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CONFéRENCE EUREKA SEVEN (Page 7/10)
M. Minami est le fondateur du Studio Bones. Il a eu le plaisir de produire des œuvres (environ 24 au total) dont certaines ont eu beaucoup de succès auprès du public comme Cowboy Bebop, Escaflowne, Fullmetal Alchemist et donc Eureka Seven.
M. Kyoda a, quant à lui, travaillé sur le film de Rahxephon, Fullmetal Alchemist, la série Eureka Seven et maintenant le film d’animation.
Il a débuté sa carrière comme graphic designer puis grimpé les échelons jusqu’à devenir réalisateur.
(Les présentations faites, les questions commencent)
Comment s’est passée la sortie du film au Japon ?
Le film est sortit en avril 2009, presque trois ans après la fin de la série TV. Nous avons donc eu du temps pour travailler sur le projet mais étions néanmoins anxieux de voir l’accueil qui lui serait réservé. C’était une première, sans doute cela a-t-il aidé, mais on a constaté devant les cinémas qu’il y avait beaucoup de monde avant la projection qui faisaient la queue à l’extérieur et que les gens sortaient de la projection avec à priori un grand sourire ce qui nous a fortement rassuré.
Pouvez-vous nous présenter l’histoire et le projet du film ?
Il faut bien comprendre que même s’il y a une série télévisée avant, le film n’est pas une simple reproduction, un condensé ou un résumé de la série TV. Bien sûr nous sommes partis de ce qui avait été fait dans la série TV mais nous avons tout remis à plat que ce soit au niveau des images et de la narration. Même si nous nous en sommes inspiré, nous avons vraiment créé quelque chose de nouveau. Le film a son existence propre même s’il vient après la série TV.
On est habitué à voir des films de montages de série TV. Pourquoi sur ce film avoir fait une œuvre originale ?
La première raison, qui est essentielle, est que la série TV comporte 50 épisodes. Il était donc impossible vu la matière disponible de faire un simple montage, car le résultat n’aurait pas été cohérent. C’est aussi la raison pour laquelle cela nous a pris trois ans. Notre point de départ était de conserver la relation particulière entre Eureka et Renton. En conservant l’essence même de ce point de départ, nous avions le sentiment de pouvoir réaliser un film différent et en même temps complètement nouveau. Ca nous a pris trois ans mais ce fut notre façon de travailler avec le réalisateur.
Quels thèmes vous ont servis de base pour l’histoire ?
Il y a deux thèmes essentiels : le robot qui doit combattre et l’histoire qui se déroule entre un homme et une femme. C’est donc sur deux niveaux que l’histoire se déroule et l’essentiel est de savoir comment les deux se relient et se mélangent.
Est-ce qu’à l’origine vous envisagiez d’exporter le film ?
La série TV a été exportée et diffusée dans de nombreux pays. C’est pourquoi dès le départ nous avions l’envie, le projet et l’espoir que le film aurait une distribution internationale.
Quand on fait un film comme celui-ci, tiré d’une série, est-ce qu’on pense le film pour un public nouveau, en se disant que le long métrage attirera peut être les gens qui ne regardent pas les séries, ou bien est-ce pour les fans?
Alors… je suis le réalisateur, donc responsable de la partie artistique et non pas financière. Ceci dit, j’ai pensé à tous les fans qui avaient suivit avec un accueil chaleureux la série télévisée. Néanmoins, grâce au film, j’espérais pouvoir toucher un nouveau public comme par exemple les personnes qui passeraient devant le cinéma et qui verraient ça (comme un achat d’impulsion).
Pourquoi en japonais le titre s’écrit-il Eureka seveN, avec la majuscule sur le N final ? Y-a-t-il un rapport avec le pistolet Five-seveN ?
(Le producteur ne veut pas répondre et confie la réponse au réalisateur).
Non, il n’y a pas de raison au niveau du sens je dirais. Simplement au niveau graphique, visuel, nous avons estimé que d’écrire le titre comme ça était plus séduisant.
Pourquoi le titre international du film est-il différent du titre japonais ?
En effet, la version internationale aura un sous-titre différent pour quelques raisons sur lesquelles je ne préfère pas m’étendre aujourd’hui.
Tous les personnages, les robots peuvent surfer dans les airs grâce au "trapar". Comment cette idée vous est-elle venue ?
Si vous vous souvenez, dans le début de la série, il y a des apparitions de bateaux qui ont la forme d’aéronefs et qui ne volent pas vraiment comme un avion en utilisant l’aérodynamisme, etcetera… mais qui plutôt flottent en l’air comme s’ils étaient sur de l’eau. C’est à partir de là et avec la complicité de Shoji Kawamori (note : le chara designer) qu’on a eu l’idée d’étendre cette possibilité de surfer dans les airs à tous les robots. Egalement, le concept de robot qui se transforme en avion et qui s’envole est connu (Rires. Ils font se lever la personne qui pose la question pour qu’il montre à l'assemblée son T-shirt "Transformers" et ainsi le prouver). Nous avions donc envie de faire quelque chose de nouveau.
Pourquoi le design d’Eureka change de façon si particulière dans la deuxième partie de la série ?
Le fait de changer le design d’un personnage peut présenter un risque mais il était cohérent dans ce cas précis car il permettait de montrer l’évolution du personnage, parallèlement à celle du robot. Cela nous semblait vraiment cohérent et nécessaire.
Il faut aussi préciser qu’au Japon, il y a une habitude, une coutume, une légende qui veut que quand une jeune femme voit son amour finir, quand son amoureux la quitte, elle se coupe les cheveux. C’est une transformation physique pour envisager, peut être, un autre amour. Cette idée a été prise aussi en considération pour le nouveau design d’Eureka.
Parce que je n’aime pas le second design…
Je vais vous raconter une petite histoire qui n’appartient normalement qu’à l’équipe mais le premier design comportait beaucoup de traits. Techniquement parlant, on a un certain nombre de membres de notre équipe qui nous on dit « Si vous changez de design, est-ce que vous auriez la gentillesse d’enlever un certains nombre de traits ? Cela nous permettraient, au niveau de l’animation du robot, de faire beaucoup plus de gestes différents et d’aller beaucoup plus vite ». Donc voilà, ce sont des petits détails techniques mais qui ont aussi eu leur importance dans l’élaboration du nouveau design.
Eureka et Renton sont amis d’enfance dans le film. Pourquoi cette innovation, ce changement majeur par rapport à l’histoire originale ?
Pour le film, nous sommes partis sur le principe qu’ils se connaissaient déjà. Nous n’avons pas voulu reprendre toute cette partie là. Dans la seconde partie de la série TV, c’est un fait acquis. Pour le film, on a voulu considérer cela comme déjà acquis aussi, ce qui nous a permis de passer à autre chose.
Tout cela pour dire que le film est une version alternative de la série avec des thèmes présents mais une narration et un scénario tout à fait différents.
Après la série TV d'Escaflowne vous avez fait un film d’animation qui s’est révélé plus sombre, beaucoup plus adulte. Est-ce justement la même chose avec Eureka Seven ?
C’est vrai qu’il y a eu une volonté à l’origine de faire quelque chose de plus tourné vers les adultes. Pour Eureka Seven nous n’avons pas eu du tout cette préoccupation. Ce qui nous a guidé c’est plutôt l’idée non pas de changer l’âge du public mais de faire quelque chose qui prend aux tripes, qui prend au cœur. On a voulu jouer sur la sensibilité. Donc ça s’adresse peut être au même public que la série TV mais nous n’avons pas eu cette préoccupation de faire quelque chose de plus adulte.
Est-ce que le fait de travailler sur un film vous octroie plus d’argent et est-ce que ce supplément d’argent vous permet de penser la mise en scène différemment de celle d’une série TV ?
Ce n’est pas une différence de budget (même si c’est vrai qu’il y en a une) qui a déterminé la réalisation mais plutôt la différence de format d’exploitation. Le grand écran permet d’envisager la réalisation de manière un peu plus différente surtout au niveau des actions qui se situent dans les airs. J’ai d’ailleurs souvent pensé aux montagnes russes.
S’il y a une différence de budget, ça se traduit en nombre de personnes qui travailleront sur le projet, notamment au niveau de l’animation de toutes ces scènes aériennes. Un détail important au niveau technique qui doit se ressentir dans l’image : la plupart des films japonais avec des combats aériens nécessitent une grosse assistance par ordinateur. Ici, les dessins sont fait à la main grâce à la possibilité financière d’avoir plus de monde. Au Japon, c’est quelque chose qui tend à disparaître et Eureka Seven sera peut être l’un des derniers films a avoir été réalisé ainsi, à la main.
Quels liens y-a-t-il entre Xam’d : Lost Memories et Eureka Seven qui sont deux excellentes séries, mais presque miroir selon moi ?
Il n’y a pas forcément de lien direct. Le point commun est la façon de les concevoir. Comme les deux projets sont originairement de Bones, le studio est libre dans son approche et sa réalisation.
Est-ce qu’il y a un style Bones ? Comment pourrait-on le définir ?
C’est une question très difficile. Personnellement, j’ai ressenti chez Bones une grande capacité à réunir à la fois le plus grand nombre et les meilleurs créateurs d’animation. Plus que de parler d’un style particulier, c’est cette capacité qui m’a séduit le plus dans Bones.
Sur le dernier épisode de la série TV, on a une ambiance assez différente de ce qui s’est passé avant. Qu’est-ce qui a motivé ce changement ? Personnellement, ça m’a beaucoup fait pensé à la série d’OAV Gunbuster (Top Wo Nerae)de la Gainax.
C’est difficile car vous posez ici une question touchant au secret de fabrication. Je vais vous répondre honnêtement quitte à me faire un ennemi de mon producteur à côté (Rire). Pour le dernier épisode, nous ne disposions pas des mêmes moyens, aussi bien financiers qu’en terme de temps, pour réaliser quelque chose qui soit dans la continuité exacte. Nous avons donc du faire quelque chose de différent, d’un peu plus rapide et simple.
Est-ce pareil de produire un film tiré d’une série TV et un long métrage comme Sword of the Stranger ? Quelles différences peut-il y avoir ?
En tant que producteur, il y a une différence fondamentale. Il faut prendre en compte le fait qu’une série TV est diffusée gratuitement toute les semaines, alors qu’un film est payant et nécessite une action volontaire de la part du spectateur qui se déplace jusqu’au cinéma.
Dans la conception de l’un ou de l’autre, l’approche est différente. Pour le film, la démarche principale est de se concentrer pour mieux faire passer le message.
Avez-vous des droits de regard sur l’image papier et les produits dérivés d’Eureka Seven ?
D’une manière générale, nous contrôlons tout ce qui entoure le film (goodies et autres) et en particulier pour Eureka Seven.
Pour l’instant, ça a été réservé pour le Japon, mais il y a un T-shirt et des figurines qui sont sortis et c’est quelque chose que nous contrôlons.
La première partie de la série est très humoristique, à la différence de la deuxième partie, assez noire. Il y a pourtant une exception : l’épisode 39 où tout l’équipage joue au football. Pourquoi avoir crée un tel épisode et l’avoir incorporé à ce moment là ?
(Rires) Cet épisode est en fait une petite joie personnelle que nous nous sommes offert. Beaucoup de personnes sont fondues de foot dans l’équipe et en gros, pour vous dire, quand il y a la coupe du monde de football à la télévision, tout le monde s’arrête même carrément de bosser ! Donc c’est uniquement par plaisir personnel qu’on s’est permis d’inclure ce petit clin d’œil dans cette partie plus dramatique.
Merci ! Vous pouvez applaudir M. Kyoda et M. Minami. Le film sera présenté ce soir à 19h30 à la Maison du Japon à Paris en leur présence. En attendant, ils seront à 12h30 en dédicaces juste à côté pour ½ heure et vous pourrez vous faire dédicacer le poster du film d’Eureka Seven . Merci à vous pour les questions et à bientôt !
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C’est ainsi que s’achève l’une des conférences des plus intéressante de la Japan Expo 2009. Messieurs Minami et Kyoda on gardé un sourire et une bonne humeur sympathiques à voir durant toute la durée de l’intervention. Le traducteur et le maître de cérémonie n’étant pas en reste et tout aussi efficaces. Merci à eux !
Report réalisé par Gally
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