Gears of War 3

Cinq ans après ses débuts triomphants, la trilogie Gears of War s’achève sur un constat simple : ce troisième opus se veut le plus complet, le plus peaufiné, le plus brutal et le plus addictif de tous. Reste à faire l’état des lieux et voir si l’on trouve réponse à toutes les questions qui persistaient, à commencer par le destin de Carmine, personnage devenu emblématique pour les mêmes raisons que Kevin dans South Park.

La fin est proche

Deux ans après la fin de Gears of War 2, la CGU n’est plus que l’ombre d’elle-même, avec peu de COG en réserve pour combattre les Locustes et, pire, les Lambents, des Locustes ou des humains contaminés par l’imulsion, cette énergie à double tranchant. Lors d’une attaque Lambent, Marcus Fenix découvre que son père est vivant et détient potentiellement la clé de la victoire. Il embarque donc ses compagnons pour une ultime aventure.

Vous l’aurez compris, Gears of War 3 ne concourt toujours pas pour la palme du meilleur scénario, mais offre suffisamment de fond pour s’attacher aux personnages et à ce qui leur arrive, à commencer par le pauvre Dom, le fidèle frère d’arme qui apporte toujours une dose d’émotion entre deux grosses phases d’action. Le jeu offre de plus un cadre cohérent pour mettre bout à bout tous les niveaux, assez variés d’un point de vue ambiance et graphisme. En parlant de cela, Epic a tiré une fois de plus son moteur vers le haut, offrant le plus beau Gears of War et l’un des jeux techniquement les plus aboutis sur Xbox 360 ; reste encore à aimer la direction artistique particulièrement… américaine et sévèrement burnée.

Du lourd, du très lourd

L’aventure principale se joue donc en solo ou jusqu’à quatre joueurs, nouveauté de taille par rapport à l’opus précédent qui se limitait à deux joueurs. Vu le peu de jeux sur le marché offrant du coop à quatre, on ne peut que saluer cet effort qui donne tout son sel à ce jeu fait pour être partagé. L’aventure peut d’ailleurs se jouer également en mode arcade, donnant une saveur plus compétitive avec l’ajout de scores individuels et d’équipe et la possibilité de respawner au bout de 25 secondes à condition qu’il reste au moins un joueur en vie. Et croyez moi, 25 secondes peuvent paraître éternelles lorsqu’un seul joueur reste debout face à de nombreux adversaires en difficulté maximale ! D’ailleurs, la difficulté Dément a toujours offert un challenge intéressant pour les hardcore gamers, mais Gears of War 3 se montre particulièrement impitoyable, à la limite de la frustration la plus totale, d’autant plus que quelques bugs et abus de l’IA viennent pourrir le mode Arcade. A se demander s’il a été correctement testé par Epic. Mais cela s’arrête à ce mode et cette difficulté, le reste étant peaufiné à outrance.

Multijoueur, multi-saveurs

On ne change pas une recette qui gagne, on l’améliore. En ce qui concerne le multijoueur, on retrouve les classiques modes deathmatch, team deathmatch et domination, ainsi que des modes plus originaux tels que ailier (des équipes de deux joueurs s’affrontant), capture de leader (qui remplace le traditionnel drapeau par un joueur adversaire) ou exécution (seules les exécutions brutales comptent). Le tout sur dix maps offrant toutes des stratégies et challenges différents. Tous les modes ne se valent pas nécessairement en matière de fun, mais chacun y trouve son compte.

Reste l’excellentissime mode Horde, véritable institution depuis Gears of War 2 (et fortement inspiré par la Chasse aux Terroristes de Rainbow Six), qui consiste à survivre à 50 vagues d’ennemis de différentes intensités, difficultés, variétés. La grande nouveauté, c’est l’ajout de défenses (barbelés, tourelles automatiques ou manuelles, leurres, robots…) que l’on prendra plaisir à dresser sur un coin de la carte pour canaliser les ennemis et augmenter ses propres chances de survie. Jouer en équipe n’a jamais été aussi déterminant dans la série que dans ce mode, véritable défouloir qui devient stratégique au fur et à mesure que les vagues s’intensifient. Reste encore à supprimer suffisamment d’ennemis pour pouvoir s’offrir les défenses adéquates et les réparer entre chaque vague. Enfin, reposant sur les mêmes principes, le mode Bestial propose d’incarner les Locustes et de détruire défenses et adversaires humains (gérés par l’IA toutefois). Gageons que la prochaine évolution sera peut-être de permettre à de vrais joueurs d’incarner les deux côtés en même temps, si toutefois l’équipe de développement parvient à équilibrer les chances.
Pour terminer, Gears of War 3 va encore plus loin dans la gamification de son système de statistiques, offrant médailles et récompenses en fonction d’objectifs plus ou moins difficiles à remplir dans chacun des modes. Gadget pour certains, ce système rend complètement dépendants tous les joueurs compétitifs et complétionnistes que nous sommes. Une excellente façon de garder beaucoup de joueurs actifs dans le jeu et prêts à débourser quelques euros de plus pour les packs de maps qui devraient voir le jour vraisemblablement tous les trimestres.

 

Honnêtement, il n’y avait que peu de doutes sur la qualité de Gears of War 3, avant même qu’il ne soit entre nos mains. Epic nous a habitué à du lourd, et est une nouvelle fois parvenu à livrer un excellent jeu, certes peu novateur au regard des précédents, mais diablement efficace et supérieur à tous les niveaux. Gears of War restera donc dans les annales comme l’un des principaux piliers du succès de la Xbox 360, et ce troisième épisode comme le plus abouti. A posséder absolument.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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