Family Compo

Comment réagiriez-vous si vous appreniez que votre oncle est votre tante et vice versa ? Et bien c’est exactement le problème auquel est confronté Masahiko Yanagiba, le nouveau héros de Tsukasa Hôjô. Family Compo représente un tournant dans la carrière de Hôjô, un manga original qui n’a pas peur d’aller très loin et de mettre à mal les moeurs.

L’histoire

Suite au décès de son père et n’ayant plus de mère depuis des années, Masahiko se retrouve un beau jour recueilli par son oncle Sora et sa tante Yukari, une partie de sa famille qui lui était jusqu’à ce jour presque inconnue.

Masahiko se retrouve donc confronté à cette famille phénoménale mais particulièrement accueillante et chaleureuse. Il apprend tant bien que mal à vivre parmi ces travestis. Mais le plus dur à vivre pour lui n’est finalement pas le fait que son oncle et sa tante soient des travestis mais le regard des autres à ce sujet. Il est de plus confronté au fait qu’il ne connaît pas réellement le sexe de sa cousine (?), Shion. Et celle-ci s’amuse à faire planer le doute. Tantôt fille, tantôt garçon, elle change d’apparence au gré de ses envies. Vous imaginez aisément le nombre de quiproquos pouvant découler de cette situation, surtout connaissant l’esprit ravageur de Tsukasa Hôjô !

Masahiko a d’abord beaucoup de mal à cacher la nature de sa famille à ses amis, qui tôt ou tard, finissent par l’apprendre. Surtout que Sora et Yukari (son oncle et sa tante, dans l’ordre que vous voulez…) ne s’en cachent pas, même s’ils restent pudiques.

Mais son plus grand problème, c’est que par la force des choses, Masahiko se retrouve à son tour travesti. Les personnes touchant à cette famille serait-elle vouées à se travestir aussi ? Pour le plus grand bonheur des garçons de sa fac qui ne sont pas dans le secret, Masahiko incarne de temps à autres Masami, la beauté fatale de l’école. Secrète, renfermée, elle ne fait que peu d’apparitions, mais soulève toujours autant de désir de la part des hommes qu’elle (il) rencontre. Masahiko en fille, il fallait y penser ! Et malgré lui, il se retrouvera régulièrement obligé de se changer en Masami, pour le plus grand malheur de sa petite amie, Yoko.

     

Family Compo est en apparence un manga sans histoire principale puisque les épisodes se suivent sans s’enchaîner de façon visible. Mais le récit, coupé en tranches de vie de la famille Wakanae, est beaucoup plus que des petites histoires comiques. Il représente l’union d’une famille moderne et originale dans le monde d’aujourd’hui et enseigne la tolérance, notion encore peu répandue de nos jours.

Les personnages

Autour de Masahiko gravite une constellation de personnages secondaires ayant chacun leur importance. Tout d’abord, sa famille, les Wakanae, composée de son oncle Sora, sa tante Yukari et sa cousine Shion. Puis son meilleur ami : Ejima, toujours dans les mauvais coups et sûr de son charme ravageur, sa petite amie : Yoko Asaoka, ou encore les membres de son club de cinéma, ceux là même qui l’ont forcé à se travestir.

Sora étant un mangaka célèbre, il est entouré de nombreuses assistantes, toutes des… travestis, et la terrible Madame Mori, qui surveille la production de cette joyeuse équipe.

Plus tard dans le manga d’autres personnages, d’abord sans trop d’importance puis beaucoup plus présents, feront leur apparition. Il s’agit de Kaoru et de son père, Monsieur Tatsumi. L’histoire les unissant est tout simplement révélatrice des méandres de l’esprit de Hôjô et servira le scénario pendant de nombreux épisodes. Kaoru est une fille mais se fait passer pour un garçon par désir de se faire remarquer par son père qui ne prend pas vraiment soin d’elle. Celui-ci est un « dangereux » Yakusa qui souffre beaucoup de ses problèmes de dialogue avec sa fille. Il est tellement sensible à ce niveau là qu’il se fait même arnaquer par son ex-femme, la mère de Kaoru, jamais en manque de plan vicieux.

     

Que faut-il penser de ce manga ?

Fidèle à son style, Hôjô nous emmène dans de nouvelles aventures sans précédent. Loin de ses anciens mangas (Cat’s Eye, City Hunter…), Family Compo innove réellement dans son sujet. Parler librement de travestis, il faut le faire. En tant que mangaka de talent, Hôjô sait aborder le sujet sans jamais se moquer. Au contraire, il parle des travestis avec beaucoup de pragmatisme et d’humour, sans sous-entendus douteux. Non pas que je soutienne ce mouvement… mais chacun ses goûts.

En ce qui concerne le déroulement de l’histoire, Hôjô garde les mêmes mécanismes de narration : une intrigue générale renforcée et appuyée par de petits interludes, qui à priori ne font pas avancer l’histoire mais qui au final servent à présenter plus avant un personnage, un fait ancien, un trait de caractère. Sans en avoir l’air, chaque chapitre renforce les liens qui unissent le lecteur aux personnages et c’est toute l’histoire qui avance malgré les tournants pris par le scénario.

     

En bref, Family Compo est un très bon manga, très bien dessiné et passionnant. Je conviens que le thème des travestis est assez bizarre mais je peux vous assurer qu’on colle à l’histoire facilement et qu’on en redemande. Un manga vraiment rafraîchissant où les combats laissent la place à une vraie histoire.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

Les derniers articles par Ryosan (tout voir)

Laisser un commentaire sur cet article :