[Test] Tomb Raider (2013)

Décidé, comme beaucoup d’éditeurs de nos jours, à donner une apparence à son jeu qui colle à l’air du temps, Square Enix fait table rase et réinvente Tomb Raider. Après Tomb Raider Legend, Anniversary et Underworld, c’est une nouvelle fois le studio Crystal Dynamics qui s’est occupé de faire un petit ravalement de façade aux aventures de Lara Croft.

Pour être franc, je n’ai jamais eu de réelle expectative vis-à-vis de ce reboot, en grande partie à cause de la campagne de promo. Selon Crystal Dynamics, il faut que l’on ait peur pour la pauvre Lara et qu’on ait envie de la protéger. Ce qui revient, selon moi, à proposer une alternative un peu perverse à l’immersion, où l’on ne vit plus au travers du personnage. En effet, à la place s’installe un voyeurisme borderline malsain, où l’on observe Lara souffrir jusqu’au point de rupture. On assiste à la création d’une survivante où la pression est mise sur le joueur en permanence, et où rater un simple QTE peut avoir des conséquences traumatisantes. C’est en tout cas comme ça que je l’ai perçu. Bref, autant vous dire que cette approche m’avait fait mettre le soft sur ma « shit list » avant d’aller le tester.

« I don’t think I’m that kind of Croft »

Le commencement de l’aventure correspond à peu près à l’idée nauséabonde que j’ai pu me faire du jeu. Avec ses deux cents gémissements à la minute, on comprend bien que Lara est en peine tous les trois mètres. Les développeurs insistent BIEN dessus. Il aura donc fallu que je fasse sortir l’héroïne de la caverne où elle se trouve au début de son périple, pour que nous voyions tous les deux la lumière. En effet, c’est avant tout par l’immersion, ainsi que par la qualité du gameplay, que ce genre de titre peut briller. Et c’est une fois Lara à la lumière du jour que les deux vinrent me rassurer quant au véritable potentiel de cet opus. Alors même si les premiers pas peuvent paraitre pénibles, le scénario parvient à nous happer rapidement et de façon assez habile. En outre, notre héroïne va très vite trouver une petite caméra qui contient tous les rushs de son amie Sam, qui a filmé l’expédition jusqu’au crash.

En plus d’apporter davantage d’infos sur tout le background de l’aventure, chaque visionnage de ceux-ci permet de faire une pause et de se détacher un peu de l’enfer que l’on vit sur cette île maudite. Car l’ambiance de la série a vraiment pris un virage à 90° vers le drame avec cet épisode. En effet, ce dernier demeure beaucoup plus sombre et impitoyable. Les « Scavengers » qui rôdent sur l’île n’ont aucune pitié et paraissent vraiment… humains. Que ce soit dans leurs paroles ou leurs actes, on a là un bel exemple de ce que l’on peut s’attendre à trouver dans le bas de gamme de l’humanité. Ce réalisme vis à vis de la noirceur humaine contribue à nous mettre extrêmement mal à l’aise dès les premières minutes de jeu.

« Sure you are, you just don’t know it yet. »

Si l’ambiance est réussie, le gameplay n’est pas en reste lui non plus. En effet, Crystal Dynamics a totalement transformé la jouabilité propre à la série pour aller de pair avec ce nouveau contexte déroutant. Même si l’aspect plate-forme reste au menu, on est très loin des backflip/headshots des anciens épisodes. Défoncer la porte et improviser est par ailleurs hors de question, il faut planifier ses attaques en utilisant discrétion et infiltration, surtout au début de l’aventure où Lara est une brebis perdue au milieu de prédateurs.

Se débarrasser un à un de ses adversaires dans le silence le plus absolu est assez jouissif, surtout grâce à un nouveau système de couverture automatique très agréable, ainsi qu’à l’utilisation de l’arc. Bien entendu, se faire repérer n’est pas synonyme de game over mais complique juste la tâche, sachant que la jeune aventurière peut mourir en quelques balles lors d’affrontements qui se révèlent bien plus musclés qu’à l’accoutumée. En outre, on assiste à une violence assez inouïe, encore une fois pour mieux servir l’ambiance du titre. Lara peut planter des flèches à mains nues dans la gorge des gens, leur vider la moitié d’un chargeur à bout portant, ou encore exécuter salement d’un coup de fusil sous le menton ses opposants. Plus on en tue, et plus elle semble se détacher de la violence. Finalement, plus qu’une survivante, l’histoire donne l’impression qu’elle deviendra le plus grand prédateur que l’île ait jamais connu !

Autre nouveauté, Lara gagne de l’expérience. Celle-ci se dépense pour débloquer de nouvelles aptitudes séparées en trois grandes catégories, afin de survivre dans ce milieu extrêmement hostile. La première, nommée Survivalist, comprend tout ce qui touche au côté « débrouillard » de Lara (meilleure perception de l’environnement). La seconde, intitulée Hunter, va majoritairement concerner les armes, tandis que la dernière, appelée Brawler, rend Lara insupportable en close combat (on peut par exemple débloquer une capacité qui lui permet d’envoyer de la terre au visage de ses assaillants). Mais ce n’est pas tout, notre héroïne possède, à l’instar de 47 de la série Hitman, un mode instinct qui lui révèle les traces de pas, son prochain objectif, ou encore les surfaces qu’elle peut escalader. Pratique, son activation n’est pas obligatoire, surtout si on préfère utiliser son propre instinct de survie de gamer !

Enfin, notons que l’exploration n’est pas obligatoire dans ce Tomb Raider, bien que fortement conseillée. Car que serait ce joli gâteau, de plus en plus appétissant, sans une insolente cerise trônant en son sommet ? Je fais bien sûr allusion au level design de ce nouvel épisode, qui gagne lui aussi un nouveau visage. Plus vraiment porté sur les couloirs exigus, l’île se voit scindée en plusieurs zones à explorer. Et même si on va le plus souvent suivre la trame du soft, on a également la possibilité de revenir en arrière. Comme promis, l’île de Yamataï réserve quelques surprises ! Notamment des tombes cachées, bourrées d’énigmes et de pièges, que le joueur doit trouver puis explorer. Un clin d’œil qui plaira surement beaucoup aux fans de la série.

Survivors vs Scavengers

 Dans un jeu où les développeurs mettent l’accent sur le personnage principal, un mode multijoueur peut être perçu comme un peu hors-sujet. Ceci étant dit, Square Enix a fait appel à Eidos Montreal pour le réaliser. De plus, celui-ci n’utilise apparemment aucun élément de l’histoire solo, ce qui est une bonne nouvelle pour ceux qui n’en attendent rien. Le multi de TR propose des affrontements jusqu’à 4vs4, cinq cartes au lancement et quatre modes de jeu. On y retrouve les classiques Deathmatch et Team Deathmatch, ainsi que Rescue, où les Survivors doivent subtiliser et ramener à la base cinq kits de soins, tandis que les Scavengers doivent faire vingt kills. Enfin, le dernier mode intitulé « Cry For Help » est un équivalent du « roi de la colline ».

Bien que le multi semble tout aussi sympathique et addictif que n’importe quel autre, il est intéressant de noter que les cartes de Tomb Raider mettent l’accent sur les pièges. Ces derniers vont du bout de bois taillé qui atterrit dans le bide à la corde qui vous pend par les pieds. Il est également possible de manipuler la météo et « d’activer » une tempête de sable qui réduit à néant la visibilité de tout le monde. Cependant, la team qui a le pouvoir de jouer avec les intempéries peut quand même voir ses ennemis, alors affublés d’un halo rouge. Un bonus qui peut changer une partie, et pour lequel il faut se battre avec acharnement. Bien sûr, on  engrange des points d’expérience à chaque partie, comme dans tout bon multi qui se respecte. Ces derniers servent à débloquer des armes ainsi que des personnages (on y débloque même Lara Croft pour les survivors, une fois arrivé au level 60). Au final, le multijoueur de ce nouveau TR n’invente pas la poudre mais reste agréable.

L'avis de Hajin' :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Tomb Raider est donc bel est bien un reboot, dans le sens où la quasi totalité de ce qui faisait la série a changé ! Partant avec un très gros apriori, j'ai été très agréablement surpris et convaincu. Le titre est certes très sombre, parfois glauque, mais tout ça contribue à l'immersion du joueur. Il y a un fond de mystère qui enveloppe cette course à la survie. Cette île cache un secret, et plus on en sait... plus on se demande ce qui a bien pu s'y passer !

Cependant, je continue quand même de penser que Square Enix a commis quelques maladresses avec la promo du titre. N'ayez pas peur pour Lara, oubliez tout ce bullshit à propos de vouloir la protéger et la prendre dans vos bras. Cette aventure, il faut la vivre, vous devez incarner Lara Croft. En effet, c'est en s'impliquant vraiment que l'on peut apprécier cette histoire. Votre envie de survivre par dessus tout sera retranscrite dans chaque flèche plantée dans une gorge.

Si vous voulez VIVRE une aventure, Tomb Raider sera surement un excellent choix. Toutefois, si vous voulez avoir peur pour une pauvre fille sans défense, autant mater un slasher movie au pif, car dans Tomb Raider, le serial killer c'est Lara et personne d'autre.

Hajin'

De tous les éléments, Hajin' a toujours eu une affinité particulière pour la glace. Véritable Empereur du Froid, Carte d'Or, Miko, Magnum, Ben&Jerry's, Solero, Cornetto, Häagen-Dazs et bien d'autres font partie de son répertoire et n'ont plus aucun secret pour lui.
Sachant pertinemment qu'un tel pouvoir implique de grandes responsabilités, il savait aussi que s'il n'en faisait pas quelque chose de bon, il ne pourrait plus se regarder dans la... glace, et il était hors de question d'être en froid avec sa conscience. Hajin' décida de ne pas lutter contre son destin et de se mettre au service de l'humanité en squattant l'univers du jeu vidéo. Bien entendu, il ne maîtrise pas forcement toujours son langage et présente d'avance ses excuses pour la gèle occasionnée. Car comme il le dit toujours " Don't worry... I'm an Ice guy ! "
Ses Spécialités : la baston, les beat'em all, les TPS, les jeux sous-joués et le tirage d'oreilles esquimau.

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