Killzone 3

Il y a quelques jours, nous étions invités à la soirée de lancement de Killzone 3. Ben ouais, c’est la crise mec, on ne refuse pas un petit four s’il est servi avec une partie de Laser Game et une session de jeu sur la tuerie du moment. D’ailleurs c’est tellement la crise niveau jeux asiatiques d’intérêt sur PS3 qu’on ne rechigne pas à vous parler de ce Killzone 3, pur produit européen pour le coup. Vous reprendrez bien un cocktail ?

Engagez-vous qu’ils disaient

A chaque génération de console, Sony aime bien développer un jeu de référence dans chaque genre dominant. Et pour le coup, le géant s’en sort en général plutôt bien, hormis en RPG en tout cas. Concernant le FPS, Killzone avait ravi les possesseurs de PlayStation 2. Pour mémoire, on y repoussait l’invasion des Helghasts venus s’implanter sur Terre. Une fois les yeux rouges renvoyés chez eux, c’est au tour de l’armée terrienne d’aller leur botter les fesses à domicile, sorte de match retour qualificatif pour le tour suivant. N’allez toutefois pas croire qu’il s’agit déjà de la finale, vous n’avez pas fini d’entendre parler de Killzone.

D’oppressé, on prenait dans Killzone 2 le rôle de l’envahisseur, sous couvert de la juste cause évidemment. Après tout, l’Histoire est écrite par les vainqueurs et subite par les vaincus. Restait donc à s’assurer que Visari disparaisse avec sa dictature tout droit sortie des sombres pages du fascisme pour raconter aux enfants comment on a libéré la galaxie du mal. Mais avant ça, il fallait investir une planète hostile, aride, jonchée de villes fantômes, parsemée de bidonvilles rudimentaires, le tout défendu bec et ongle par des soldats Helghasts surentraînés et prêts à en découdre. Une guerre sale débutait, à n’en pas douter. Aujourd’hui, Killzone 3 reprend là où son prédécesseur s’était arrété, histoire de terminer le travail et de continuer à faire parler le flingue.

     

Le nerf de la guerre

Une fois bercé par cette ambiance stressante, violente et sans pitié, on comprend vite le parti pris des développeurs : Killzone 3 n’est pas un jeu facile. Sauf bien sûr si l’on s’y attelle en difficulté novice. Au contraire, il impose un rythme oppressant qui ne laisse pas de place au questionnement ni beaucoup de diversité malheureusement. Car les Helghasts, eux, ne font pas de cadeau et l’on comprend à ce moment là ce qu’une IA bien calibrée peut demander comme efforts pour la prendre en défaut. Les Helghasts se protègent, et bien, ils font également preuve d’une grande dextérité autant dans l’usage d’armes à feu que de grenades, voire même au corps à corps où ils prennent un malin plaisir à graver leur nom dans votre chair à coups de couteau. Encore une fois, c’est ça la guerre. Ca fait toujours mal la première fois. Et aussi après remarque. Avec de tels adversaires en face, on pourrait espérer se reposer sur ses coéquipiers. Sauf qu’ils doivent encore avoir le voyage intersidéral dans les jambes car ils se contentent en général du service minimum. Heureusement, la compagne solo peut se jouer en coopération, pour démultiplier notre plaisir.

Plus d’armes, de véhicules à piloter, des ennemis plus intelligents, quelques passages bien délicats à aborder, un scénario aussi simple qu’efficace et des graphismes à se damner, on peut dire que Killzone 3 a sécurisé les bases d’un grand FPS. Certes il n’innove pas vraiment et souffre d’une narration basique mais que c’est bon de se laisser porter par l’ambiance réellement oppressante et tant de moments épiques ! Imaginez-vous en train d’aligner quelques ennemis à l’aide de son dernier chargeur, de lancer une grenade à l’aveugle pour se donner le temps de foncer jusqu’à une autre arme tombée à côté d’un cadavre, de se couvrir derrière un bout de bitume retourné (malgré un système de couverture pas toujours efficace), de jeter un coup d’œil entre deux rafales sifflant au-dessus de la tête, le temps d’ajuster et faire sauter le casque d’un adversaire et de prier pour que les quelques balles désormais restantes aillent vraiment se loger entre ses deux yeux rouges. Au pire, ça se finira au couteau. Pour info, les bookmakers anglais ont tout misé sur les Helghasts.

     

Le plus beau jeu jamais réalisé ?

A peine abordé jusqu’ici dans cet article, rendons à Killzone 3 ce qui lui appartient : un oscar pour les plus beaux graphismes. Enfin c’est tout comme, tant qu’il n’y aura pas d’oscar pour cette discipline. Vous vous souvenez sans doute de la polémique qui avait éclaté il y a quelques années au sujet de la cinématique vendue par Sony comme montrant des images en temps réel mais qui ne l’étaient pas vraiment ? Il est temps de mettre ça de côté, maintenant que Sony a su prouver que son jeu est bien à la hauteur de ses promesses visuelles. Si l’ambiance est si prenante, c’est surtout grâce à une direction artistique aussi éblouissante que cohérente, rendant à merveille le côté « sale guerre » par le biais de textures et d’objets sales, poussiéreux, en désordre, délivrés de leur utilité première. Le joueur visite également la région polaire de la planète Helghast, sa jungle urbaine luxuriante, et une magnifique station spatiale. Cette plaisante variété se retrouve dans le gameplay et ses phases très diversifiées (shooting nerveux au sol, destruction à bord de méchas, de tank, de vaisseau spatial…).

L’expérience solo de Killzone 3 restera vraisemblablement la raison principale de son achat. Pour autant, Guerrilla a aussi pris le temps de livrer un multijoueur solide, jouable jusqu’à 32 et riche de modes classiques mais respectés ainsi que d’un système d’expérience certainement inspiré de l’excellent Call of Duty 4 et permettant de personnaliser son personnage. Ou comment rester scotché encore plus longtemps au pad.

     

A n’en pas douter, Killzone 3 est bien la tuerie du moment sur PlayStation 3. Sony et Guerrilla sont parvenus à livrer un blockbuster FPS même s’il ne se démarque de la concurrence que par son ambiance oppressante et son côté sale guerre savamment utilisé durant la campagne solo. Assez courte, celle-ci demande toutefois beaucoup d’efforts pour se laisser dompter dans les modes difficiles et se voit complétée par un multijoueur solide. Et puis si vous cherchiez un jeu pour montrer pourquoi vous avez préféré investir dans une PS3, voilà le nouveau prétendant au trône.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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