Fighter in the Wind

Sorti l’été dernier en Corée du Sud, Fighter in the Wind traine derrière lui une brûlante réputation d’excellent film d’arts martiaux. Totalisant plus de deux millions d’entrées au box-office coréen, on se dit qu’il doit valoir le coup d’œil. Et comment !

Fist and furious

La Seconde Guerre mondiale s’achevant bientôt, le climat se dégrade vite dans les rangs nippons qui voient en cette manne de jeunes Coréens immigrés des kamikaze parfaits. Mais un officier nippon préfère les relâcher plutôt que de souiller l’honneur des kamikaze en versant du sang « impur » coréen. C’est ainsi que Choi Baedal rejoint les rangs de saltimbanques, une petite communauté coréenne implantée au Japon, où il retrouve son mentor. Ulcéré par la violence et le mépris des Japonais pourtant à leur tour occupés – par les Américains – Choi s’engage dans un long apprentissage des arts martiaux pour protéger les siens. Au passage, il corrige régulièrement les soldats américains qui se montrent trop intéressés par les Japonaises, ce qui lui vaut d’être recherché par les uns et adulé par les autres.

Mais lorsque les Yakuza assassinent son mentor, Choi décide de partir pour un long et rigoureux pèlerinage dans les montagnes nippones, à l’image de son modèle : Miyamoto Musashi dont il suit l’enseignement au travers de son livre : le Traité des Cinq Roues. Après de longs mois d’apprentissage, Choi revient à la civilisation avec un but : devenir l’homme le plus fort et mettre à ses pieds tous les dojo du Japon. Débute alors une suite de combats sans pitié, sous l’œil médusé des Japonais auparavant si sûrs de leur supériorité.

     

Fist of Fury made in Korea

La trame scénaristique reprend trait pour trait le chef d’oeuvre Fist of Fury (avec Bruce Lee, 1972) repris quelques années plus tard par le trépidant Jet Li, à ceci près qu’il le transpose en Corée. On peut donc considérer Fighter in the Wind comme le Fist of Fury coréen, un film témoignant de la dure occupation japonaise sur les peuples d’Asie durant les années 40, ainsi que de la haine partagée entre ces différents peuples. Pour autant, si le constat reste clairement visible tout au long du film, le principal message revêt la forme d’une quête personnelle entreprise par Choi Baedal, interprété ici par Yang Dong-geun.

Au contact de son mentor, celui-ci va étudier les arts martiaux en s’entraînant seul dans la nature et en défiant un à un les différents clans japonais, à la façon du célèbre samouraï Miyamoto Musashi, pour mieux créer son propre style de combat, le Kyokushin (dérivé du karaté). Et le mieux, c’est que Choi Baedal a réellement existé (1922 – 1994). Fighter in the Wind se veut un film biographique, certainement romancé au passage, mais tout de même réaliste au niveau de l’ambiance après-guerre.

   

Une excellente réalisation

Fighter in the Wind bénéficie d’un soin très prononcé, que ce soit pour le casting, la photographie, la réalisation ou les chorégraphies martiales. On peut difficilement reprocher quoi que ce soit à ce niveau là. Les acteurs se montrent très convaincants, notamment Yang Dong-geun qui allie un rôle psychique et physique très poussé ; le choix des lieux ainsi que les plans réalisés laissent bouche bée d’admiration pour le Japon d’après-guerre reconstitué ; enfin, les chorégraphies de combat s’avèrent suffisamment variées et bien filmées pour ne pas ennuyer l’oeil avisé d’amateurs d’arts martiaux. Et des combats, il y en a dans le film ! Pour autant, on ne peut passer sous silence le côté déjà vu du scénario qui n’offre que peu de rebondissements à qui connaît d’autres films du genre. La vengeance et la quête de puissance restent deux thèmes particulièrement éculés au cinéma, surtout asiatique.

   

Fighter in the Wind mérite son excellente réputation. Même s’il ne revêt que peu de nouveautés pour les connaisseurs du genre, il n’en demeure pas moins un film biographique très intéressant et rudement bien mené. Alors pourquoi bouder son plaisir ?

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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