Persona 3 Portable

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Décidément, les tests de Persona 3 ne cessent de se succéder, à tel point qu’il devient difficile de se renouveler question originalité du rédactionnel. C’est un peu le même problème pour les développeurs ; à force d’épuiser leurs licences jusqu’à plus soif, ils en viennent à sévèrement tourner en rond. D’où la présence de modifications notoires – mais pas nécessairement judicieuses – pour cette mouture PSP du hit d’Atlus.

Minuit, l’heure du crime

En toute honnêteté, relater le scénario de Persona 3 commence à devenir usant, d’autant que vous le connaissez sans doute déjà et qu’il n’y a pas de changement majeur à noter dans cette version portable du jeu ; nous allons donc faire court. Vous incarnez un adolescent récemment transféré dans un nouveau lycée. Lorsque que sonne minuit, ce dernier se métamorphose en un donjon démoniaque (le Tartaros), déversant toutes sortes de créatures maléfiques en ville. Lorsque votre dortoir est pris d’assaut par une horde de démons, vous vous éveillez à un pouvoir mystérieux : la persona. Cet alter-ego mystique peut être invoqué par une poignée d’élus afin de combattre le mal, et il se trouve que tous les pensionnaires de votre résidence d’étudiants possèdent cette faculté. La raison de cette « coïncidence » est simple : ils appartiennent aux S.E.E.S., une brigade qui lutte secrètement contre les montres noctambules. Brigade que vous n’allez pas tarder à intégrer…

     

Première grosse innovation de ce Persona 3 Portable, vous avez le choix entre un personnage masculin ou féminin. Si cette option ne bouleverse pas grand-chose au niveau de la trame scénaristique, ceux qui ont déjà parcouru le jeu voient d’ici l’impact que cela peut avoir sur la partie dating sim. Car n’oublions pas que toute l’identité du soft réside dans le décalage existant entre les journées de cours (ou de congés) et les chasses aux démons nocturnes. Durant vos phases diurnes, vous suivez votre emploi du temps tel un lycéen modèle, en répondant aux questions de vos profs et en programmant des rendez-vous après la classe avec votre entourage. Selon le sexe de vos amis, il se peut que vos relations débouchent sur quelque chose de plus ou moins sérieux, auquel cas la prudence est de mise lorsque vous tentez de pêcher plusieurs poissons à la fois ! C’est d’ailleurs principalement sur cet aspect que se répercute la sélection de votre avatar, tout d’abord pour des raisons évidentes de « compatibilité » sexuelle, mais aussi parce que les visages rencontrés diffèrent.

A partir du moment où vous aurez fait la connaissance de nouveaux amis, vous aurez l’occasion de les retrouver lors d’activités diverses dans les clubs ou en dehors du lycée, voire même le week-end. Durant ces entrevues, veillez à bien les caresser dans le sens du poil en leur donnant les réponses qu’ils attendent si vous désirez faire évoluer votre relation. Vous n’avez qu’une année scolaire pour contenter tout le monde, il est donc nécessaire de profiter au maximum de chaque minute de votre temps !

     

Toi aussi, réinvente ta vie sociale avec Persona 3

Bien se débrouiller durant vos performances scolaires ou vos rencards ne sert pas qu’à vous donner bonne conscience ou satisfaire votre égo de bourreau des cœurs. Cela vous alloue essentiellement des bonus dans diverses catégories de statistiques qui, à terme, n’aspirent qu’à un seul but ; accroitre vos affinités avec vos personae. En effet, au fur et à mesure que vous augmentez en charisme tout au long de l’épopée, vous déverrouillez de plus en plus de personnes à fréquenter. Chacun de ces liens sociaux est associé à une famille de personae, et plus son rang demeure élevé, plus les serviteurs de cette classe obtenus à travers les fusions s’avèrent puissants.

Vous récolterez parfois des cartes de tarot à l’issue de vos batailles. Celles-ci représentent des personae que vous pouvez invoquer directement, ou bien fusionner dans la Velvet Room dans l’optique de créer d’autres créatures encore plus puissantes (héritant des pouvoirs de ses parents). Il s’agit là d’un principe bien connu de la saga MegaTen qu’il vous faudra maîtriser rapidement afin de progresser sans trop d’encombres.

Cela nous amène à mentionner la modification la plus importante apportée au gameplay par rapport au titre initial. Afin d’alléger les séquences d’exploration hors donjon (et le poids sur l’UMD par la même occasion), les développeurs ont imposé une vue isométrique et remplacé le modèle 3D du protagoniste principal par un simple curseur coloré assez imprécis. A la manière de certains jeux de drague japonais plutôt rudimentaires, nos chères promenades dans les couloirs du lycée ou dans les centres commerciaux se sont donc transformées en de mornes parties de point & click. Les qualités respectives des musiques ou des illustrations de maîtres MEGURO et SOEJIMA aident à faire passer la pilule, mais quand on a connu le plaisir de déambuler avec notre avatar un peu partout dans les décors originaux, on a du mal à s’immerger autant qu’à la première heure. De même, toutes les scènes de dialogues (en cours ou au dortoir) réalisées autrefois avec le moteur du jeu se déroulent désormais à base d’écrans fixes ornés d’artworks. Finies donc les petites animations amusantes de la part des personnages. Cela dit, si vous aviez trouvé ces passages fastidieux ou pas forcément indispensables, cette nouvelle perspective vous conviendra probablement.

     

Burn my Dread

En fin de soirée, et ce presque quotidiennement, vous avez l’opportunité de vous rendre dans le Tartaros avec vos coéquipiers du S.E.E.S. afin de passer vos nerfs sur les bestioles qui y règnent. Ce donjon prenant la forme d’une tour immense aux étages générés aléatoirement constitue le seul endroit où vous croisez librement le fer. C’est donc là que vous grappillez vos points d’expérience dans le but de vous préparer pour les phases primordiales de progression scénaristique programmées à chaque pleine lune.

Que les vétérans se rassurent, les passages en donjon n’ont pratiquement pas changé ; la 3D native subsiste. En outre, les combats au tour par tour ont gagné en intérêt grâce à l’intégration d’un système similaire à celui de Persona 4. Vous avez bien deviné, il est désormais possible de commander chaque combattant individuellement en activant l’option adéquate. De quoi nous permettre de soigner quand bon nous semble, d’économiser nos points de magie si besoin et surtout d’exploiter correctement les faiblesses élémentaires des ennemis, comme dans tout bon MegaTen qui se respecte. L’ancien système reste toutefois disponible si vous préférez préserver un maximum de challenge. Les attaques combinées (activées lorsque tous les adversaires ont été mis à terre) ont également été conservées, et bénéficient d’une nouvelle animation fort sympathique. Toutes ces améliorations nous font au final amèrement regretter les dérives du point & click, sans quoi Persona 3 aurait trouvé en ce portage sur PSP sa meilleure version.

Persona 3 (FES) fait partie des incontournables de l’ère PS2. Si vous ne l’avez toujours pas goûté, foncez sur ce P3 Portable que vous pourrez emporter partout. La transposition sur PSP s’est visiblement faite en douceur. La 3D dans le Tartaros reste d’aussi bonne facture que sur PS2, et les autres décors en vue isométrique se montrent fort corrects. Les illustrations de Shigenori SOEJIMA sont toujours aussi sublimes, tout comme la bande son signée Shôji MEGURO qui comporte désormais de nouveaux morceaux. De plus, il existe maintenant deux visions différentes du cheminement… Une mise en garde néanmoins : la nouvelle jouabilité point & click risque d’en rebuter quelques-uns.

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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