Nodame Cantabile

Shôjo manga créé en 2001 par Tomoko Ninomiya, Nodame Cantabile est depuis devenu un véritable phénomène au Japon, recevant le prix du meilleur shôjo en 2004 décerné par la Kodansha et se voyant adapté en une série animée ainsi qu’en un drama. Diffusé entre octobre et décembre 2006 au Japon, la fraîcheur de ce drama nous oblige à vous en parler, tant cette œuvre mérite d’être connue.

Comédie romantique et musique classique

A l’université de musique Momogaoka, Shinichi Chiaki (Hiroshi Tamaki) est de loin l’élève le plus prometteur de sa génération, maîtrisant à la perfection le piano et le violon et volant le cœur de toutes les filles… ainsi que de quelques garçons mais c’est une autre histoire. Pourtant, une ombre plane sur son avenir radieux et prend la forme d’une phobie de l’avion. Enfant, il était le chouchou d’un célèbre chef d’orchestre viennois mais ses rêves d’étudier sous ses ordres ne peuvent se concrétiser s’il ne peut quitter le Japon. Pire encore, des élèves qu’il juge inférieurs à ses propres capacités lui volent la vedette et partent étudier à l’étranger.

Au contraire, Noda Megumi (Juri Ueno) représente tout ce que Chiaki déteste : un esprit libre qui ne se soucie guère des apparences, vit simplement et aspire à rendre la musique fun. Lorsque ces deux élèves complètement opposés se rencontrent et se rendent compte qu’ils sont voisins, une relation « je t’aime, moi non plus » s’installe entre eux. Tandis que Nodame tombe immédiatement amoureuse de son senpai, Chiaki reste froid et la rejète par opposition pour tout ce qu’elle représente à ses yeux. Pourtant, en apprenant à la connaître, il apprendra également à la comprendre et à mieux appréhender les autres élèves qui gravitent autour de lui, tous conscients de son potentiel.

   

Drama musical et hilare

Nodame Cantabile se concentre bien évidemment sur les relations houleuses entre Chiaki et Nodame, tout au long d’une année d’études. Tandis que Chiaki tente par tous les moyens de se hisser au sommet de l’élite musicale japonaise, en devenant notamment chef d’orchestre sous la direction du trublion Maestro von Stresemann (l’excellent Naoto Takenaka), il pousse également Nodame à s’investir sérieusement dans la musique, afin de laisser éclore son réel potentiel. En effet, Nodame possède un don pour décrypter à l’oreille et reproduire la musique au piano, mais son tempérament la conduit à livrer sa propre interprétation de chaque morceau, sans se soucier du carcan imposé par le monde de la musique classique.

Et même en dehors de la vie scolaire, tout les sépare. Nodame voit en Chiaki tout ce qu’elle n’est pas : propre, classe, sérieux et passionné. De nature autoritaire et peu patient, Chiaki méprise le comportement niais et laxiste de Nodame et il n’hésite pas à la rejeter violemment (mais toujours de manière comique) pour lui mettre du plomb dans la tête. Chaque scène de dispute devient pour ainsi dire un vrai divertissement attendu, tant les situations et les gags fonctionnent parfaitement.

   

Si l’attention se focalise majoritairement sur ces deux protagonistes, Nodame Cantabile développe aussi une grande quantité de personnages secondaires qui viennent chacun apporter leur pierre à l’édifice. Le grand projet de l’année étant la création d’un orchestre dirigé par Chiaki, de nombreux talents viennent se greffer à lui, mais bien évidemment beaucoup sont considérés comme des musiciens de seconde zone. Aussi, Chiaki devra redoubler d’efforts pour les tirer vers le haut… tout en acceptant qu’eux aussi ont beaucoup à lui apporter. On retiendra principalement Ryutaro (Eita), le violonniste rock’n’roll, Masumi-chan (Keisuke Koide) l’homosexuel coiffé comme un Jackson Five, Sakura la contrebassiste plus petite que son instrument ou Kiyora (Asami Mizukawa) la prodigieuse maître de concert. Tous apportent beaucoup à la série malgré leur second rôle.

Plus que jamais, la musique joue un rôle prédominant dans l’ambiance de Nodame Cantabile, et étonnemment, la quasi-totalité des mélodies qui accompagnent les différentes scènes sont des grands classiques de… la musique classique. Si ce choix semble logique au vu du thème de ce drama, il n’en demeure pas moins gonflé eut égard aux goûts musicaux du public cible. Toutefois, ce mariage assumé correspond tout à fait à l’atmosphère tantôt enjouée, tantôt dramatique de ce drama vraiment surprenant. Rapidement, on se surprend à fredonner quelques thèmes et carrément à prévoir la teneur des scènes rien qu’en écoutant la bande son.

Plus qu’un drama comique, Nodame Cantabile est une véritable petite perle de la télévision japonaise. Frais et détonnant, ce cocktail entre musique classique et étudiants atypiques parvient très rapidement à s’attirer les faveurs d’une audience captivée par l’originalité du personnage de Nodame, l’innocence même doublée d’une maladresse forcément touchante. 11 épisodes à consommer sans modération et les oreilles grandes ouvertes !

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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