Lupin III : Le Château de Cagliostro

Lupin the third ou Edgar de la cambriole ; ces deux noms ne doivent pas vous être inconnus si vous avez plus de 20 ans. Ce personnage, né de l’imagination de Monkey Punch et fortement inspiré du Arsène Lupin de Maurice Leblanc, a su attirer la sympathie du public malgré son métier peu reluisant : voleur. Et en matière de vol, Edgar s’y connaît ! Découvrez Le Château de Cagliostro, issu de la collaboration entre Monkey Punch et Hayao Miyazaki.

Un voleur au secours d’une princesse

Au sortir d’un casino de Monaco qu’ils viennent de dévaliser, Edgar et son complice de toujours Jigen se rendent compte que tout l’argent qu’ils ont dérobé est faux. Une rapide déduction les amène à suspecter la principauté de Cagliostro d’être l’instigateur de tout un réseau de fausse monnaie. Foi de cambrioleur, Edgar ne compte pas se laisser faire sans rien dire. Le voilà à Cagliostro, où il se met en tête de voler la princesse à quelques jours de son mariage avec le comte de Cagliostro, et pourquoi pas en finir avec son trafic de fausse monnaie. Très rapidement, Edgar découvre un complot beaucoup plus grand que ce à quoi il pensait devoir s’attendre et la police s’en mêle, l’occasion de revoir ce bon vieil inspecteur Lacogne. Heureusement, Edgar peut compter sur ses complices autant que rivaux, Jigen, Goemon et Magali.

     

Edgar pour enfants

Mangaka de l’œuvre originale, Monkey Punch a très vite instauré son style unique et hautement caractéristique. Mais hormis le style graphique que l’on reconnaît entre mille, c’est le ton relativement mature qu’il a insufflé à Lupin (Edgar) qui a longtemps caractérisé son manga et la série animée qui a suivi. Cependant, alors que son œuvre marchait très bien auprès d’un public assez grand, les producteurs ont désiré élargir son audience et notamment l’ouvrir à un public plus jeune. En faisant appel à Hayao Miyazaki, Tokyo Movie Shinsha a semble-t-il eu le nez creux, car celui que l’on reconnaît aujourd’hui mondialement comme l’un des tous meilleurs réalisateurs japonais de films d’animation n’était à l’époque qu’un tout jeune réalisateur. Miyazaki s’est donc confronté à un mythe au Japon car Lupin III constituait l’un des piliers du manga et l’animation à l’époque, avec pas moins d’un manga, d’un long métrage et d’une série animée qui en était rendue à sa deuxième saison.

Pour autant, Miyazaki ne s’est pas démonté et Le Château de Cagliostro figure en bonne place dans son palmarès de réalisation. Plus encore, ce film se place complètement dans une optique plus enfantine que l’œuvre originale et ses différentes adaptations, ce qui inspire à Monkey Punch lui-même les mots suivants : « Cagliostro n’a rien à voir avec ma création ». Mais n’allez pas croire que le vieux mangaka renie ce film, au contraire il a permis d’accroître en plus la renommée internationale de son personnage. Forcément, on n’y voit moins d’action violente et plus de gags, de cascades et de frivolités qui favorisent l’hilarité.

     

En tant que premier long métrage de Miyazaki, Le Château de Cagliostro témoigne déjà de la patte artistique du réalisateur que l’on admire tant aujourd’hui. Si les personnages de Monkey Punch ne manquent pas de ressemblance avec leurs modèles originaux, force est de reconnaître que tous les nouveaux personnages s’écartent du chara-design d’origine pour mieux se rapprocher des créations du maître. Cagliostro offre donc un spectacle visuel situé à mi-chemin entre l’imagination loufoque de Monkey Punch et l’intarissable créativité de Miyazaki, le tout renforcé par les compétences de Yasuo Otsuka à l’animation, particulièrement bonne pour l’époque (1979).

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A PROPOS DE L’EDITION DVD :

En grand détenteur des droits de la licence Edgar, Taifu Video s’est donné les moyens d’assurer une très belle édition collector du Château de Cagliostro. Les bonus y abondent littéralement, avec pour commencer un artbook bourré de croquis préliminaires et de quelques textes présentant Hayao Miyazaki et une réplique en A3 de l’affiche japonaise du film. A l’intérieur du digipack malheureusement assez bas de gamme se loge un mini livret introduisant brièvement le film et Monkey Punch, et surtout deux DVD savamment remplis : le film en VO sous-titrée en français, en VF avec un doublage de bonne qualité hormis quelques voix vraiment à côté de la plaque, quelques galeries, des interviews (Monkey Punch, Yasuo Otsuka, Kazuhide Tomonaga) et le film en version multi-angles où l’on peut passer à volonté entre le film final et son storyboard. Original.

Sortie : 7 décembre 2006

Prix conseillé : 35 €

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Malgré un scénario on ne peut plus basique, Hayao Miyazaki est parvenu à recréer de toutes pièces un univers à la fois proche de l’œuvre originale et s’en éloignant suffisamment pour permettre à sa propre inspiration artistique de prendre sa pleine mesure. Sans être le plus fidèle épisode de Lupin, Cagliostro marque une étape marquante dans la carrière de Miyazaki et se doit donc de figurer dans votre collection si vous appréciez les films du studio Ghibli.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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