Strait Jacket

Cette année se trouvait Strait Jacket parmi les sorties de la rentrée. Une série de 3 épisodes seulement, qui n’a pas fait beaucoup de bruit, mais qui mérite qu’on s’y attarde un peu plus. Car vous auriez tort de vous priver d’un titre aussi réussi, aussi bien au niveau du scénario que des graphismes. Effluve de sang, violence omniprésente : âmes sensibles s’abstenir, les Strait Jacket sont là pour faire régner l’ordre…

La magie facilite la vie… mais apporte également son lot de désagréments

Une expérience scientifique a bouleversé le monde. En effet, l’usage de la magie est devenu possible. Ne voyant que les innombrables possibilités offertes par cette nouvelle forme d’énergie, les hommes décidèrent de l’utiliser à tort et à travers, dans tous les domaines possibles : médical, mécanique, militaire, etc… Cet abus ne restera pas longtemps sans conséquence : chaque emploi de la magie entraîne l’émission d’une pollution. Au contact d’une trop forte exposition, l’homme est contaminé et se transforme en monstre assoiffé de sang et dénué de raison.

   

Cependant, malgré les risques encourus, l’homme continue à utiliser la magie, car il ne peut plus s’en passer. Le Bureau des Affaires Magiques parvient à minimiser les incidents grâce aux unités de « Strait Jacket », des hommes formés à utiliser des armures pouvant lutter contre les monstres et les détruire. Parmi eux, Leiot Steinberg est le seul à ne pas disposer de permis, et à exercer son activité de façon illégale. Et pour cause : ses méthodes peu conventionnelles ne sont pas de nature à plaire au gouvernement.

Simple… mais diablement efficace

En seulement 3 épisodes, il semble difficile d’accrocher le spectateur. Le réalisateur Shinji Ushiro y parvient pourtant parfaitement. Ses personnages, bien que bourrés de clichés facilement repérables pour le fan de japanimation aguerri, n’en restent pas moins attachants et crédibles. Prenons le héros, Leiot : nonchalant, arrogant, sûr de sa force et « je-m’en-foutiste » au possible, a un air de déjà vu : Shikamaru (Naruto), Hieï (Yuyu Hakusho), Dante (Devil May Cry), j’en passe et des meilleurs… Et pourtant, on le trouve intéressant.

Le scénario ne brille pas par son audace, avec un certain nombre de schémas prévisibles : une conspiration, un personnage sincère habilement manipulé, un héros désabusé mais réaliste, etc… Mais le rythme soutenu permet de faire passer son manque d’originalité derrière sa fraîcheur et son allure. On peut comparer la trame de fond à D.Gray-Man : les humains se transforment en monstres que seuls les élus peuvent affronter.

   

Les décors ne font pas tâche : on a l’impression quelques fois de regarder un épisode de Gunslinger Girl, ce qui n’est pas le plus petit des compliments ! Enfin, l’animation des studios Feel s’en tire avec une note plus que correcte : dynamique, bien réalisée, un ensemble plutôt agréable à l’œil. Attention cependant à ne pas laisser la série aux mains des plus jeunes, car la vue constante du sang peut choquer nos bambins.

   

Et le son dans tout ça ? Surprenant. D’abord, Leiot a une voix similaire à celle de Dante (Devil May Cry). Mais un coup d’œil sur le casting permet de s’apercevoir que son doubleur a interprété des rôles si distincts qu’il était difficile de deviner son identité : Hiruma (Eyeshield 21), Wakabayashi (Captain Tsubasa), Kisuke Urahara (Bleach) et Takumi (Initial D). Tous ces personnages ont comme point commun une forte personnalité doublée d’une grosse assurance. Inutile par contre pour les gros fanatiques de One Piece de s’épancher en recherche pour reconnaître la voix inimitable de Sanji, même si on peut déplorer qu’elle soit attribuée à un personnage de seconde zone. Mais la surprise est plus grande encore lorsqu’on écoute le générique de fin de la série, signée… Kyo ! Et non, il ne s’agit pas d’une allusion à Samurai Deeper Kyo, mais bien du groupe de pop français pour ado qui avait connu un succès retentissant en France aux débuts des années 2000. Comme quoi, la mondialisation n’a vraiment plus de frontières… Le pire est que la musique, en parfaite harmonie avec la thématique de Strait Jacket, en devient presque jolie et plaisante !


Si Strait Jacket ne fait pas figure de série de l’année 2009, ou même de la rentrée, sachez cependant qu’il ne s’agit pas d’un navet à éviter à tout prix, bien au contraire. En seulement 3 épisodes, les studios Feel ont réussi à créer un univers suffisamment captivant pour vous faire passer un bon moment devant votre écran. Si la vue du sang ne vous rebute pas, n’hésitez pas à découvrir cette série.

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