Suikoden IV

En trois épisodes, la saga Suikoden s’est forgée une excellente réputation dans le cercle fermé des adorateurs de RPG à la nippone. Pourtant, on commençait à voir la série s’essouffler quelque peu avec le troisième opus, et force est de constater que le quatrième volet ne parvient pas à dissiper les doutes sur la suite de l’aventure des 108 étoiles du destin.

Une nouvelle aventure épique

Le scénario prend toujours place dans le monde de Suikoden, mais cette fois de nombreuses années avant les événements connus dans les opus précédents. Fraîchement diplômé de l’Académie de Marine des chevaliers de Gaien, votre vie semble toute tracée : naviguer sur les mers, protéger votre royaume et réduire les activités de piraterie. Sauf qu’au cours d’une mission de routine, votre navire affronte le terrible pirate Brandeau, dont la rune maudite vient se greffer sur votre main après avoir eu raison de votre mentor, dont la disparition vous est au passage imputée. Exilé avec quelques camarades, vous vous retrouvez à voguer au gré des océans à la recherche de votre destinée.

Et bien évidemment, ce destin regorge d’aventures palpitantes, de batailles navales et terrestres ainsi que d’une quête que l’on commence à connaître : réunir les 108 étoiles du destin, dont presque autant de personnages jouables, à l’instar des précédents Suikoden. Bizarrement, cette partie du jeu s’avère assez aisée, surtout pour un héros aussi charismatique qu’une huître desséchée. Sérieusement, Konami ne pouvait pas faire pire. A l’aide de cette véritable petite armée, il vous faudra unir les îles du Sud pour contrer l’avancée hostile d’un pays, poussé par une mystérieuse société de commerce. Rien de très palpitant en somme.

     

Suikoden prend la mer

La principale nouveauté réside donc dans la prédominance de la mer. Aucun continent n’est visible sur la carte du jeu (même s’ils sont cités par moments) et c’est à base d’allers retours entre quelques îles que le scénario de Suikoden IV se dévoilera. En effet, la carte a beau avoir l’air vaste, le réel terrain de jeu ne l’est aucunement. Jusqu’à ce que vous recrutiez un personnage mettant à votre disposition un miroir téléporteur, vous devrez donc naviguer à la recherche de votre prochaine destination où vous pourrez à loisir rechercher à recruter pour compléter votre quartier général et faire vos emplettes (auberge, équipement, runes pour la magie, troc de denrées rares…).

Toujours est-il que les batailles navales remplacent maintenant les affrontements épiques sur terre ferme, offrant au jeu un brin de nouveauté. Pour l’occasion le gameplay des batailles – essentiellement tactiques au passage – a été revu et demande un peu plus de réflexion, surtout lors de la phase de préparation lorsqu’il faut répartir les équipages de ses différents navires. Toutefois, une fois les mécanismes compris (un simple shifumi avec les runes), aucun adversaire ne pourra venir à bout de votre flotte.

     

On prend les mêmes…

A l’instar des précédents opus, Suikoden IV propose des combats en groupe (quatre personnages) dont il faudra gérer avec minutie le rôle respectif : attaquer, soigner, utiliser la magie. En ce qui concerne les combats se déroulant sur un bateau, on dispose même de la possibilité de switcher entre trois équipes : la principale avec le héros, et deux autres qui sont là en backup. Et vous en aurez besoin tant les combats sont nombreux durant les voyages en bateau ! Ces séquences en deviennent vite rébarbatives, surtout lorsque l’on se tape un ultime combat en perdant le contrôle du bateau qui fait demi-tour à l’approche d’un port. Vive le pathfinding codé avec les pieds.

Une bonne équipe reste la clé d’un avancement tranquille dans le jeu, étant donné que la difficulté n’est pas vraiment au rendez-vous, contrairement aux épisodes précédents. Nul besoin de passer des heures en level up donc, Suikoden IV ne fait pas dans la durée de vie artificielle même s’il fourmille de dizaines de mini jeux marrants à faire, tel que la pêche, les multiples jeux d’argent, un jeu de chat-souris, une chasse aux trésors, la création d’items spéciaux à l’aide de matériaux ramassés sur les ennemis, des îles cachées à dénicher…

Enfin, clé de fabrique de la marque Suikoden : attention les mirettes. Pas dans le bon sens du terme malheureusement, car les Suikoden ont toujours été dépassés par leurs concurrents en matière de graphismes. Suikoden IV ne fait pas figure d’exception, et au contraire, on regrette la touche artistique du troisième opus qui donnait beaucoup plus de charisme aux personnages, notamment grâce à leurs expressions faciales. Bref, ce n’est pas pour sa technique extraordinaire que vous aimerez Suikoden IV.

   

Suikoden IV regorge de petits détails optionnels qui enrichissent grandement le plaisir de jeu. Malheureusement, la quête principale ne revêt que peu d’intérêt à l’image du héros et se révèle finalement assez courte (30 à 40 heures). Le manque de charisme et de finition sur les points essentiels du jeu en font un bon jeu mais certainement pas un must have du genre. A réserver aux amateurs de Suikoden.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

Les derniers articles par Ryosan (tout voir)

Laisser un commentaire sur cet article :