Jyu Oh Sei

Jyu Oh Sei a tous les éléments de la série à ne pas manquer. Avec les studios Bones aux manettes, la qualité de l’animation est à la hauteur de l’évènement. La trame étant complexe et intéressante, la polémique concerne la longueur de la série : 11 épisodes, c’est peu…

Plongez au cœur de Chimera, la planète où la mort devient votre quotidien

L’histoire prend place dans un futur lointain, en 2436. Les hommes ne vivent plus sur Terre depuis des lustres. Dans les différentes planètes satellites, ils ont besoin de systèmes respiratoires pour vivre et atteindre péniblement les 50 ans. C’est dans ce contexte que Thor et Rai voient leurs parents, de brillants scientifiques au service du gouvernement, assassinés par une troupe de tueurs professionnels ! Ils sont ensuite envoyés à Chimera, une planète qui fait office de prison et dans laquelle on retrouve tous les renégats de la galaxie…

   

Sur cette planète, les criminels se côtoient avec pour unique règle la loi du plus fort. Le crime n’est pas puni, celui qui représente la justice étant celui contre qui personne n’ose s’ériger. Le monde de Chimera est structuré autour de 4 pôles, chacun étant dirigé par un trio : le boss, son second et le troisième. Il n’y a évidemment aucune élection démocratique : pour monter dans la hiérarchie, il faut montrer sa force. Une position élevée comporte bien des avantages, au niveau matériel notamment, mais aussi beaucoup de risques, car tuer un haut gradé est la meilleure manière de prendre sa place. La légende dit que l’homme qui règnera sur les 4 pôles deviendra Roi des Bêtes et pourra aller quitter Chimera pour un monde meilleur.

Mais Chimera est dangereuse à plus d’un titre : les plantes poussent de façon vertigineuse, et obligent les hommes à s’adapter à elles, et non l’inverse. Une plante carnivore peut se montrer beaucoup plus dangereuse qu’un criminel renommé. Dans ce contexte hostile, Thor et Rai devront survivre, avant d’envisager regagner leur planète et élucider le mystère qui entoure la mort de leurs parents. Leur seul moyen d’y parvenir semble de devenir le Roi des bêtes, mais dans un contexte si hostile, et dans la mesure où aucun d’eux n’est un combattant, cela promet d’être difficile…

Des points forts nombreux et indéniables…

La réputation des studios Bones n’est plus à faire. Jyu Oh Sei apporte une nouvelle preuve de leur compétence : la série jouit d’un excellent niveau en termes d’image et d’animation. Les vaisseaux spatiaux, la planète de Chimera, les déplacements des personnages : tout est réalisé avec le plus grand soin, ce qui saura ravir l’œil de l’expert en japanimation comme celui du novice. Toujours au niveau visuel, on remarque un certain soin dans le graphisme, les personnages sont bien dessinés et disposent de leur propre personnalité physique. L’aspect est très shônen mais reste plaisant. Allez comprendre que bien que tous les personnages ont un air de déjà vu pour ceux qui connaissent beaucoup d’œuvres, ils restent assez attractifs. Mention spéciale au doublage, notamment celui du personnage Zagi : les puristes auront reconnu la voix charismatique de Roronoa Zoro, le compagnon de Luffy dans One Piece. Ces mêmes personnes portées sur l’audition seront satisfaits de la bande-son, qui se montre à la hauteur de l’évènement, avec un opening assez entraînant et des effets sonores qui accompagnent bien les différents évènements tout au long de la série.

   

Mais le plus gros point fort reste le synopsis. La trame de début annonce une série extraordinaire en tout point. C’est même une des meilleures bases pour un shônen depuis longtemps, et on s’attend donc une série d’envergure. Et autant être franc, on prend une véritable claque en regardant le premier épisode ! Une conspiration, le meurtre des parents des héros, une planète où chacun souhaite tuer et dépouiller l’autre, une nature folle et dangereuse : les éléments sont nombreux et nous plongent dans l’univers de la série, au point qu’on ne fait pas que comprendre le désarroi de Thor et Rai, on est amené à le partager ! On se sent oppressés, des sentiments d’insécurité et de danger constant nous gagnent, et l’angoisse monte à chaque fois qu’on voit un protagoniste, agresseur potentiel des héros… L’univers est étouffant à souhait. La richesse du scénario est également présente dans le système qui régit Chimera : 4 pôles dirigés par un trio. On pense évidemment à l’ascension de Thor, qui devra faire face aux trois hommes les plus forts de son pôle pour en devenir le chef. On imagine déjà la guerre entre les pôles, avec 12 personnages puissants qui s’affrontent. Alliance, trahison, politique, combat : tous les éléments semblent être présents pour faire de Jyu Oh Sei un long shônen à succès.

… mais insuffisants pour oublier les faiblesses de la série

Mais Jyu Oh Sei ne comporte que 11 épisodes. Et c’est bien là que le bât blesse ! Car tous les éléments étaient réunis pour faire de cette série un succès durable. Au final, on déplore qu’il n’y ait que 11 épisodes, et on a une nette impression : il y a un début… et c’est tout. La progression de Thor est trop brutale, il ne vit pas les nombreuses épreuves qu’on pensait voir. Il n’y a pas d’évolution linéaire qui nous permet de nous identifier au héros, de mesurer ses progrès, bref, tous les ingrédients qui font qu’on apprécie des personnages comme Sangoku, Ichigo, Fly ou Luffy…

   

L’univers riche méritait aussi d’être exploré et exploité, mais il sera à peine abordé. On n’a que peu d’occasion d’admirer la nature si particulière de Chimera. Les situations dans lesquelles la végétation s’avère dangereuse ne sont que trop peu nombreuses, alors qu’on aurait aimé apprécier plus longtemps cette nature aussi belle que meurtrière. Les personnages sont peu profonds car on les voit peu. Pourtant, certains d’entre eux ont intrinsèquement le « truc » qui pourrait en faire des personnages charismatiques et/ou attachants. Mais ni Zagi ni Third ne sauront y parvenir, alors que leur apparence, leur caractère et leur air énigmatique en faisaient des personnages prédisposés à intriguer le spectateur. Serait-on attachés aux personnages de One Piece si la série ne comportait que 11 épisodes ?

Les combats ne sont pas marquants malgré la qualité de l’animation, car ils ne s’inscrivent pas dans un contexte : on ne les attend pas impatiemment comme on peut attendre un duel entre Naruto et Sasuke. Et le scénario complexe est gâché car on ne peut le développer en si peu de temps, malgré une excellente idée de départ. Or tout bon vin doit être dégusté avec lenteur pour mieux le savourer, et non pas avalé comme un vulgaire sandwich. L’image est caricaturale et exagérée, mais c’est pourtant l’impression que nous laisse la série. C’est frustrant tant les espoirs et l’attente qu’ont pu susciter les premiers épisodes s’avèrent être finalement des leurres. La fin nous laisse vraiment une impression d’inachevé tant il y avait matière à faire mieux. Mais le problème au Japon est que de plus en plus, on cherche des séries qui auront du succès immédiatement, et qu’on laisse de moins en moins le temps aux séries de prendre leur marque et d’acquérir son public. Dommage, car une série n’a pas une identité marquée au bout de 3 épisodes…

Au final, la déception est à la hauteur de ce que Jyu Oh Sei avait les moyens de devenir : énorme. Mais il ne faut pas occulter l’animation, l’univers si singulier ou encore l’atmosphère pesante, autant d’arguments qui font que malgré un résultat en deçà de ce qu’il aurait dû être, la série se laisse regarder assez facilement. Globalement, on a une bonne série, mais on regrette qu’elle ait été écourtée, ce qui l’empêchera probablement de devenir un grand nom du shônen…

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