamoto, publié par les éditions Shueisha (12 volumes au total). Elle a été réalisée en 2004 par le studio Arms à qui l’on doit entre autres les séries Mezzo ou High School Girls. On retrouve au poste de réalisateur Mamoru Kanbe (I »s Pure) et Akira Itoh (Mezzo) en tant que directeur artistique. L’anime a connu un tel succès qu’il a eu droit à une rediffusion en 2005. Puis, un OAV de 24 minutes a vu le jour en avril 2005 et s’intercale d’un point de vue scénaristique entre l’épisode 10 et 11. Le ton donné à cet OAV s’avère plus léger et ne fournit pas de réelles réponses à la série, cependant il apporte des éléments complémentaires sur les personnages secondaires.

Cette série de 13 épisodes nous plonge dans une ambiance « double face », empreinte de violence et de douceur. D’un côté, on côtoie les scènes d’une extrême brutalité où les membres découpés volent dans tous les sens, et de l’autre, on assiste à des tranches de vie riches en émotions, appuyées par un character design très mignon. Ce mélange de genres assez contradictoires représente bien la double personnalité qui anime le personnage de Lucy/Nyu. En effet, on la voit régulièrement tuer sans aucun état d’âme puis devenir dans la foulée une tout autre personne, douce, infantile et innocente.

     

A ses côtés, on découvre un panel de protagonistes nourrit par la détresse. On citera dans un premier temps Kôta, qui a refoulé en lui des souvenirs douloureux de son enfance, Yûka, jalouse de Nyu qui a droit à toute l’attention de Kôta, ou encore Mayu, fugueuse depuis qu’elle a subit des abus sexuels par son beau-père. Tout au long de la série, plusieurs flash-back viennent enrichir le fil de l’intrigue afin de détailler le passé de chaque personnage, et on constate très vite qu’ils sont tous plus ou moins tourmentés. Aussi, les liens et relations qui s’installent entre eux sont mis à rude épreuve à cause de leur mal-être, et c’est sans surprise que de nombreux passages tragiques viennent ponctuer l’anime. Toutefois, Elfen Lied ne sombre jamais dans le pur mélodrame et demeure avant tout une série de science-fiction.

En effet, le scénario gravite autour du mystère de l’origine des Diclonius. On apprend qu’il existe deux types de Diclonius : ceux nés de parents humains, et les Silpeltis, nés de parents contaminés par le virus du diclonisme. C’est à l’âge de 3 ans que ces deux espèces mutantes développent des membres non corporels appelés « vecteurs ». Ces bras invisibles représentent leurs pouvoirs télékinésiques, et ils peuvent également sentir à distance la présence d’autres membres de leur race. Pour une raison inconnue, la plupart des Diclonius ont un comportement très violent voire sadique à l’encontre des humains…

     

Une réalisation impeccable

Outre ses graphismes somptueux, la force de cette histoire réside essentiellement dans la maîtrise parfaite de sa mise en scène, en totale harmonie avec le déroulement inattendu du scénario. Elfen Lied nous livre une intrigue mystérieuse, toujours au diapason du comportement imprévisible de Lucy/Nyu, capable de nous tenir en haleine jusqu’au dernier épisode sans aucun mal. On pourrait pourtant craindre que les instants de romance fassent retomber la tension apportée par les massacres, mais il n’en est rien ; l’équilibre s’avère parfaitement dosé.

Le paradoxe entre la quiétude de certains passages tendres (voire ecchi) et le rythme effréné des scènes gores est d’ailleurs sublimé par l’excellente bande son alternant les mélodies mélancoliques ou poétiques avec quelques morceaux bien toniques. Cela met d’autant plus en valeur les émotions fortes qui sont à la base de la rare intensité de cette série, pour les rendre encore plus percutantes. On terminera enfin par un petit mot sur les génériques qui, en plus de grandement contribuer à nous immerger dans l’ambiance si envoûtante de la série, illustrent on ne peut mieux son atmosphère bicéphale. Et pour cause, l’opening « Lilium », de par son chant en latin couplé à son air mystique à souhait, tranche radicalement avec l’ending intitulé « Be your Girl » qui dispose quant à lui d’une cadence pop très rythmée.

Elfen Lied est une série particulièrement dérangeante et captivante, servie par une réalisation sans faille et une esthétique magnifique. Drame, romance, sensualité, humour et horreur sont les maîtres mots de ce petit chef d’œuvre devant lequel on ne peut rester insensible. Véritable coup de cœur, on se réjouit de sa sortie en France grâce à l’éditeur Kaze. A noter toutefois que la série n’est pas à mettre en toutes les mains et cible avant tout un public averti.

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