Persona 3

Certains chanceux sont encore en train de se dorer la pilule au bord d’une plage, mais nous savons par expérience que l’idée d’une reprise prochaine du travail a de quoi gâcher ce plaisir, et ça se comprend… Alors que diriez-vous si l’on vous permettait de transformer ce pénible moment en une épopée inoubliable ? C’est en gros le programme alléchant que nous propose Persona 3 à travers son expérience unique, et ce, grâce à sa sortie américaine qui coïncide à quelques jours près avec notre rentrée scolaire ! Elle est pas belle la vie ?

Une entrée en matière explosive

L’atmosphère unique des MegaTen a toujours su captiver les joueurs avec une aisance déconcertante, et ce, dès les premiers instants ; le troisième volet de Persona n’échappe pas à la règle. A peine la nouvelle partie sélectionnée, le jeu entame sans perdre de temps sa sarabande effrénée. Et quel choc ! L’introduction du dernier né de la saga est un véritable anime japonais. Non seulement le somptueux chara-design nous enivre instantanément, mais le tout monte redoutablement en pression grâce à l’un des thèmes principaux de l’OST, intitulé « Burn my dread », dont le mélange d’influences techno/rap fait incontestablement mouche. On reconnaît bien là le savoir-faire d’Atlus, et je vous avoue ne pas avoir autant jubilé devant l’intro d’un jeu depuis bien longtemps !

     

La scène permet de découvrir le héros, fraîchement débarqué dans la ville de Minato-ku. Vous vivrez à travers lui le début d’une nouvelle année scolaire dans son lycée, ferez connaissance avec de nouveaux camarades, suivrez ses cours. Une vie ordinaire de lycéen en somme… Jusqu’au jour où Yukari, l’une de vos récentes relations, vient vous chercher en pleine nuit pour évacuer le dortoir car la zone est devenue dangereuse. Réfugiés sur le toit, le duo croise la route de l’origine de toute cette agitation : des créatures démoniaques baptisées « shadows ». Hésitante et peu sûre d’elle, Yukari pointe alors une arme sur son front, mais ne trouve pas la force d’appuyer sur la détente. Suite à l’intervention de l’un de ces monstres, l’arme atterrit à vos pieds. Complètement abasourdi par le spectacle irréaliste qui se déroule devant vos yeux, vous reproduisez machinalement les mêmes gestes que votre compagne d’infortune, et faites feu. Deux personae (des alter ego protecteurs représentatifs de votre personnalité) surgissent juste après et vous débarrassent dans la foulée de tous vos adversaires !

Vous apprendrez plus tard que cette résidence est en fait le quartier général du S.E.E.S., une brigade qui lutte dans l’ombre contre les shadows. Ses membres peuvent invoquer leur persona dans le but d’affronter de puissants ennemis. Sauf que théoriquement, on ne peut en matérialiser qu’une seule à la fois, alors que vous venez d’en appeler deux simultanément, sans aucun entraînement. Vos aptitudes spéciales vont donc vous amener à intégrer cette équipe en tant que leader. Etudiant le jour, chasseur de démons la nuit ; c’est ainsi que vous entamez ce qui s’annonce comme la plus palpitante des années lycée dont on puisse rêver.

Mode diurne : activé

Les phases diurnes s’articulent simplement comme des tranches de vie durant lesquelles vous assistez au déroulement d’une journée complète de labeur, ou de repos si vous êtes en vacances ; un indicateur temporel précise la période actuelle de la journée et de l’année. C’est vous qui gérez votre emploi du temps, en planifiant entre deux cours les rendez-vous avec les personnes que vous désirez rencontrer, ou vos sorties de routine en ville (par exemple au centre commercial, au temple, au cinéma…). Mais attention à ne pas vous laisser aller en classe car les professeurs peuvent très bien vous interroger ! De même, des sessions d’examens surviennent fidèlement au programme scolaire japonais, et peuvent s’avérer lourdes de conséquences sur vos résultats… Sachez également que divers évènements spéciaux (tels que les voyages scolaires) rythment votre année, ce qui offre par la même occasion de nouvelles animations divertissantes. A noter que chaque activité affecte vos caractéristiques par son apport (culturel ou autres). Enfin, lorsque vous estimez que vous avez suffisamment fait de « social », il est temps pour vous de partir à la chasse aux monstres !

     

Ils m’entraînent au bout la nuit, les démons de minuit [air connu]

Pour cela, il faut attendre la tombée de la nuit et vous rendre dans l’unique donjon du jeu : le Tartaros. Ce dernier est composé d’étages aléatoires dont l’architecture change à chaque visite. Tous les 10 paliers en moyenne, vous y rencontrerez un boss ainsi qu’un téléporteur qui valide votre progression jusqu’à ce point (pour éviter de tout recommencer au prochain essai ; ça me rappelle Parasite Eve pas vous ?). Ce labyrinthe à l’ambiance malsaine vous donne l’opportunité de faire un peu de level-up dans l’attente des phases d’avancée scénaristique qui ne se produisent qu’à la pleine lune. Lors de celles-ci, en plus de livrer toute une série de combats, vous affrontez un boss et assistez à de passionnantes cinématiques afin d’en apprendre plus sur l’histoire du jeu. Pour information, les ennemis sont visibles dans les couloirs du donjon. Aussi, il est préférable de prendre l’avantage dans la joute à venir en leur portant un coup d’épée avant qu’ils ne chargent sur vous.

A l’instar de Lucifer’s Call, le système de combat au tour par tour de Persona 3 consiste à exploiter les faiblesses des adversaires de façon à gagner des tours supplémentaires. Vous disposez du strict minimum en terme de commandes, d’où l’intérêt d’utiliser les bonnes compétences de vos personae et de donner des directives intelligentes à vos camarades. Tout ceci contribue à rendre le tout aussi stratégique que dynamique, d’autant plus que vos alliés se gèrent plus ou moins tout seuls. Une fois le système maîtrisé, vous parviendrez à créer de superbes attaques combinées pour un effet maximal.

Personne n’a de Persona ?

Comme dans tout bon MegaTen qui se respecte, la difficulté de Persona 3 ne vous fera pas de cadeau. En conséquence, il convient de bien gérer vos personae dont le stock se limite à douze unités (contrairement à vos compères qui n’en possèdent qu’une). Igor, le maître des cartes de tarot, est là pour vous y aider grâce au principe de fusion ; système dont vous devrez assimiler les subtilités pour créer la plupart des quelques 140 personae disponibles. Tout d’abord, vous avez besoin de cartes symbolisant des personae, que vous récoltez parfois à l’issue des affrontements. Mais ce n’est pas tout.

Si vos rendez-vous réguliers et les échanges qu’ils engendrent permettent d’approfondir la psychologie des personnages, ils servent surtout à acquérir des personae plus puissantes. En effet, lorsque vous vous liez d’amitié avec certains personnages, vous obtenez des cartes de tarot qui représentent chacune une classe de persona. En bonifiant vos relations avec les personnes correspondantes, vous améliorez parallèlement le rang de la carte. Au final, plus les paramètres de la classe associée demeurent élevés, plus la persona obtenue lors d’une fusion de cartes sera de haut niveau. Les combinaisons de cartes s’avérant aussi nombreuses que variées, il vous faudra effectuer plusieurs tentatives pour trouver les plus intéressantes. Une fois créée, la persona acquiert de l’expérience au cours des batailles, et assimile des compétences qu’elle peut éventuellement transférer au héros selon leur nature. Ne pouvant décemment pas détailler d’avantage, je vous laisse découvrir par vous-même les dernières finesses de ce système diablement ingénieux.

     

Une aventure inoubliable

Mis à part les évènements occultes, vous vivrez une année de lycéen standard avec ses problèmes de tous les jours, où votre comportement et vos réponses détermineront votre cote de popularité ; chose très importante pour l’ego d’un adolescent normal, mais plus particulièrement ici pour créer des liens solides avec vos partenaires (source de pouvoir pour vos personae je le rappelle). N’oubliez donc pas de profiter de la vie grâce à toutes les activités proposées, et ne négligez pas les petits plaisirs, qui constituent en quelque sorte l’une des plus grandes réussites du soft : son univers cohérent, lequel rend la gestion de votre quotidien passionnante, pour ne pas dire primordiale !

Persona 3 doit également une partie de son charme à son esthétique attrayante très colorée et sa brillante réalisation. Malgré son aspect épuré, la 3D se révèle soignée, tout comme la modélisation des personnages. Le style général « manga » se marie à merveille avec la thématique du jeu. D’ailleurs les animations des protagonistes sont régulièrement agrémentées d’onomatopées et autres mimiques typiquement japonaises qui ajoutent beaucoup de vie aux cinématiques. Mention spéciale aux superbes artworks (signés SHIGENORI SOEJIMA) qui ornent les fenêtres de dialogues. Ceux-ci figurent certainement parmi les plus beaux de l’histoire du RPG sur PS2 ! Les combats ont eux aussi bénéficié d’un visuel très « cartoon », et leurs effets graphiques renforcent largement le dynamisme de l’action. Même l’agréable interface des divers menus apporte énormément d’originalité et de gaîté à l’ensemble. Inutile d’aborder une fois de plus le cas des scènes en dessins animés qui demeurent tout bonnement ahurissantes. On clôturera ce constat extrêmement positif en félicitant l’OST monstrueusement efficace de SHOJI MEGURO. La bande son associe les mélodies d’ambiance à tendance rock, jazzy, électro et symphoniques à des morceaux chantés d’influence J-pop/Hip-hop, pour nous offrir une composition originale très tendance, qui s’accorde parfaitement avec l’atmosphère du titre. Tout simplement géniale. Enfin, un dernier petit mot sur les doublages US qui, sans égaler l’intensité des originaux, demeurent de très bonne qualité dans l’ensemble. On aurait bien sûr aimé avoir le choix de conserver les voix japonaises…

 


Persona 3 Trailer 1-15small+ESRB
Envoyé par webotaku sur wat.tv

Persona 3 Trailer 6-25small
Envoyé par webotaku sur wat.tv

Les trailers officiels américains

 

Persona 3 débarque chez l’oncle Sam en fin de vie de la PS2, et c’est bien la seule chose qui risque de lui porter préjudice (ne parlons même pas de sa sortie européenne…). Ce splendide RPG dispose d’un univers et d’un gameplay absolument ahurissants, ce qui lui octroie une place de choix parmi les meilleurs jeux du genre sur la machine de Sony. Je me souviens encore des prévisions pessimistes de beaucoup de personnes qui plaçaient une sortie occidentale du jeu dans la catégorie des rêves éveillés. L’annonce du contraire demeure donc une bonne raison de continuer à profiter de cette période estivale en toute insouciance, n’est-ce pas ?

Vous retrouverez l’intégralité de l’article original dans le magazine Role Playing Game n°3 (Juillet/Août 2007), ainsi que des illustrations inédites, un focus sur l’équipe des créateurs du jeu et plein d’autres informations exclusives.

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

Les derniers articles par X-Fab (tout voir)

Laisser un commentaire sur cet article :