Rumble Roses XX

Fatigué des jeux de catch testostéronés à l’américaine ? Epuisé de voir le énième WWE Smackdown VS RAW ? Marre de voir du gros barbare huilé comme une sardine qui beugle à tout bout de champ qu’il va pulvériser son adversaire parce qu’il sent du bec ? Que tout cela est bien compréhensible…

Et malgré une amélioration notable du genre ces dernières années, il faut avouer que le catch est un sport qui n’excite pas beaucoup l’européen moyen, alors qu’il est ô combien nourrissant pour l’esprit d’un américain qui ne s’arrête pas au fait que tout est bidon, et qu’au-delà de la gonflette exagérée de ses protagonistes se cachent surtout des cascadeurs bien entraînés à encaisser des chutes lourdes et à simuler des coups qui pourraient être mortels s’ils étaient vraiment portés. Du coup, en sortant la pseudo-suite du premier Rumble Roses qui était loin de nous émerveiller, Konami tente une nouvelle manchette en passant sur la X360, profitant sans doute du courant instigateur des Dead or Alive qui parviennent à allier un érotisme modéré à un aspect ludique que ne renient pas les joueurs. Qui de Reiko ou de Ayane l’emportera dans ce combat de boue en string ? Eloignez les enfants, le match commence…

Une femme avec une femme (© Mecano 1990)

Comme son nom ne l’indique pas (quoique Dead Or Alive non plus…), Rumble Roses XX est donc un jeu de catch pensé pour les amateurs et amatrices qui apprécient les jambes bien galbées et les muscles saillant de demoiselles n’ayant pas oublié d’aller voir leur chirurgien esthétique en vue de se faire poser des airbags pour amortir les lourdes chutes imposées par ce sport spectaculaire. Composé uniquement de représentantes du sexe féminin, le jeu met l’accent sur la plastique de notre avatar qui nous accompagnera tout au long de combats qui s’enchaîneront aussi rapidement que l’on enfile des perles, et malheureusement, avec la même passion brûlante pour cette activité couturière fichtrement jubilatoire. Ainsi, après avoir choisi notre pouliche en fonction de critères purement physiques, puisque toutes se ressemblent plus ou moins techniquement, et que toutes possèdent à quelque chose près les mêmes coups et prises de catch, on aura à cœur de la travailler au corps pour qu’elle colle le plus possible à nos fantasmes lubriques de mâles frustrés de ne pas avoir pu jouer à la poupée pendant l’enfance. Envie d’un cuissot digne d’une adepte de bodybuilding ? Envie de faire renaître Lolo Ferrari ? Pas de problème, grâce à tonton Konami, à vous les bonnets F et les fesses en acier trempé qui casse les noix d’une simple pression. A vous le dos de Shwarzeneger si vous le souhaitez aussi puisque le physique à musculature variable fait son entrée en force et permet non seulement de jouer sur la taille de la poitrine, mais également sur la carrure, la taille et quelques détails du visage. En résulte des possibilités allant de l’athlète anorexique et dopée à la créatine, à une créature plus pulpeuse et plus proche de ce que l’on peut trouver dans les titres de Tecmo.

     

Mais se créer une poupée n’est pas une obligation non plus puisqu’une vingtaine de combattantes sont à disposition, dont une bonne partie à débloquer pour pouvoir en profiter et en abuser. Une fois le choix fait, on ne peut pas dire que ça soit la richesse des modes de jeux qui étouffe Rumble Roses XX. Il existe en gros deux familles de combats : ceux de rue où la barre de vie se comporte de manière classique puisque marquant la fin d’un combat une fois vide, à l’instar de tout jeu de baston qui se respecte. Et ceux sur des rings où cette fois, ce sont les prises qui vous feront gagner, la barre de vie cédant la place à une barre de charge qui permet de lâcher des coups puissants et des combinaisons d’attaques en 2 contre 2. Une barre d’humiliation est également présente et permet elle aussi de terminer un combat sur un mouvement spécial dont votre adversaire se souviendra. Pour le reste, c’est le désert scénaristique. Certes la primeur d’un jeu de catch n’est pas de nous raconter la vie passionnante des papillons du Zimbaoué, mais le seul but de ce jeu est de débloquer des personnages cachés, de collectionner les tenues affriolantes qui vont de l’hommage aux Metal Gear Solid avec quelques combinaisons de guerre, au racolage massif avec un maillot de bain qui n’a pas à rougir face au minimaliste maillot Venus de Dead Or Alive Volley. Ne serait-ce que pour avoir le droit d’accéder au mode photo, et donc de vous rincer l’œil à volonté, il vous faudra trimer pendant quelques heures, le temps d’accumuler le capital nécessaire à l’achat de l’appareil photo.

Relativement difficiles les premiers temps dans le mode de difficulté par défaut, les combats se révèlent loin d’être passionnants, mais il faut avouer que le catch n’est pas non plus un sport ou l’on peut sortir des milliers de coups. Sauf que là où la télévision se fend d’un minimum de mise en scène et de situations ridicules, le jeu va trop à l’essentiel, en oubliant de divertir le joueur autrement qu’en montrant à longueur de temps l’entrejambes et les poitrines des filles sur le ring. Le gameplay est même réduit à sa plus simple expression où toute dimension technique est relativement absente puisque principalement basé sur les contres. Ainsi le moindre coup porté, la moindre prise, voir même certains coups spéciaux peuvent être contrés, donnant un avantage important sur un adversaire qui se retrouve en général sonné. Alors même si les enchaînements de baffes basiques restent efficaces, et que les prises au corps le sont tout autant, on déplore le manque d’implication que l’on peut avoir dans ces dernières. Une fois amorcé, vous n’avez plus qu’à contempler le mouvement en attendant patiemment qu’il se termine et votre plus grande liberté sera de pouvoir tourner et faire zoomer la caméra autour de l’action pour trouver le meilleur angle de vue sur … hum…. sur ce que voulez en fait. De ce côté-là, même Dead Or Alive 4 fait bien mieux.

     

A deux c’est toujours mieux

Pourtant tout n’est pas si noir de café chez RRXX. Les combats en duo se révèlent déjà plus intéressants puisqu’en passant la main, on récupère des coups que l’on a reçu et on évite ainsi un placage fatal. Et il n’est pas négligeable de s’en servir puisqu’en alternant les catcheuses, on renforce par là même leur affinité qui est déterminée de base par leur alignement, gentille ou agressive. En résulte des actions spontanées qui font qu’en projetant dans votre coin l’adversaire, votre partenaire pourra la tenir pendant que vous la massacrer, ou plus simplement, vous aidera à exécuter un violent coup. Si à l’inverse vous vous retrouvez à terre pendant un décompte, votre coéquipière viendra casser la prise d’un saut enragé. Enfin, une fois les deux jauges chargées, vous pourrez lancer une attaque en duo qui sonnera bien souvent le glas de la malheureuse en face. Quelques bonnes idées noyées dans une mare de médiocrité où le manque de contrôle sur l’ensemble du jeu se révèle vite frustrant. Impossible par exemple d’imposer un type de combat puisque aléatoirement, on passe des combats en équipe aux combats en solo. On se heurte également à de sérieux pics de difficulté quand on tombe sur une championne dont la force est relativement supérieure à la notre même si la différence s’estompe avec les heures de jeux qui s’accumulent. Et des heures de jeu, il en va en falloir un paquet pour tout débloquer car la progression est d’une lenteur incroyable et les sommes à sortir pour acquérir chaque bonus parfois indécentes.

D’un goût relativement douteux, les catcheuses de Rumble Roses XX donnent trop souvent l’impression de sortir d’un de ces mauvais films X aux acteurs payés au rabais que l’on sauve en se créant sa propre catcheuse. Techniquement déjà, le jeu est loin d’être impressionnant avec de nombreuses faiblesses comme les animations relativement mal décomposées qui font pâle figure face à celles d’un Dead or Alive 4. Le rendu visuel en haute définition est même globalement flou, ce qui n’aide pas à mettre en valeur des décors assez pauvres qui se comptent sur les doigts d’une main. Au-delà de ces considérations, on remarque que c’est surtout l’esthétisme qui est parti en vacances, comme si le jeu en avait oublié d’être sexy. Certes les poitrines à la volumétrie variable ont la grâce des projecteurs, mais que de mauvais clichés accumulés dans un jeu où l’on hésite entre une cow-boy en peau de vache, une frêle jeune fille en pyjama, une adepte de S&M que ne renierait pas Voldo de SoulCalibur, une prof d’école en porte-jarretelles, etc. Misant à 200% sur les menus de personnalisation plus que sur le jeu lui-même et son aspect qu’on attend spectaculaire, on est face à un jeu dont les actions sont molles au possibles, et où seules les poitrines semblent animées d’un semblant de vie. Au moins dans Metal Gear Ac!d 2, les rares demoiselles avaient un petit quelque chose que n’ont pas les roses de ce jeu.

     

Les Roses fanées d’un printemps oublié

Ceux qui espèrent alors profiter du merveilleux Xbox live qui donne à la X360 une avance sur ses concurrentes peuvent se rhabiller, le pire étant à venir. La raison est simple : le mode on-line est tout simplement déserté par les joueurs et même en début de soirée, vous aurez du mal à trouver des adversaires, le jeu semblant avoir été fuit quel que soit le mode de jeu, exceptées les photos qui pullulent sur le serveur du jeu. Du coup, à moins d’avoir une liste d’amis qui succomberont aux charmes du jeu, ne comptez pas sur Rumble Roses XX pour passer de folles soirées à faire du téton contre téton, et on en regretterait presque le lag totalement absent des très rares parties effectuées pour ce test. A moins d’avoir l’esprit très orienté photographie, un mode que n’a pas oublié de développer Konami, la partie réseau du jeu ne représente qu’un intérêt minime et souffre en plus d’une conception catastrophique, nous ramenant à ces jeux qui vous éjectent à la fin de chaque combat et vous obligeant à chercher à nouveau une session de jeu. Horrible. Non finalement on se demande si le mode le plus intéressant du jeu n’est en effet pas le mode photo qui permet, via des mouvements à acheter, de faire prendre la pose à une ou deux catcheuses, à faire un arrêt sur image et à trouver le meilleur angle qui fera de vous le roi de la photo virtuellement érotique. A vous ensuite la joie de faire partager votre « œuvre » sur le live, une bien maigre récompense eu égard aux nombreuses heures de jeu que vous aurez passé sur le jeu.

Comme tous ses petits copains, Konami est capable du meilleur comme du pire. Assurément Metal Gear Solid 4 va faire parler de lui encore de nombreuses semaines ; assurément Rumble Roses XX est un jeu à vite oublier tant il tire sur la corde de la facilité jusqu’à la rompre. Au-delà de l’esthétisme plus que discutable mais qui reste subjectif, et de l’accent mis sur les filles aussi dévêtues qu’à l’air niais, le jeu se révèle d’une pauvreté ludique assez désolante. Avec un manque de profondeur indéniable qui n’offre qu’un panel de coups limités et des modes de jeu tristement banals, en passant par le on-line vide de toute âme, Rumble Roses XX peine à trouver de quoi réellement donner envie d’avancer. A moins d’être un adepte du catch féminin à la réalisation bien plate face à un SoulCalibur III ou un DOA4, ce jeu n’est pas fait pour vous mais il trouvera son public dans les voyeurs qui trouvent dans le virtuel une source d’autosatisfaction inépuisable.

Dark Inquisitor

Dark Inquisitor est le représentant sur Terre de l’Ordo Malleus et du Serial Gaming. Renvoyé dans le temps par l’Empereur de l’Humanité, il s’assure que les joueurs appliquent la Règle de la Priorisation. Cette règle qui soumet les jeux à une sélection draconienne afin de ne jouer qu’à ceux correspondant à chaque profil de joueur en fonction du temps disponible. Ses pouvoirs d’inquisiteur lui permettent toutefois de profiter de failles temporelles pour jouer plusieurs heures sans que le temps ne s’écoule et donc de finir des jeux alors même qu’on ne l'a pas vu toucher une manette pendant plusieurs jours. Ses spécialités : les RPG, les survival-horror, l’action-aventure, quelques ovnis du jeu vidéo et les motos custom.

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