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  MIYA ET RENO

Au cours d’une magnifique journée du FIBD 2008, je fus attiré par une bonne odeur d'encre et de papier au stand Pika. Deux dessinateurs, Miya et Reno dédicaçaient et discutaient tranquillement avec leurs fans. Une belle occasion pour découvrir un peu mieux qui se cache derrière les auteurs de Vis à vis et Dreamland.
 
     
 


Webotaku : Quels sont vos parcours professionnels ?

Miya : Ecole à Lyon, dans un style très académique qui m’a donné les bases du dessin. Je ne faisais pas de manga à cette époque, mais cette école m’a permis d’avoir un diplôme d’illustrateur/concepteur. Je voulais faire de la BD, j’ai participé pendant 8 ans à un fanzine (Carte Blanche), puis j’ai découvert le manga de Reno… et aujourd’hui le mien sort chez Pika.

Reno : Je suis entièrement autodidacte. J’ai commencé à dessiner depuis tout petit. Déjà au CP je savais que je voulais faire de la BD. Une de mes premières œuvres s’appelait d’ailleurs Léonard et Vinci, et représentait un lion et un chat.

 


Quels sont vos influences ?

Miya : Aï Yazawa, Adachi (narration Zen), Wendling, Clamp, ce qui est féminin, Arthur de Pins.

Reno : One Piece, Miller, Decressy, Baudouin, South Park (pour les dialogues qui s’enchaînent), les séries où les personnages évoluent, Dragon Ball, Akira, Disney…

Pourquoi avoir choisi de situer l’action en France ?

Miya : Je ne pouvais pas raconter un univers que je ne connais pas, de plus Paris est la capitale de la mode, milieu dans lequel se déroule mon manga, et les loyers y sont chers, ce qui a permis la mise en place de l’intrigue.

Reno : C’était logique, évident, j’ai besoin de ce côté vie réelle, besoin d’utiliser mon vécu pour toucher les gens. Il était donc nécessaire que cela se passe à Montpellier, dans mon ancien lycée.

Miya, tu fais du Shôjo comique, pourquoi avoir choisi cette voie ?

Miya : J’ai choisi le côté comique car j’adore faire des blagues, il y a un peu de moi dans l’héroïne de mon manga, comme toujours il y a du mimétisme avec les personnages.

  


Et toi Reno, comment t’es venu l’idée pour les phobies ?

Reno : En fait je ne calcule pas, je laisse venir les idées comme elles le veulent. Je me balade, j’écoute les gens, et pouf Dreamland germe dans ma tête. Pour Terrence, tout vient d’un Noël, et d’un survet’ à capuche. J’ai fait un crayonné, et Terrence est apparu. Puis du rêve, je suis passé au cauchemar, et enfin aux phobies.

Construis-tu les personnages au fur et à mesure ou sont-ils déjà tous prêts ?

Reno : Pour Terrence, sa naissance dans Dreamland et sa mort sont prêtes, mais ce qui va se passer entre les deux est encore libre. Ce que j’aime travailler, c’est le caractère des personnages.
Pour les feuilles de perso qui apparaissent en début de chapitre, ce sont des personnages qui ont leur vie en marge de celles des héros. Il se passe des choses en même temps que l’action des personnages principaux, autant dans Dreamland que dans la vie « réelle ».

Miya, comment s’est fait le passage du fanzine à l’édition professionnelle?

Miya : Cela c’est fait naturellement. J’ai d’abord présenté une bande dessinée que j’avais commencée sur le Fanzine, mais elle n’a pas été retenue. L’avantage d’avoir commencé par le fanzine, c’est que l’on comprend mieux les rouages des maisons d’éditions, on voit d’où peuvent venir les problèmes, et cela nous permet d’avoir un bon rythme. Je suis contente d’avoir arrêté le fanzinat, même si parfois le système D me manque.

Est-ce que vous travaillez seuls ?

Miya : Pour le tome 1 oui, pour le tome 2, j’ai un ami qui m’aide pour les trames. En plus je travaille avec un groupe d’amis. Même s’ils ne m’aide pas dans mon manga, cela permet de ne pas être seule face à ses planches.

Reno : Jusqu’au tome 3 oui, mais depuis le tome 4, j’ai l’aide de trois personnes.

  


Quel conseil donneriez-vous à de futurs apprentis mangaka ?

Miya : Tout d’abord lire énormément, ne pas passer trois heures sur un dessin, cinq dessins même ratés valent mieux qu’un seul dessin sur lequel on passe trop de temps. Car même raté, un dessin doit nous permettre de nous rendre compte de nos erreurs.

Reno : Tout d’abord je veux raconter une histoire. Le dessin n’est pas tout dans une bande dessinée, au contraire. Dans une BD il est important de se rendre compte que c’est la narration qui fait le plus gros du travail. On peut se dire 70% de narration et 30% de dessin. Nous sommes des précurseurs dans ce domaine, les plus jeunes qui arrivent auront donc un niveau de dessin supérieur au nôtre, mais il ne faut pas qu’ils oublient cela : une bande dessinée doit avoir un bon scénario, une bonne histoire, et une bonne narration.

Merci Miya et Reno !

 


Interview réalisée par Méthos.

Merci à Pika et à leurs deux sympathiques auteurs !


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  "Miya : même raté, un dessin doit nous permettre de nous rendre compte de nos erreurs
Reno : Dans une BD il est important de se rendre compte que c’est la narration qui fait le plus gros du travail"
 
 
Par Methos, le 14/03/2008

 
 
 
       
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