Metal Gear Solid : Peace Walker

Syndrome de la crise du jeu vidéo japonais, les développeurs se tournent d’abord et avant tout vers les consoles portables (voire les téléphones, pour dire), véritables plates-formes porteuses pour le marché de l’archipel. Dommage pour nous qui préférons toujours jouer confortablement sur des consoles de salon, mais il faut se résoudre à changer nos habitudes si l’on veut ne rien manquer d’une série incontournable telle que Metal Gear Solid. La preuve avec MGS Peace Walker, pensé comme le vrai MGS5… mais sur PSP.

Peace Walker but War Maker

Contrairement à Portable Ops, Peace Walker n’a rien d’un spin-off accessoire dont on pouvait complètement se passer pour suivre la trame scénaristique de la saga réputée pour sa complexité. Au contraire, Kojima Productions s’est lancé le défi de réaliser un véritable opus mais sur PSP. Et pour le coup, on peut estimer qu’ils ont réussi leur pari tant Peace Walker fourmille de nouveautés de gameplay et de densité scénaristique, y compris les clins d’œil et l’humour si appréciés par les fans. Et puisque la question se pose à chaque épisode : oui, Kojima est toujours aussi bavard par l’entremise de ses personnages. A ceci près que la narration se fait entre cinématiques en 3D pré-calculée et des dessins légèrement animés que l’on pourrait qualifier de motion comics. Attention, certaines séquences nécessitent l’implication du joueur, de quoi forcer les moins assidus à suivre ce qui se passe dans leur écran.

     

MGS Peace Walker se situe juste après MGS3 et fait la jonction avec MGS, révélant les événements qui nous manquaient jusqu’à présent. Dès le premier quart d’heure, un rebondissement vient captiver ceux qui pouvaient croire que la mission de Snake était finie avec l’élimination de The Boss. On y apprend également les dessous de la création de Militaires Sans Frontières. Attendez-vous enfin à revoir des personnages importants dans la mythologie MGS. Autrement dit, cet épisode se révèle absolument indispensable pour tout fan qui se respecte.

Metal Gear Solid de poche

Cela étant, faire rentrer un jeu d’une densité telle qu’un MGS dans une console de poche ne va pas sans quelques limites, voire même quelques écueils. Aussi captivant que puisse l’être l’aventure, son découpage en chapitres casse complètement la narration et cache le besoin de limiter l’impact des temps de chargement (que l’on peut réduire sensiblement grâce à l’option d’installation des données). Peace Walker se consomme donc comme des tranches de missions que l’on peut jouer et rejouer à n’importe quel moment, certaines étant liées intrinsèquement aux événements couverts, d’autres servant soit de didacticiels, soit de terrains de grinding. Mais on y reviendra plus bas dans cet article.

     

Le gameplay habituel reste pour le moins inchangé (en théorie, les contrôles de la PSP étant radicalement différents des versions consoles de salon), de même que les possibilités offertes, que ce soit dans l’infiltration ou dans le combat, avec le retour bien logique de la jauge de discrétion et du CQC. Snake reste donc hautement habile… à condition de pouvoir le contrôler correctement. Et là, c’est le drame. Finalement, le principal reproche que l’on peut formuler à Peace Walker porte sur ses contrôles. A moins d’être un joueur aguerri voire exclusif sur PSP, attendez-vous à de nombreuses crises de nerf quand vous raterez une mission à cause de la caméra ou parce que vous n’aurez pas réussi à faire ce que vous ordonniez à vos petits doigts. D’autant plus que ce MGS ne pardonne pas : tout game over équivaut à recommencer la mission à zéro. Heureusement, 3 modes de contrôles sont disponibles, dont le plus logique et donc jouable se rapproche des FPS, avec les actions sur les tranches et la caméra sur… les boutons Croix, Carré, Rond, Triangle. Autrement dit, au revoir la précision lors des phases de shooting. L’autre alternative acceptable plaçant la caméra sur la croix directionnelle, juste sous le stick qui dirige le personnage, autant dire qu’il s’avère impossible de diriger les deux avec le même doigt.

Tactical Espionnage Operations

Quand je disais que Peace Walker était un épisode à part entière dans la longue saga MGS, il ne s’agissait pas simplement d’une remarque sur son intégration scénaristique mais aussi sur l’ajout de nouveaux gameplay particulièrement intéressants. Tout d’abord, Peace Walker a été pensé résolument comme un jeu multijoueur, à jouer en coopération de 2 à 4. Cela s’en ressent sur le niveau de difficulté parfois hallucinant en solo, notamment pour les boss. N’ayant pas pu tester le mode coopération moi-même, je m’abstiendrai d’émettre un jugement dessus. Sachez toutefois qu’il se joue en réseau local.

     

L’autre particularité de Peace Walker repose sur l’ajout de la gestion de Mother Base. Entre chaque mission, vous pourrez retourner à votre base off-shore au Costa Rica et donner vos ordres : recruter de nouveaux mercenaires et les allouer à des tâches (médecine, ingénierie, information…), indiquer les priorités de développement d’armes et gadgets ou encore déployer vos troupes lors de certaines missions bonus dont le but n’est autre que de rapporter de l’expérience qui détermine l’avancée des recherches sur le nouveau matériel ou des upgrades. D’où l’intérêt de passer son temps dans des missions annexes afin de ramasser du matériel et gagner de l’expérience. A noter la feature vraiment marrante du ballon Fulton qui permet d’extraire un ennemi ou un allié du champ de bataille.

A la question MGS Peace Walker est-il un épisode à part entière, la réponse est évidemment oui, plus que jamais. Mais cela n’en fait pas pour autant un jeu parfait, du fait des limites mêmes de la machine principalement au niveau du confort de jeu – car graphiquement Peace Walker en impose vraiment sur PSP. A chacun de voir s’il est prêt à sacrifier son confort – et donc le plaisir de jeu – pour se plonger dans un jeu hyper complet et très intéressant.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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