Kiki la petite sorcière

Après 15 ans d’attente, ce gros succès des studios Ghibli va faire son apparition dans les salles obscures françaises le 31 mars prochain. Poésie et initiation se mêlent au sein d’un graphisme assez vieilli mais pas terni. Kiki la petite sorcière n’a pas pris une ride, alors en attendant de la découvrir sur grand écran mettez-vous l’eau à la bouche !

Sorcière livre à domicile !

Kiki, jeune fille de treize ans, doit, comme toutes les petites sorcières de son âge, quitter sa famille quelques temps afin de parfaire son apprentissage. Elle choisit une belle nuit de pleine lune pour prendre son envol du nid familial, en direction d’une ville au bord de la mer, accompagnée de son chat noir Jiji. Arrivée dans une ville correspondant à ses critères, Kiki se rend compte que les citadins ne semblent pas des plus ravis de la voir débarquer sur son balai au beau milieu de la circulation… jusqu’à ce qu’elle rencontre madame Osono, une boulangère au grand cœur qui va lui offrir l’hospitalité en échange de menus travaux et l’assistera dans la mise en place de son service de livraison. Dès lors, Kiki mettra son don magique au service des autres.

     

Le mythe de la sorcière revu et corrigé

Quand on pense à la sorcière dans l’histoire de l’animation, on voit tout de suite une vieille femme édentée pleine de cruauté se préparer à faire du mal autour d’elle, telles celles qu’on aperçoit en général dans les productions Disney. Même si notre magicienne en herbe ressemble un peu à l’idée implantée dans l’imaginaire collectif avec sa robe noire, son balai et son chat noir lui aussi, dans ce film de Miyazaki bien au contraire, les sorcières, incarnées par Kiki et sa mère, sont douces et agréables, au service des autres. La mère se montre douce avec ses voisins et les personnes qui viennent lui rendre visite pour se faire soigner, car elle leur rend service en utilisant ses connaissances afin de leur préparer des remèdes. Quant à la fille, outre son service de livraison, elle fera preuve de qualités altruistes ainsi que d’incompréhension devant des valeurs négatives, comme l’ingratitude ou la méchanceté.

     

Grandir…

L’histoire de Kiki se présente surtout comme un apprentissage. Quitter ses parents, partir loin de chez elle, affronter le monde adulte et les difficultés qu’il représente, tel sera le chemin qu’elle devra parcourir. Kiki la petite sorcière marque donc le passage entre l’enfance et l’adolescence, période où on commence à s’affranchir de sa famille pour se préparer à devenir adulte. Entre ses espoirs de petite fille et la réalité de l’indépendance, l’ambivalence des sentiments de la jeune fille s’effacera peu à peu, en même temps qu’elle prendra confiance en elle-même et en ses capacités grâce à elle-même et ceux qui l’aideront. De même, elle apprendra à gérer des situations nouvelles telles que la peur de la solitude et l’angoisse de ne pas pouvoir assumer ses obligations.

Des jolies choses

Ce qui participe à la féerie de ce petit conte est évidemment sa qualité graphique. Nous avons affaire à une animation certes assez vieille (elle date de 1989) mais qui reste globalement très bonne. Comme dans de nombreux films des studios Ghibli, l’univers très coloré invite d’emblée à se laisser aller sans concession en plein cœur de l’histoire. Le design des personnages assez « doux » apporte également beaucoup. De plus, le décor choisi, un petit port italien avec ses petites ruelles typiques et la proximité de la mer permet des plans superbes qui font voyager et rêver le spectateur. Les escapades célestes de Kiki par exemple sont un vrai régal pour les yeux tant le paysage qui se déroule sous son passage est merveilleusement présenté, le tout avec une grande fluidité.

   

La mélodie du bonheur

La musique tient une place importante dans le film, et pour cause son compositeur n’est autre que Joe Hisaishi, qui a créé de nombreuses musiques pour des Ghibli. On se souviendra particulièrement des bandes originales de Princesse Mononoke et du Voyage de Chihiro. Ici, les mélodies se teintent d’un rythme paisible et nostalgique, à l’image de l’atmosphère italienne du dessin animé. Le fond musical demeure assez discret mais mélodieux. Ce style assez rétro sait pourtant, à certains moments, faire place à une musique plus sombre pour mieux accompagner la situation et faire monter la tension chez le spectateur. Le tout colle bien à l’ambiance du film et donne une impression d’ensemble agréable.

Un doux parfum sucré…

Voilà la sensation qui peut se graver en soi après avoir visionné Kiki la petite sorcière. L’innocence et la gentillesse qui en rayonnent grâce aux personnages de Kiki, de la boulangère et de la vieille dame sont d’un optimisme contagieux. Ce chef d’œuvre laisse le sourire aux lèvres grâce à sa fin heureuse et sa morale affirmant que tout est possible avec de l’amitié et si on croit en soi. On passe un très agréable moment à suivre les aventures de la petite sorcière, d’autant plus que son chat Jiji apporte une petite touche d’humour avec son franc parler. Destiné à tous les publics, ce film a la capacité, comme la plupart des Ghibli, à émerveiller les plus petits et à charmer les plus grands.

 

En bref, si le film sort dans votre cinéma habituel, il serait dommage de le rater sous prétexte qu’il date ! Certes le succès de l’animation japonaise en France reste tardif mais il nous permet de (re)découvrir de jolies fables empruntes de poésie. Et pour les amateurs de nouveautés envieux de se mettre un Ghibli sous la dent, il ne vous reste plus qu’à attendre la sortie de Howl’s Moving Castle, le prochain film de Miyazaki, prévu pour cet été au Japon. Patience, il mettra certainement bien moins de 15 ans avant d’arriver dans nos contrées !

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