Fallout New Vegas

Après de nombreuses années à défendre le RPG à la japonaise, WebOtaku s’est fait une raison en accordant une place méritée au RPG à l’occidentale. Méritée car comme chacun le sait, les meilleurs développeurs nippons peinent désormais à concurrencer l’inventivité, la profondeur et la qualité des perles du genre qui nous viennent pour l’essentiel d’Amérique. Fallout New Vegas en est le dernier exemple.

Faisons sauter la banque !

New Vegas est la suite plus ou moins directe de Fallout 3 mais ne nécessite pas vraiment d’avoir parcouru les terres désolées de la côte Est pour comprendre ce qui se passe cette fois sur la côte Ouest. Seules quelques références et une faction rempilent dans cet épisode placé sous le signe de la luxure. Le contrat reste le même : parcourir les terres dévastées américaines après un holocauste nucléaire qui n’a laissé que peu de survivants, un vague souvenir des technologies que nous connaissons et surtout un sentiment de ne faire confiance qu’à soi-même et à son clan pour survivre.

     

Vous incarnez donc un coursier de la Mojave Express qui… se fait tuer dès le début du jeu. Enfin pas vraiment, car grâce au secours d’un robot mystérieux et d’un docteur, vous vous remettez assez vite sur pied avec la curieuse envie de poursuivre vos agresseurs afin de récupérer votre colis. Une telle dévotion pour son travail ferait presque peur… Les premiers protagonistes rencontrés prennent donc le soin de vous donner quelques pistes à suivre, mais vous pouvez également choisir de partir à l’aventure et d’explorer l’intégralité du monde qui s’ouvre à vous. Le grand Ouest, à la limite entre la Californie et le Nevada et bien entendu la région de Las Vegas, ou plutôt New Vegas, lieu où le culte de l’argent et du sexe a su traversé les époques. Rares sont les jeux qui offrent un tel degré de liberté, surtout après quelques minutes de jeu seulement.

Une histoire de clans

Que vous suiviez le scénario principal ou votre instinct, vous croiserez inéluctablement le chemin de différentes factions qui s’apprécient en général assez peu, voire sont en guerre ouverte comme les soldats de la RNC, des californiens qui espèrent d’annexer le Nevada, et les légions de Caesar, une armée d’esclavagistes sans foi mais avec loi qui tentent de reprendre le barrage Hoover, clé de la maîtrise de l’énergie dans la région. Une guerre entre les deux camps s’apprête à éclater, au grand désarroi des nombreux autres groupes plus ou moins pacifistes. Selon vos actions, chaque groupe aura un sentiment agressif, neutre ou amical envers vous, mais sachez qu’il sera dur de conserver le statu quo, car aider une faction est souvent synonyme de planter un coup dans le dos d’une autre. L’avantage encore une fois est de pouvoir façonner sa partie comme bon vous semble.

     

Pour vous aider, de rares compagnons pourront se joindre à vous et suivre vos ordres. L’IA n’est malheureusement pas beaucoup plus développée que celle des autres personnages non jouables, mais disons que ça fait l’affaire. D’autant que chacun peut vous conférer un bonus parfois non négligeable. Leur présence ajoute au dynamisme des combats, enfin tout dépend de comment vous préférez tirer parti du double système de combat. Fallout prend les traits d’un FPS classique – et on remercie Obsidian pour avoir amélioré la précision de la visée – mais permet surtout de se la jouer plus stratégique grâce au SVAV, un système permettant de pauser le jeu et de viser précisément une partie du corps de l’adversaire. Un pourcentage de réussite y est également associé afin de ne pas abuser sur la difficulté déjà assez faible. Un mode hardcore obligeant le joueur à mieux gérer son inventaire et à consommer eau et nourriture chaque jour corrige cela.

All in

Si l’aspect FPS vous rebute dans un RPG, sachez que Fallout ne lésine en rien sur tout ce qui fait l’intérêt du role play à l’occidentale, avec une foule de statistiques sur lesquelles vous pouvez influer dès le début et tout au long du level up du personnage. Personnage que l’on peut façonner esthétiquement à sa manière, mais franchement, vu la laideur des modèles, rares sont ceux qui pouponneront leur héros, d’autant qu’on ne peut le voir que de dos, voire carrément pas si l’on joue à la première personne.

     

Finalement, on peut surtout reprocher à New Vegas son moteur graphique limite à la ramasse. Rien qui ne dérange fondamentalement au niveau gameplay, mais en 2010 on s’attend à beaucoup mieux, à commencer par des textures de qualité et des animations moins rigides. Ce que l’on peut plus facilement laisser passer, c’est l’inégalité de l’écriture de certaines quêtes, notamment celles qui forcent à faire des allers-retours entre différents endroits, quand bien même on peut se téléporter entre deux lieux déjà découverts. La plupart des personnages importants s’avèrent toutefois bien travaillés, avec une vraie histoire que l’on prend plaisir à découvrir.

Fallout New Vegas est le digne successeur de Fallout 3, avec quelques ajouts supplémentaires intéressants, mais surtout avec tout ce que cela signifie comme avantages et inconvénients. Si vous aviez supporté le moteur graphique dépassé, le gameplay mixte légèrement bancal et l’écriture inégale du scénario dans l’opus précédent, vous adorerez tout autant New Vegas. Mais quoi qu’on en dise, rien ne pourra ternir l’incroyable liberté que ce jeu donne au joueur et la durée de vie hallucinante des nombreuses quêtes. Fallout New Vegas est donc le RPG du moment à posséder.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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