Ninja Blade

Habitué de l’univers des ninjas furtifs avec la série Tenchu, From Software décide aujourd’hui de s’attaquer à un genre bien plus direct : le beat’em all. Vous l’aurez compris, avec Ninja Blade, on sort de l’ombre pour trancher à tout va. Alors, notre nouvel arrivant va-t-il se démarquer de son alter ego Ninja Gaiden ? La réponse en quelques coups de katana.

Ninja VS Lombric

Rien ne va plus à Tokyo : une épidémie de vers mutant a envahi la ville, transformant tous les habitants en des monstres horribles assoiffés de sang. Pour remédier à cela, les États-Unis ont deux solutions. D’un côté la bombe atomique, de l’autre une escouade de ninjas entraînés spécialement pour combattre les lombrics. Cette situation ne représente donc qu’une routine pour Ken Ogawa, héros de notre histoire. Se battre contre des araignées de quinze mètres, sauter d’un hélicoptère sans parachute, marcher sur des murs… Une journée normale pour le ninja en herbe. Cependant, rien ne l’avait préparé à la trahison de son père et de son rival dans l’équipe ! Et si cette nouvelle épidémie recelait bien plus de mystères que d’habitude ? Que se dissimulent donc les origines de Ken Ogawa ? Vous savez ce qu’il vous reste à faire pour trouver les réponses.

     

Moi pour me battre, je choisis le building de 50 étages !

Enfin presque, car si l’intrigue posée dans la première mission semble intéressante, la suite tombe rapidement dans le n’importe quoi avec des réponses parfois totalement absurdes lancées à la figure du joueur. Même Ken semble ne pas vraiment y croire, et rate complètement son arrivée dans le panthéon des héros classes, pour tout juste obtenir la mention passable. On repassera donc pour cet aspect du soft, qui s’oriente bien plus vers l’action. Au moins de ce côté-là, on est servi !

Classique dans son gameplay, le soft a préféré s’orienter vers l’action imposée au joueur plutôt que de tabler sur la complexité de ses techniques. Autrement dit, ne pensez pas vous entraîner des heures afin de maîtriser au mieux le timing, les combos dévastateur ou encore les enchaînements de boutons de la mort. Seules trois épées (une rapide et faible, une équilibrée et une puissante mais lente) et un shuriken magique sont disponibles (avec 4 types de ninjutsus associés). On bourrine sur les deux boutons d’attaques (faible ou puissante), et au besoin on adapte son style à l’ennemi en face. Malgré un panel de coup raisonnable, l’approche reste dans l’ensemble « je fonce dans le tas, et je dégomme tout », un peu comme dans God of War mais en moins riche et moins fun. Cela dit, les plus tacticiens d’entre vous sauront utiliser à bon escient la protection, les accélérations/esquives et la faculté de ralentir de temps grâce aux touches gâchettes, pour dynamiser le gameplay et faciliter les joutes dans les modes de jeu les plus ardus.

     

Là où le titre se démarque et s’attire par la même occasion les foudres ou les éloges des joueurs, c’est dans son utilisation outrancière des quick time events (QTE) : les cut-scènes où l’on implique partiellement le joueur en lui demandant d’appuyer sur les contrôles apparaissant à l’écran. Chaque boss, chaque transition, chaque action autre que de courir et trancher du zombie se passe en QTE. Frustrant dans le rythme, cela donne néanmoins l’occasion d’assister aux prouesses de notre héros, qui n’hésite pas à terrasser les gardiens de fin de niveaux à coup de finish grandioses impossibles autrement. Véritable plaisir de mise en scène et d’ingéniosité, ces séquences ne convaincront malheureusement pas tout le monde, de par leur longueur ou tout simplement leur surabondance.

Texture ou fluidité, que choisir ?

Les programmeurs ont réellement du se poser cette question, car au vu du rendu graphique, il apparaît clair que la finesse des textures a été sacrifiée pour favoriser l’affichage de grands espaces et surtout la fluidité de l’action. Les environnements urbains de Tokyo nous apparaissent donc sobres et convaincants, sans plus. L’atout majeur du titre réside dans la fluidité de sa mise en scène et l’impression de puissance qui se dégage de chaque QTE, renforçant ainsi l’immersion. Le tout est agrémenté de jolis effets de lumière. Il est d’ailleurs fascinant de voir comment le choix d’incarner un ninja ouvre sur une palette de mouvement impressionnante. Personne d’autre ne pourrait se servir de la force de son adversaire pour lui renvoyer un immeuble de cinquante mètre dans la tronche !

     

Le périple de Ken Ogawa se laisse donc parcourir tranquillement durant une dizaine d’heures, voire un peu moins dans la difficulté la plus facile. Rien à voir avec Ninja Gaiden II évidemment. Le soft pourra même servir de vengeance aux frustrés de Ryu Hayabusa. Dommage que l’aspect exploration ne soit pas un peu plus développé, tout comme les petits « à coté » tels que les costumes ou les emblèmes à ramasser. Cela aurait permis au soft de trouver un peu plus de consistance et ainsi de ne pas se cantonner au rang de divertissement d’un week-end !

Proposant de bonnes idées telles que l’utilisation de QTE pour soutenir une action de tous les instants, Ninja Blade ne parvient cependant pas à dépasser le stade de divertissement passager, en particulier à cause de son scénario et de sa courte durée de vie. Il reste tout de même une alternative sympathique au sempiternel Ninja Gaiden, et pourra même en séduire quelques uns avec sa volonté de proposer une mise en scène réellement travaillée.

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