Sentaï School

En juin 2002 arrive dans nos kiosques un magazine sur la culture nippone qui a ce petit truc en plus de vouloir nous présenter de jeunes dessinateurs issus de la mouvance manga. C’est là, au cœur de ce magazine, que l’on peut voir apparaître une toute nouvelle série qui deviendra vite la série phare du Coyote Mag’. Florence Torta et Philippe Cardona donnent naissance à des personnages attachants et qui nous rappellent tous quelque chose, un petit pain au lait trempé dans du Benco à quatre heures, ou le bruit d’un cartable vite jeté pour être sûr de ne pas rater notre série préférée.

La rencontre

La première question qui nous intéresse tous hormis de savoir si maintenant ils sont très riches, est de savoir comment ils se sont rencontrés. A cette question les deux amis répondent qu’ils se sont connus sur les bancs de la Fac d’Arts Plastiques, option Japonais, et que c’est cette dernière option qui fut leur principal point commun pour créer la série à partir de vieux souvenirs. L’histoire remonte à 1998 lorsque les deux auteurs décident de s’associer et de créer une parodie des séries sentaï qu’ils regardent à la TV. Cette série appelée alors « l’école des héros » est publiée en premier lieu dans le fanzine Dream-on. L’association Melusine leur permet de faire connaître leur fanzine, puis repérés par des éditeurs, ils devront quelque peu adapter la série pour donner celle que bon nombre connaissent maintenant sous le nom de Sentaï School…

   

Plus qu’une parodie

A première vue, la série est une parodie SD des séries de notre enfance, on y retrouve en effet tout plein de personnages qui ont peuplé l’écran de notre petite et moins petite enfance, les plus repérables étant sans doute ceux de Goldorak. Comme dans les séries sentaï, le groupe de héros sera formé de 5 combattants qui auront chacun leur personnalité. Et c’est d’ailleurs là que l’on voit l’application des auteurs à ne pas rester enfermés dans la simple parodie. « Même si au départ nous n’avons fait qu’une parodie de séries sentaï, nous avons fait évoluer nos personnages afin de leur donner une personnalité propre » nous disent Philippe et Florence. « Au départ nos personnages sont des archétypes : Duke est le héros, Koji le mec qui gonfle, le grand Stratéquerre le méchant de base. Puis au cours des épisodes, (19 recueillis dans 2 volumes aux éditions Semic manga NDR), chaque personnage a pris une personnalité un peu plus complexe, et qui se sépare du modèle original. Et si au début c’était le côté nostalgique et humoristique qui faisait le succès de la série, on apprécie que les personnages finissent par vivre leurs aventures de leurs propres ailes, mais avec toujours autant d’humour. »

   

Petit résumé de la série

Tout commence par la rencontre de cinq jeunes gens qui ne veulent qu’une chose : apprendre le dur métier de HEROS. Pour cela ils doivent se rendre dans une école, la Sentaï School… Cette école est dirigée par nul autre que Ultrasama, le plus grand des héros. Chaque cours permet de se préparer à toutes éventualités en cas de combat contre les forces du mal, Harlock senseï à la ténébritude ou encore Oscar senseï au cours de costume, Maître Judoboy pour l’apprentissage des arts martiaux. Mais que serait une école pour apprendre à être un héros s’il n’y avait pas de méchants ? Et en fait il n’y a que la rue à traverser pour se retrouver à la Villains School dirigée par l’ennemi juré d’Ultrasama, le Grand Stratéquerre, qui est aussi le tonton de l’un de nos héros (mais chut je ne vous en dirais pas plus…). D’aventure en aventure, d’épisode en épisode, nos héros apprendront à devenir des héros, ils aideront certains de leurs professeurs, et feront se faire des cheveux gris même à ceux qui ont une crête à la place.

 

Les influences graphiques

Lorsqu’on leur demande quelles sont leurs influences tant au niveau graphique que scénaristique, on s’aperçoit que Florence est surtout influencée par des auteurs japonais comme Sho Tajima (MPD Psycho), Katsuya Terada (illustrateur ayant travaillé sur Blood the last vampire), Yu Kinutami (Leviathan), Takeshi Obata (Hikaru no Go), et Hojo Tsukasa (City Hunter) qui n’est plus à présenter. Philippe quant à lui nous cite des dessinateurs de tous les types, Travis Charest, Terry Dodson (tous les deux ont travaillé sur Spiderman chez Marvel) pour le comics, Didier Tarquin (Lanfeust de Troy), Barbucci/Canepa (Skydoll) ou Guarnido et Canales (Blacksad) pour la BD, et des auteurs comme Youn In-Wan, Yang Kyung-Il (Shin Angyo Onshi), Eiichiro Oda (One Piece), Masashi Kishimoto (Naruto), Urasawa Naoki (Monster ) et le grand Leiji Matsumoto (Albator) qu’on ne présente plus non plus.

En fin d’interview, je leur demande quels sont leurs projets. Florence fait équipe avec Lise Tarquin dans le métier de coloriste sous l’appellation « Crazy Toon », et elle continue avec Philippe sa collaboration sur « Serge le hamster de l’enfer », et tous les deux voudraient lancer une nouvelle série d’héroic fantasy en style SD : Roqwir. Souhaitons leur une bonne réussite, et de rester toujours aussi sympathiques et accessibles pour leurs fans.

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