[TEST] Shadow of the Colossus (PS4)

Enorme ! C’est le terme qui qualifie le mieux Shadow of the Colossus. Quoi de plus normal vous me direz, avec un nom pareil. Pour ceux à qui ce titre n’évoque rien, sachez qu’il s’agit du deuxième soft des créateurs d’Ico (et tout particulièrement Fumito Ueda) sorti pour la première fois en 2005 sur PS2. Et si vous ne connaissez pas Ico ou le soft original mais que vous aimez l’aventure avec un grand A, il est grand temps de vous plonger dans l’univers atypique de Shadow of the Colossus (SotC pour faire court). Vous allez comprendre la signification du mot gargantuesque en lisant ce qui suit.

Quand l’amour vous donne des ailes…

Sur les piliers d’un pont immense suspendu au dessus du vide, se répercutent les vibrations du trot d’un cheval. Le cavalier et sa fière monture se dirigent vers un temple ancien qui semble suspendu dans la brume. Le héros anonyme y conduit son amour défunt dans l’espoir que la divinité en ce lieu saura lui restituer son âme. Des vénérables pierres s’élève la voix tumultueuse du Dieu en question. Celui-ci accèdera à sa requête, mais en échange, il doit d’abord venir à bout de 16 colosses. C’est à ce prix que la résurrection de sa bien aimée sera assurée. Notre héros pose alors le corps inerte de cette dernière sur l’autel de l’édifice sacré, et décide de se mettre en route vers sa dure, mais non moins impressionnante destinée.

     

C’est grand, c’est beau, c’est… grand !

En tout premier lieu, il convient bien évidemment de mentionner le boulot phénoménal accompli par l’équipe de développement de Bluepoint Games. Ce remake est absolument ahurissant. On se souvient encore de la mouture originale qui faisait cracher ses tripes à la PS2. Désormais, le tout tourne en 4K à 30 images par seconde, sans baisse de performance notable. Les textures ont entièrement été revues et corrigées, des effets de lumière ou sur les vêtements se sont vus rajoutés, les décors ont bénéficié de grosses améliorations pour un rendu bluffant ; nous ne sommes pas du tout dans le cas d’un remaster HD classique. Le jeu n’a pour ainsi dire pas changé dans le fond, mais il revêt une robe graphique toute neuve qui lui alloue une aura resplendissante. Quant à l’orchestration des musiques, on reste dans le haut du panier avec une bande-son toujours aussi envoûtante.

Lorsque vous prenez enfin le contrôle de votre personnage, il est temps de vous habituer au maniement de celui-ci. Cela va vous demander énormément de temps et de pratique pour maîtriser toutes les subtilités du gameplay. Toutes les touches (ou presque) servent, et il vous faudra les enchaîner (ou combiner) habilement pour accomplir certains mouvements clés. Vous allez vous casser la figure quelques fois avant d’y parvenir parfaitement. Vous remarquerez tout de même que votre héros bouge d’une manière relativement fluide et naturelle, ce qui s’avère fort agréable. Une fois cette première étape plus ou moins assimilée, il est temps d’aller vous promener. A l‘aide de votre fidèle destrier, dont l’animation se révèle extrêmement fidèle à celle d’un véritable étalon, vous partez à la découverte du vaste monde de SotC. Et croyez moi, votre compagnon ne sera pas de trop pour raccourcir la durée de vos trajets, car l’univers du jeu semble sans fin, et s’étend à perte de vue n’importe où que l’on se trouve ! On se croirait dans un MMORPG tant l’impression d’immensité assomme le joueur.

D’ailleurs, jamais un jeu console n’a offert une telle liberté à l’époque de sa sortie. Dès le départ, vous pouvez vous rendre dans tous les coins de la carte rien que pour vous balader, sans souffrir d’aucun temps de chargement. Toutes les zones s’enchaînent sans transition, les décors se succédant avec une justesse étonnante. D’ailleurs ceux-ci demeurent d’une beauté ahurissante, et je pèse mes mots. C’est simple, on a bien souvent l’impression de regarder des photos de paysages oniriques, de panoramas que l’on ne peut admirer que dans les œuvres d’auteurs tels que Tolkien… Ainsi, SotC vous propose de plonger directement dans cette atmosphère magique comme si vous y étiez. A noter toutefois que certains contours d’éléments du décor restent encore assez anguleux, on ne peut pas non plus tout avoir… Mais les sublimes couleurs employées pour donner vie à cette « toile vidéoludique » font oublier ce défaut qui ne gâche en rien le rendu global. Maintenant, je vais juste vous déranger deux minutes pendant votre contemplation rêveuse, pour vous conduire vers votre première rencontre avec les colosses ! Laissez-vous guider par votre épée de lumière, nous y sommes presque…

     

Les colosses, ou comment rendre des combats immersifs à en pleurer

« Un pied immense, large comme une montagne, s’écrase avec fracas sur l’herbe de la plaine. Le sol tremble violemment sous l’impact. De la terre et des pierres son projetées en tous sens. Au dessus du nuage de débris, quelques vingtaines de mètres plus haut, se dresse un torse démesuré. D’un bras puissant, la créature tient une masse énorme, aussi longue et large que le clocher d’une église. Encore au-delà, à une hauteur vertigineuse, un visage imposant scrute de ses yeux flamboyants le cavalier et sa monture. Dressant son épée de lumière vers le colosse, celui-ci avance courageusement son destrier pour combattre. Minuscule, telle une petite araignée au pied d’un géant invulnérable, il va tenter de l’escalader. S’accrochant aux aspérités de son armure et aux poils aussi drus qu’une savane, Il cherche le point faible de son anatomie. Malgré les secousses et les mouvements violents, le guerrier s’agrippe fermement, suspendu dans le vide, car la moindre chute peut se révéler mortelle. »

Vous l’avez sûrement compris à la lecture de ce petit récit : la mise en scène de SotC est irréprochable. On se surprend à vivre cette aventure comme si on y était vraiment. Et c’est lorsque l’escalade du colosse commence que le jeu prend toute son ampleur. On comprend alors tous les choix des développeurs, ainsi que la raison pour laquelle ils ne se sont pas forcément focalisés sur une finition minutieuse des contours. On saisi également l’importance d’une carte du monde immense. En gros, SotC a été entièrement conçu pour s’adapter au gigantisme de son gameplay. L’attention a été centralisée pour offrir des sensations dantesques alors que l’on chevauche ces extraordinaires géants, puisque ces derniers font tout bonnement office de donjons ! De là haut, la vue demeure imprenable, et les paysages qui paraissaient déjà impeccables au sol, deviennent carrément magistraux. Grimper sur ces titans est un exercice délicat mais particulièrement passionnant. Un grand moment agrémenté d’une superbe musique qui s’intensifie avec l’action. Le seul point noir provient de quelques mouvements, déjà capricieux au sol, qui deviennent fastidieux en situations délicates (comprenez à haute altitude). De plus, les mouvements de caméra parfois trop violents selon les gestes du colosse peuvent vous cacher littéralement l’action, de quoi vous faire rater un saut décisif…

     

Bilan positif pour une expérience hors du commun

Cependant, SotC et ses ascensions de mastodontes reste malgré son léger défaut de contrôle une expérience unique menée de main de maître par les développeurs d’Ico. Je conseillerais tout de même à ceux qui tenteront cette aventure de progresser à pas de velours. SotC, tel Ico ou Soul Reaver en leur temps, propose de magnifiques environnements, une richesse inouïe en termes de mobilité, mais aussi une atmosphère pesante dans le sens où vous êtes seul (contre tous) ! Sauf qu’ici vous n’avez même pas d’ennemis transitoires éparpillés sur la carte pour vous tenir compagnie. Vous parcourez de vastes étendues, affrontez les éléments, à la recherche de votre prochaine cible (tout en prenant soin de ne rien rater de la beauté des lieux). Une fois celle-ci exterminée à la suite d’un long combat, vous recommencez l’opération. Néanmoins, se rendre au colosse devient un peu plus dur à chaque fois à cause des phases « plates-formes / exploration» rallongées. Ce principe peut donc se révéler peu attrayant au bout de quelques heures pour les moins passionnés. C’est pour cela qu’étaler et séparer au maximum vos duels contre les colosses aide à conserver la magie du jeu. D’autre part, faire l’aventure à plusieurs contribue grandement à augmenter le plaisir. Inutile de vous préciser que le jeu demeure aussi palpitant et agréable à jouer qu’à regarder. Pour finir, sachez que l’aventure vous demande environ une heure « réelle » (30 minutes pour les plus rapides) par colosse au début (le temps de s’y diriger, de trouver le point faible, de mourir quelques fois, etc…), et ce temps s’allonge au fur et à mesure pour se stabiliser une fois le principe et les contrôles bien assimilés.

L'avis de X-Fab :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Vous vous souvenez sûrement de vos premiers jeux vidéo dans lesquels vous affrontiez des boss immenses, mais dont vous n’aperceviez que le pied ou un bout de la main sur un écran fixe. Shadow of the Colossus permettait à sa sortie de réaliser un de ses rêves de gosse en combattant comme il se doit un géant, et tout cela dans un univers onirique époustouflant. Ce remake soigné offre une seconde jeunesse au titre en 4K. Pas besoin d’en dire plus, vous savez ce qu’il vous reste à faire : testez- le et laissez vous submerger par l’ombre du colosse !

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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