Lost Planet 2

Trois ans qu’on avait foutu la paix aux Akrids et ces charmantes bébêtes pensaient enfin pouvoir dormir sur leurs deux mandibules. Et bien que nenni, Capcom ressort les couverts en nous annonçant plus de machins et plus de trucs un peu partout. Forcément avec toutes ces ambitions, l’attente fût longue et la pelletée de gros trailers n’a pas aidé à nous refroidir. Alors pétard mouillé ou digne suite ? Réponse ci-dessous…

Let’s start

Autant vous le dire tout de suite, le scénario est loin d’être passionnant et bien souvent on se contente de regarder les jolies cinématiques in-game tout en s’impatientant à l’idée de pouvoir dézinguer de l’Akrid et du pirate par péniches entières. Il faut toutefois signaler que 12 années se sont écoulées depuis le précédent opus et que la planète E.D.N. III a autant changé qu’un adolescent en pleine période boutonneuse. Fini donc le froid polaire qui menaçait de vous transformer en glaçon à tout instant si vous ne faisiez pas la course à la thermo-énergie et place à la jungle, au désert, et j’en passe et des meilleures, le tout engendrant des modifications de gameplay fort intéressantes.

Qui dit modifications dit gameplay étoffé, gameplay dont vous pourrez découvrir les subtilités dans le mode entrainement particulièrement bien foutu. Nous avons désormais droit un sprint qui s’effectue en maintenant la touche de combat au corps à corps proposant une caméra rapprochée à la Gears of War, idéale pour se sortir de situations difficiles. Il est également possible de se remettre de la vie en cours de partie en appuyant sur… Start, pour peu que l’on ait en stock de la thermo-énergie que l’on peut également transmettre à ses partenaires en manque via un pistolet de la mort (en voilà une idée qu’elle est bien). Certains pourront également se la jouer mécano en réparant les VS endommagés de leurs copains en mitraillant la touche carré et s’accrocher dessus tel un éboueur sur son camion de bon matin tout en continuant à canarder tout ce qui bouge.

     

C’est le mec de ton dîner ? Il serait pas un peu con dis-moi ?

Le mode campagne vous proposera de vivre cette fois l’aventure à travers les yeux de différentes escouades et se trouve aussi segmenté que celui de premier opus. Les zones à nettoyer pour passer aux suivantes sont donc relativement courtes mais pas dénuées d’action. Six épisodes ainsi divisés en plusieurs chapitres aux univers variés : jungle, désert, prison et autres environnements de nuit sous la pluie seront vont amis pour cette aventure.

Il est par contre très regrettable que l’I.A des bots vous accompagnant et des ennemis humains soit proche de celle d’un bâton de surimi. En effet, une fois sur deux un adversaire pourtant à un mètre de vous ne daignera pas vous tirer dessus alors que les snipers par exemple vous headshoteront avec la précision d’un Lucky Luke des grands soirs, et cela de manière assez frustrante voire déplorable. Certains VS ennemis (mais si vous savez, les gros mechas) ne sont pas beaucoup plus malins et se laisseront parfois allumer sans riposter jusqu’à être bons pour la casse, ou encore se coincer dans les décors telles des mouches dans un verre de bière. L’I.A des Akrids est par contre en général plus au point et il apparaît donc comme évident que Capcom a préféré miser sur ceux qui sont la marque de fabrique de la série.

Les Akrids, venons en justement. Car si le bestiaire n’est pas beaucoup plus étoffé que dans Lost Planet premier du nom, la claque vient clairement des boss. Leur taille est absolument démesurée et les combats qui nous opposent à eux sont en apparence dantesques. En apparence oui car il faut bien le reconnaître : il ne se passe au final pas grand chose et les fights nous opposant à eux sont plutôt ennuyeux même si la mise en scène est énorme.

     

Les plus de Monsieur Plus

Heureusement le mode campagne est jouable à quatre en coopération, ce qui permet d’ajouter un côté tactique vraiment intéressant (en laissant les tirs amis c’est encore mieux) en comptant sur autre chose qu’un bot stupide pour venir à bout des missions et renforce réellement l’intérêt du jeu. Et puis gueuler sur un pote qui vous a malencontreusement collé une grenade disque sur l’épaule c’est mieux que sur un bot ! Autre nouveauté de taille : Lost Planet 2 affiche une jauge de combat. Celle-ci se remplie en activant les poste de contrôle et vous apporte ainsi des points. Lorsqu’un membre non-bot de votre équipe meurt (et heureusement que ça ne compte pas quand ça les concerne…), celle-ci diminue. Et lorsqu’elle arrive à zéro, c’est le game over et vous pouvez tout recommencer. Autant ça risque de vous saouler grave, autant ça apporte une dimension tactique non négligeable, vous recommandant de ne pas rentrer dans le lard comme un porc. Vous devrez ainsi user de subtiles tactiques comme par exemple un gars qui avance avec son énorme bouclier tandis que les autres shootent derrière lui. Ou quelqu’un équipé d’un VS déglinguera ce qu’il peut et se fera réparer par ses collègues lorsqu’il sera trop endommagé. Les possibilités sont nombreuses et ça contribue pas mal au trip coopératif vraiment réussi.

Certains diront que l’histoire que l’on vit à travers les différentes cutscenes tient sur une feuille de rouleau de PQ et ils ont raison. Mais à vrai dire ce n’est pas ce que l’on demande à ce type de jeu et malgré ses défauts indéniables, le mode campagne de Lost Planet 2 dispose d’une excellente rejouabilité pour les amateurs de scoring qui voudront clôturer tous les chapitres en difficile, en rang S et ainsi prouver au monde qu’ils sont des roxors.

La section entrainement est très complète ; nous avons droit à des parcours chronométrés à la Mirror’s Edge ou Prototype qui offrent la possibilité de réveiller le Spiderman qui sommeille en nous en nous faisant travailler notre lancé de grappin et notre roulade de manière optimale. Les phases de tirs permettent d’augmenter la précision en allumant des cibles projetées en l’air tels des pigeons d’argile. Et enfin pour finir nous avons les arènes à l’ambiance survoltée où nous en mettrons plein la gueule à différents bots et dans différents modes assez intéressants car cela permet de bien se rendre compte des déséquilibres au niveau de l’I.A.

     

Résolument tourné en ligne

Comme nous le disions précédemment, si la campagne solo est vraiment moyenne, il n’en est rien des différents modes de jeu en ligne qui régaleront pendant des mois entiers les amateurs du genre. Les classiques Elimination en équipe et « Elimination « chacunpoursaggle » sont toujours de mise et faire un bon carnage à coups de + 500 points à bord d’un bon gros VS, ça n’a pas de prix. Capture de Poste fait aussi dans le gros standard mais ça marche. Posséder, défendre et voler le plus de postes dans un laps de temps imparti est toujours un régal, surtout quand l’armement est aussi fourni que dans ce Lost Planet 2.

Un nouveau mode fait également son apparition : le mode Domination dans lequel il faut choisir de défendre les couleurs de l’une des 5 escouades proposées pendant une semaine au bout de laquelle toutes les parties jouées dans le monde sont décortiquées pour savoir qui own le plus. Je n’ai par contre pas réussi à joindre de partie dans les modes Escorte et Bataille d’oeuf Akrid mais au moins maintenant vous savez qu’ils existent.

Dernier point qui fera plaisir aux fans de tuning : Capcom a intégré d’immenses possibilités de personnalisation de son personnage, aussi bien dans les fringues que dans les slogans ou emotes que l’on pourra afficher dans le jeu. Voilà qui prouve encore une fois l’importance qui a été donnée au multijoueur de Lost Planet 2.

Beau comme une libellule sauce napalm

Comme vous avez pu le constater avec les multiples trailer diffusés par Capcom, Lost Planet 2 est visuellement réussi. Tout ça graçe à la magie du MT Framework 2.0 ayant déjà oeuvré dans Resident Evil 5 par exemple. Sauf que là tout est vraiment immense, qu’il y a du monde et que ça pète de partout. Hélas quelques ralentissements sont à signaler de temps à autres et les textures de certains personnages en gros plan font un peu piquer les yeux. Pour le reste c’est du tout bon et les effets d’explosions sont juste incroyables. Le design global se montre d’ailleurs de qualité avec des VS au look d’enfer. Mention spéciale notamment à un nouveau gros bébé métallique permettant de faire monter 2 potes dans des espèces de tourelles équipées de mitraillettes posée sur chaque « épaule ». En coop’ c’est tout juste énorme. A noter que les musiques relèvent bien les moments épiques mais que les voix sont restées en anglais sous-titré en français. M’enfin si ça nous évite des doublages ringards…

A noter que cette version PS3 se distingue par une longue installation obligatoire qui prendra tout de même pas moins de 15 minutes et 4,6 Go d’espace disque. Un détail que ne fera que chatouiller les possesseurs de PS3 Slim 250Go mais bon, il serait temps que Capcom prenne des cours d’optimisation.

Comme vous l’avez compris, Lost Planet 2 est un jeu à posséder pour ceux qui veulent avant tout s’amuser en ligne car s’il est évident que le bât blesse en solo avec une IA des personnages humains honteuse qui restera dans les annales. Capcom se rattrape de manière magistrale en multijoueur avec une campagne que l’on recommande chaudement de faire à 4 (ouh que c’est bon) mais aussi dans les autres modes de jeu en ligne particulièrement jouissifs. A posséder donc pour peu que l’on joue sur internet car le split-screen réduit fortement le champ de vision déjà bien rempli par bon nombre d’explosions. Au final le problème avec Lost Planet 2, c’est qu’il est tellement bon à plusieurs que le fait de s’y mettre tout seul le rend extrêmement fade. A double tranchant donc…

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