Lucky Star

Après le succès de « La mélancolie de Suzumiya Haruhi », le petit studio Kyoto Animation revient sur le devant de la scène avec l’adaptation en série TV du comic strip « Lucky Star » de Kagami Yoshimizu. S’inscrivant dans le même registre que « Azumanga Daioh » ou encore « Strawberry Marshmallow », cette série se révèle être la série incontournable du cru printemps 2007 aux côtés de Gurren Lagann. Revenons sur ce phénomène qui n’a pas fini de faire parler de lui !

Lucky Star, la série dédiée aux otakus

Konata Izumi, une lycéenne de 17 ans, à tout pour plaire (enfin presque) : elle est athlétique et intelligente et pourtant elle ne fait partie d’aucun club. De caractère paresseux, elle ne fait jamais de sport car les réunions de club l’empêcheraient de regarder ses animes ou bien de lire ses manga. Ses notes se révèlent catastrophiques car elle passe son temps à jouer à ses MMORPG et néglige par conséquent ses études. Contre toute attente, elle se montre très douée pour réviser la vieille des examens et réussir l’épreuve. Miyuki Takara, Kagami et Tsukasa Hiiragi, ses amies, la suivent dans son quotidien où elles se questionnent sans cesse sur l’inconnu ou sur des points qui peuvent nous paraître très ordinaires.

La série est centré sur quatre lycéennes âgées de 17 ans : Konata Izumi, Kagami Hiiragi, Tsukasa Hiiragi et Miyuki Takara. Comme toute série de « tranches de vie », Lucky Star ne possède pas d’intrigue de fond et s’attarde sur les aléas de la vie de nos quatre élèves. Chacune d’elles possède un caractère bien distinct et on retrouve bien évidemment certains clichés du genre. En effet, entre Konata, l’otaku de service, Kagami la sérieuse, Tsukasa l’étourdie et Miyuki l’image même de la « moe attitude», on dispose d’une palette de personnalités bien diversifiées.

Des personnages attachants

A cause de sa petite taille et de sa constitution peu développée, on a du mal à croire qu’elle est âgée de 17 ans. Souvent immature et fainéante, Konata, ou Kona-chan pour les intimes, représente l’héroïne de la série. Sa mère étant décédée lorsqu’elle était très jeune, elle vit seule avec son père, lui aussi otaku et fan de jeux érotiques. Comme je le disais plus haut, elle adore les manga, les animes et les jeux vidéos. A cause de cela, sa manière de penser se retrouve fortement influencée par ses passions. Elle compare sans arrêt des choses anodines de la vie réelle avec des références issues de ses loisirs virtuels. Une autre de ses activités favorites repose sur le fait de jouer avec les nerfs de Kagami… et elle la titille dès qu’elle en a l’opportunité. Les tensions qui en résultent forment un duo des plus explosifs ! Sinon, pour pouvoir assouvir ses nombreux achats, elle trouve très vite un emploi au sein d’un café cosplay.

   

Kagami, la sœur aînée et jumelle de Tsukasa constitue le deuxième personnage important de Lucky Star. Bosseuse, elle excelle dans ses études, toutefois elle ne brille pas dans les tâches ménagères. Elle partage la même passion de Konata, le jeu vidéo, à une chose prés : son genre préféré est le scroll-shooting. Son processus de pensée correspond à celui d’une personne « normale » et la pousse souvent à se moquer de Kona-chan. C’est le stéréotype même du personnage sérieux et rationnel. Mais elle dispose aussi d’un caractère très combatif voir excentrique et, selon les situations, elle pourra même devenir affectueuse et mielleuse.

Quant à Tsukasa, bien qu’elle ressemble physiquement à sa jumelle, elle représente l’exact opposé psychologiquement : ni sportive, ni studieuse mais rayonnante dans l’art culinaire. De caractère très gentil et maladroit, elle possède une attitude très tolérante et ouverte face à la bêtise de Konata. Sa personnalité plutôt effacée ne marquera pas les esprits et sert avant tout de faire valoir à sa sœur pour en faire notre otaku préférée.

Miyuki Takara fait figure de l’élève modèle par excellence : belle, intelligente et très polie. Issue d’une famille aisée, elle a reçu une éduction exemplaire et emploi donc un langage extrêmement civilisé, même avec ses amies proches. Ses camarades de classes font souvent appel à elle pour les aider dans leurs devoirs ou bien pour connaître la définition d’un mot. Elle réussi toujours à leur donner satisfaction en leur donnant des réponses dignes d’une encyclopédie. Son physique et ses attitudes « so cute » font qu’on la compare souvent à une « moe » à lunettes. L’une de ses caractéristiques est qu’elle a une peur bleue du dentiste et des lentilles de contact.

   

Il ne faut pas oublier non plus le rôle des protagonistes secondaires qui donne plus de profondeur à la série. On y trouve Nanako Kuroi, la prof délurée et quelque peu « geek » sur les bords. En dehors du lycée, elle passe son temps à jouer aux MMORPG avec Konata. Et au grand dam de Kona-chan, Nanako lui dit sans cesse d’arrêter de jouer et d’étudier. Son attitude nonchalante et toujours gaie fait que tout le monde l’apprécie et la considère plus comme une amie que comme une enseignante. Célibataire, elle se lie d’amitié avec Yui Narumi, la cousine de Kona-chan à la suite d’un quiproquo : elle croie que celle-ci n’a pas d’homme dans sa vie. Yui Narumi, autre personnage emblématique, travaille en tant que policière et agit souvent sans réfléchir à ses actes. On découvre très vite qu’elle possède d’incroyables capacités de conduite et qu’elle ne supporte pas qu’on la double. Son mari étant fréquemment absent, elle passe pas mal de temps chez sa petite cousine. Elle adore la bière et il lui arrivera de débarquer complètement ivre dans la maison de Kona-chan. La liste ne se résume donc pas aux personnages principaux car pas moins d’une vingtaine de protagonistes font leur apparition dans l’anime, et je vous laisse les découvrir par vous-même.

Des tranches de vies peu conventionnelles

Certains téléspectateurs pourront froncer des sourcils sur les questions que se posent nos 4 amies et les débats qui s’ensuivent. Pourtant leurs visions de la vie apporte une bouffée d’air frais et fait tout le charme de la série. A l’instar de Azumanga Daioh ou Strawberry Marshmallow, Lucky Star aborde la vie quotidienne de manière non conventionnelle. En effet, ce qui fait la force de cette série, c’est sa manière à parler du côté otaku de Konata. Grâce à celle-ci, tout ce qui touche de près ou de loin au monde de la japanimation et des jeux se trouve traité : manga, romans, anime, cosplay, conventions, jeux érotiques, drama, goodies, mmorpg, etc. Aussi, de nombreux clins d’œil à des titres connus sont présents dans la série, même s’ils y sont glissés subtilement. Ils apparaissent sous diverses formes : réplique de personnage, sonnerie de téléphones, figurines, peluches, couverture d’un manga et même un bus à l’effigie de Suzumiya Haruhi. On constate également de nombreuses références avec la culture et l’actualité japonaise que je ne vous énumèrerai pas tant la liste est longue ! Autre point fort de l’anime, son humour très décalé qui contribue grandement à nous immerger. A première vue, on a principalement droit à de l’humour compréhensible uniquement par les otaku. Cela dit, les réactions fougueuses de Kagami, les gaffes de Tsukasa ou encore la maladresse de Miyuki permette de nuancer le tout, et d’adresser l’anime à un public plus large. Il faudrait être imperméable pour ne pas rire jusqu’au larmes à toutes leurs séries de gags.

Le comic strip à succès

A l’origine Lucky Star est un “yon koma” (comi strip) de 4 cases créées par Kagami Yoshimizu. Celui-ci est publié dans le Comptiq de Kadokawa Shoten depuis janvier 2004 et dans divers magazines tels que le Shônen Ace, Newtype, CompAce, Dragon Magazine, Mobile Newtype et Kadokawa Hotline. Depuis, l’éditeur Kadokawa Shoten s’est décidé à prolonger l’expérience en publiant la série au format relié. Le manga comporte aujourd’hui 5 volumes. L’engouement est tel que plusieurs jeux vidéos à son effigie voient le jour sur la Nintendo DS et PS2 et qu’une série TV a été réalisé par Kyoto Animation. On compte au total 24 épisodes de 25 minutes diffusés d’avril à septembre 2007 sur la chaîne japonaise Chiba TV. A noter qu’un OAV est actuellement en cours de préparation et sortira en 2009.

   

Au sein de l’équipe technique, on retrouve le compositeur Satoru Kousaki (Kannagi Crazy shrine maidens, La mélancolie de Suzumiya Haruhi) et le réalisateur Yutaka Yamamoto. Celui-ci avait auparavant participé sur certains épisodes de la série «La mélancolie de Suzumiya Haruhi». Au poste du character design, il s’agit de Yukiko Horiguchi qui a collaboré à l’animation dans les séries suivantes : Air, Clannad et Kanon. A noter qu’après le quatrième épisode le réalisateur a été remplacé par Yasuhiro Takemoto. La direction trouvait le rythme trop lent. Et ça se comprend : le premier épisode débute tout doucement avec son débat sur la nourriture. Mais ne vous inquiétez pas car après ce changement, la suite s’avère très dynamique et addictive au point qu’on ne peut plus s’arrêter avant d’avoir visionné le dernier épisode.

Tout comme JC Staff, Kyoto Animation a risqué gros en nous proposant une série sans réel fil conducteur. Adapté des sketches en anime se révèlent très audacieux surtout à cause de son format d’origine difficilement ajustable. Mais le studio s’en sort très bien et réussi avec brio à construire un univers très attachant et crédible. On distingue très vite le caractère de chaque protagoniste et on suit avec attention leur évolution au sein de l’anime. Certains d’entre nous soulèveront le fait qu’une fois que les personnages sont bien implantés, quelques longueurs sont à déplorer. Toujours est-il que Lucky Star ne manque pas de punch grâce au duo comique Konata/Kagumi.

Une animation complètement déjantée

Techniquement, le studio ne lésine pas sur les gros moyens et nous en met plein la vue avec un générique de début totalement déluré digne de l’anime Hare + Guu. La série bénéficie d’une animation très fluide et d’un character design très fidèle à l’œuvre originale. Le rendu visuel s’avère très mignon et attractif même si l’apparence physique de tous les personnages ressemblent plus à celle des collégiennes qu’à des lycéennes. Les décors ne regorgent pas de détails mais l’essentiel de Lucky Star repose sur sa façon de raconter ses sketches. Chose rare, la musique se fait plutôt discrète et ne prend que tout son ampleur lors des génériques de début et de fin. L’opening « Motteke ! Sailor Fuku » est chanté par Aya Hirano (seiyû du personnage Suzumiya Haruhi), Emiri Katô, Kaori Fukuhara et Aya Endo. A l’instar des autres séries, Lucky Star ne propose pas de réel ending. Il offre en revanche de l’épisode 1 à 12 une chanson chantée par l’une de nos quatre amies dans un karaoké. On y retrouve des génériques connus comme celui de Dragon Ball Z, Full Metal Panic ? Fumoffu ! et Doraemon. Les 12 autres ending mettent en avant Minoru Shiraishi et Akira Kogami, chantant en live action. Petite originalité, avant chaque fin d’épisode, on a droit à un mini-show télé intitulé « Lucky Channel » animé par l’idole Akira Kogami et son assistant Minoru Shiraishi. Le ton donné à ce mini-show prend une tournure plus mature et cynique. On assiste progressivement au changement de comportement de Akira, qui face au succès que rencontre son assistant, devient exécrable voir invivable.

Il est vrai que ce Lucky Star n’est pas une série pour grand public. Cependant on peut l’apprécier à sa juste valeur sans connaître toutes les références qui y figurent. Car pour peu que vous soyez fans de tout ce qui touche de près ou de loin à la japanimation, n’hésitez plus et laissez vous convaincre par la fraîcheur de Lucky Star.

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