E’s Otherwise

E’s Otherwise est un projet mené par les studios Pierrot, qui peuvent s’enorgueillir d’avoir été aux manettes de blockbusters comme Naruto, Bleach ou GTO ! Sortie il y a deux ans sur le sol français dans un anonymat quasi-total, que vaut cette série de 26 épisodes ? Pour répondre à cette question, rien de tel que de lire l’article concocté par Webotaku !

Ashurum : l’école des champions !

L’humanité a évolué. Certains de ses membres sont dotés de fantastiques pouvoirs. Appelés les « E’s », ils sont élevés et entrainés au sein de l’unité d’élite d’Ashurum, la seule société autorisée à travailler avec ces individus aux capacités prodigieuses. Kai fait parti du commando d’élite d’Ashurum : l’AESES. Après une formation d’un an, il intègre une équipe de surdoués. Sa mission est de trouver ses semblables qui ne se trouvent pas à Ashurum, car ils risquent d’abuser de leurs pouvoirs pour servir des intérêts personnels.

   

En sortant de la bulle d’Ashurum, Kai découvre que le monde redoute considérablement le jour où les « E’s » prendront le pouvoir en ayant recours à des facultés contre lesquelles nul ne peut lutter. La population ne considère déjà plus les E’s comme des humains, et les persécute comme pour mieux se prémunir du danger. Kai comprend que sa vision étriquée du monde a été façonnée par les hautes instances d’Ashurum…

Un grand pouvoir : un don du ciel ou un poids ?

L’idée de départ est excellente. Voir les E’s évoluer dans un monde contemporain est intéressant. Que faire de ces pouvoirs ? Les E’s ont les moyens d’asservir la population mondiale, de mettre leurs extraordinaires dispositions au service du peuple, ou encore de faire comme s’ils n’avaient aucun pouvoir, comme pour mieux se fondre dans la masse. Ces options dépendent de la façon dont ils sont perçus. En effet, les personnes « différentes » suscitent toujours beaucoup d’émoi au sein du reste du monde. Pour cette raison, les E’s eux-mêmes ne savent pas s’ils doivent se manifester ou se cacher. Le débat, présent tout au long des 26 épisodes qui ponctuent la série, n’est pas sans nous rappeler la trilogie X-Men ou encore la série Heroes, ce qui est un sacré compliment !

L’histoire prend place dans un futur proche. On apprécie le fait d’être quasiment capable de transposer le monde de E’s Otherwise à celui dans lequel nous vivons. Cette proximité permet de pouvoir s’identifier un tant soit peu aux personnages, dans la mesure où on s’imagine vivre des situations similaires.

   

Au niveau visuel, on a déjà clairement vu mieux au niveau de l’animation, mais le tout reste correct. La série n’est pas une série très vieille (2003) mais il est clair que les studios Pierrot n’ont pas employé tous les moyens dont ils disposent. Le design des personnages est proche du style de Clamp : les fans apprécieront. Pour nos amis mélomanes, la bande-son s’accorde assez bien avec l’action, mais elle manque d’une réelle personnalité, difficile à trouver en 26 épisodes.

Des héros aux supers pouvoirs, un super anime ?

L’idée de base était bonne, mais elle n’a pas eu le temps d’être complètement exploitée. Ainsi, le combat que mènent les E’s afin de vivre en paix dans ce monde ne passionne pas spécialement les foules… Les questions identitaires qu’ils se posent paraissent presque superficielles car elles n’ont pas été suffisamment approfondies. Dommage, car il y avait vraiment matière à faire mieux. Mais comme pour le vin, il faut du temps pour qu’il devienne un grand cru… et 26 épisodes, c’est peu !

Autre bémol, qui touche ce qui constitue habituellement le principal point fort d’un manga : les personnages. Aucun n’a le supplément d’âme qui fait qu’on le trouve particulièrement attachant, charismatique, classe, ou même salaud et cruel. Ainsi, on ne partage pas vraiment le mal-être de Kai, qui passe son temps à se demander qui il est. Dans la peau du héros tourmenté, il manque de conviction, et semble encore plus faible mentalement qu’Allen Walker (D.Gray-Man) ! C’est dire… Le superviseur d’Ashurum, Eiji, qui endosse le costume du manipulateur sans scrupule, ne parvient pas à paraître aussi mauvais que peut l’être un Light (Death Note) dans la mesure où ses coups de bluff sont trop prévisibles.

   

Voici la dernière faiblesse de la série, elle manque clairement de rebondissements. Le déroulement de l’action est lent, et on devine clairement ce qui va se passer. Les « coups de théâtre » qui ponctuent la série ne sont pas assez percutants pour renverser l’esprit du spectateur, qui pourrait s’en lasser s’il est exigeant.

E’s Otherwise se regarde facilement à condition de ne pas être trop exigeant. Il est difficile de faire cogiter le spectateur en 26 épisodes : les studios Pierrot ont été bien téméraires en essayant de créer une série courte dans laquelle action et questions métaphysiques feraient bon ménage. On peut saluer l’initiative, mais le résultat n’aura malheureusement pas été à la hauteur de cet ambitieux projet. A vous d’essayer pour vous forger votre propre opinion !

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