Five

On ne compte plus les séries dépeignant la vie amoureuse des lycéens, et très peu parviennent à sortir du lot. Five fait partie des œuvres en demi-teinte. Voici une œuvre à mi-chemin entre Hana Yori Dango, Lovely Complex et Special A. Cette recette aussi singulière qu’inattendue sera-t-elle au goût de tous ? Bilan ci-dessous.

Adieu les mutations, bonjour la stabilité…enfin presque !

Depuis toujours la famille de Hina Asou, jeune lycéenne, a déménagé au gré des mutations de son père. Mais à présent, cette situation s’avère révolue puisqu’elle intègre à sa plus grande joie son dernier lycée. Elle va enfin pouvoir goûter aux joies de la vie d’une élève ordinaire : se faire des amies et surtout tomber amoureuse. Cependant, son engouement est de courte durée puisqu’elle s’aperçoit avec horreur qu’elle est la seule nana d’une classe de surdoués. En effet, ses résultats à l’examen d’entrée lui ont permis de se retrouver avec les élèves d’élite dans la classe « A+ », où elle est la première fille à être admise. Parmi tous ses camarades se trouvent les cinq élèves les plus intelligents mais les moins disciplinés surnommés les « Five » qui se compose de Toshi Shimizu, Kojirô Yauchi, Nao Arisawa, Takui Iwabachi et Jun Tairaku. Pour couronner le tout, sa première altercation avec l’un d’eux se résume par un clash avec Toshi, le leader et playboy du groupe, qui a eu la malencontreuse idée de se montrer très familier envers elle. Le fort caractère de Hina lui attire de suite la sympathie des « Five », et ils la prennent sous leurs ailes en la désignant comme leur « Princesse »…

   

Une héroïne certes naïve mais avec une mentalité d’acier…

Five met en scène Hina Asou, une héroïne peu commune dont le caractère oscille entre l’innocence et un tempérament volcanique. Au début, on la trouve un rien « fleur bleue », qui se laisse très facilement embobiner par autrui. Néanmoins, l’auteur lui prodigue suffisamment de bon sens et de franc-parler pour qu’elle ne tombe jamais dans la mièvrerie. Très vite, elle tombe sous le charme de Toshi et ne sait pas comment elle doit décrypter le comportement volage et désinvolte de celui-ci. Aussi, on suit avec exaltation et amusement sa relation ambigüe avec ce dernier. Seul point noir au tableau, on constate que la narration sur l’histoire de Hina s’avère assez inégale. Dans un tome, elle se montre particulièrement cruche et dans un autre c’est tout le contraire. Aussi, on espère que Shiori-san va remédier très vite à la situation car ce qu’on veut c’est une héroïne charismatique et dynamique !

En ce qui concerne les « Five », ces têtes brûlées aux grands cœurs, se connaissent depuis un bout de temps et une amitié sans faille les unit. Ils possèdent chacun leur propre mentalité et ne se ressemblent en aucun cas. Leurs caractères uniques possèdent en revanche l’avantage de se compléter ; alors que Nao est chaleureux, Takui se montre plutôt excentrique. Tandis que Kojirou et Jun affichent le parfait exemple des gars calmes et imperturbables, Toshi quant à lui incarne le séducteur de ces dames. L’auteur nous les présente sous un œil différent, en dévoilant une autre facette de leur nature au fur et à mesure qu’on évolue dans l’histoire. La psychologie de nos amis tient ainsi une place importante dans le savoureux cocktail que nous offre Five : intrigue prenante et humour à volonté.

Toshi est inéluctablement l’autre héros du manga. Il dégage un charisme fou et fait fondre le cœur de toute la gente féminine de son lycée. Il se montre très frivole et n’arrête pas de jongler de fille en fille. Toutefois, envers la « Princesse », il se montre très protecteur et ne laisse aucune personne du sexe opposé l’approcher. La relation qui les lie devient plus forte et par conséquent la distance entre eux rétrécit de chapitre en chapitre. Serait-t-il tombé amoureux d’elle ? Telle est la question qui nous trotte dans la tête et l’auteur prend un malin plaisir à nous faire languir.

   

Gimme Five

Après plusieurs one-shots débutés en 2004, Shiori Furukawa signe ici sa première série. Five a vu le jour dans le numéro du mois de mars 2005 du magazine Betsusatu Margaret où il remporta un large succès ; pas moins de 2,5 millions d’exemplaires vendus au total. Il compte actuellement 11 volumes et un grand nombre de produits dérivés ont été mis sur le marché japonais comme un CD Drama, une adaptation en roman ou encore la sortie d’un artbook « Five – High Risk, High Return ».

A première vue, l’intrigue principale et ses personnages peuvent vous sembler classiques, toutefois l’auteur a su étoffer le fil scénaristique et créer des personnages cools et stylés. De plus, sa caricature sur le comportement de la jeune « élite » japonaise apporte une touche d’humour des plus désopilante. Force est de constater que le ton donné par l’auteur balance entre romance et comédie sans pencher en faveur de l’un ou l’autre. Fait qui n’est pas pour nous déplaire car on n’a pas le temps de s’ennuyer et on suit avec assiduité la suite des aventures de nos héros. Shiori-san a toujours le don de nous transporter dans des situations invraisemblables au moment où l’on s’y attend le moins en mettant ainsi en arrière-plan l’intrigue amoureuse. Elle alterne donc efficacement l’ambiance générale du manga à tel point qu’elle pique notre curiosité. Quelle nouvelle aventure rocambolesque va-t-elle nous inventer ou bien est-ce que Toshi va ouvrir exclusivement son cœur à Hina ?

Un style graphique unique

La première chose qui nous surprend est la patte graphique bien particulière de Furukawa. Elle a sa façon bien à elle de dessiner les yeux et les lèvres de ses personnages. Ils sont tellement immenses qu’ils peuvent en dérouter certains mais finalement on s’habitue très vite à son coup de crayon. Ce détail mis à part, son style ne dénote pas des autres shôjo et propose de nombreux face à face et des scènes en SD qui soulignent à la perfection le ton burlesque de la série. Les protagonistes aux silhouettes filiformes ont des visages très expressifs et débordent d’émotions. On remarque qu’elle leur accorde une grande importance à l’apparence extérieure des différents personnages et leur attribue à chacun un look bien particulier reconnaissable au premier coup d’œil ! Le seul reproche que l’on puisse émettre, c’est l’absence de décors détaillés, que l’on retrouve souvent dans ce genre de manga.

   

Five aborde sous un angle délirant et plein de fraîcheur le thème le plus exploité du shôjo : l’amour lycéen. Certes, le scénario ne fait pas dans l’originalité et apporte peu de nouveauté au genre, pourtant cette œuvre dispose d’une brochette de personnages très réussis : à la fois drôles, touchants, caractériels mais à aucun moments détestables. Aussi, on se prête facilement au jeu de cette série bourrée d’humour.

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