[TEST] Assassin’s Creed IV : Black Flag

Si l’on pouvait logiquement s’attendre à reprendre du service avec Connor pour l’épisode d’Assassin’s Creed de cette année, Ubisoft a surpris son monde en optant pour une nouvelle époque et un nouveau héros, sans exploiter outre mesure le cadre du précédent opus. Au revoir donc la côte est américaine et les troubles de l’indépendance des Etats Unis et bonjour aux Caraïbes, quelques décennies plus tôt, pour une plongée dans le monde de la piraterie.

Hissez la grand-voile

Edward Kenway n’a rien du parfait assassin. Certes il fait montre de capacités physiques hors du commun et d’une absence totale de peur, mais son caractère sans foi ni loi le place à mille lieux des idéaux de la désormais célèbre confrérie. Et pourtant, une succession d’événements et de choix vont le propulser au milieu du conflit entre les assassins et les templiers, voguant tantôt pour les uns, tantôt pour les autres. Et c’est ce qui fait toute l’originalité de Black Flag justement, en optant pour un héros qui se moque bien des valeurs prônées par les deux camps et qui suit son propre agenda. Couplé avec un début de jeu bourré d’action plutôt qu’un énième tutoriel, voilà de quoi raviver la flamme de cette série qui risque à chaque épisode de s’éteindre.

Mais au-delà du scénario légèrement moins manichéen et du charismatique nouveau protagoniste, le vrai héros de Black Flag reste sans conteste le cadre de l‘aventure. Les Caraïbes offrent un terrain de jeu absolument sans commune mesure dans toute l’histoire de la saga. Même s’il n’est pas encore tout à fait un vrai jeu open world en raison des chargements nécessaires pour rentrer dans certaines zones, la quasi-totalité de l’océan et des îles s’explore sans aucune coupure, y compris en passant du bateau au sol et vice versa. Et quand on voit la grande qualité du travail graphique, on prend la mesure des prouesses techniques. Les couleurs chaudes et chatoyantes donnent vraiment vie à la nature et à l’océan, bien plus que la froideur de la direction artistique d’Assassin’s Creed 3. La distance d’affichage n’égale peut-être pas encore celle d’un Far Cry, mais le remarquable travail de level design, notamment dans les grandes villes, permet de toujours se repérer grâce à des lieux mémorables, y compris à distance.

C’est pas l’homme qui prend la mer

Sans revenir sur tous les systèmes qui font Assassin’s Creed (c’est tout de même le 7e), celui qui mérite que l’on s’y attarde est sans conteste le système naval. Introduit dans Assassin’s Creed 3 comme un à côté particulièrement novateur, Black Flag fait des déplacements et combats navals l’essence même de cet épisode. Le Jackdaw, le navire que l’on dirige, s’apparente presque à un personnage à part entière, étant donné le temps que l’on y passe et le degré de personnalisation disponible. Courir sur les mers après les nombreux navires marchands pour récupérer leur précieuse cargaison et ainsi s’offrir de quoi améliorer son navire sera vite votre passe-temps favori. D’où l’importance d’un monde ouvert qui permet de passer d’une cible à une autre, voire parfois plusieurs en même temps, et d’un système de combat naval simple et intuitif. Et c’est mission accomplie. Après quelques tentatives plus ou moins habiles, on devient vite un vrai pirate de plus en plus audacieux, au point d’aller jusqu’à attaquer les nombreux forts qui peuplent les côtes ou se mesurer aux vaisseaux légendaires, de véritables forteresses flottantes qui offrent un vrai défi aux joueurs chevronnés.

L’aventure en elle-même a beau représenter de nombreuses heures de jeu, c’est bien l’immensité des Caraïbes et ses nombreuses activités qui occupera le plus clair de votre temps dans Assassin’s Creed 4. Si chasser la baleine ou plonger en apnée pour fouiller des épaves n’est pas de votre goût, sans doute aimerez-vous explorer les dizaines d’îles à la recherche de cartes au trésor et de collectibles. Ou peut-être remplir tous les contrats d’assassinats, toutes les missions secondaires, voire même simplement voguer sur les mers et vous laisser surprendre par ce que le jeu a à vous offrir. Reste que vous devrez malheureusement vous taper quelques missions rébarbatives comme suivre des personnages à distance ou écouter des conversations. A se demander pourquoi ces phases aussi nulles sont toujours présentes.

L'avis de Ryosan :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Black Flag est sans conteste le volet le plus complet de la longue saga, le plus généreux et le plus plaisant. Une vraie réussite qui mérite que l’on s’y attarde, même pour ceux qui n’accrochent pas – ou plus – à Assassin’s Creed. C’est aussi étrangement le jeu qui prend le plus de libertés avec l’ADN d’Assassin’s Creed. A tel point que l’on ne peut s’empêcher de se demander s’il n’aurait pas pu exister sans aucun lien avec la série. Après tout, Black Flag est LE jeu de pirates que beaucoup de joueurs espéraient depuis des années.

Ryosan

Ryo est celui qui a lancé WebOtaku en l’an 2000 avec une telle puissance que cela a provoqué le fameux bug. C’est le sauveur de notre espèce, le défenseur des opprimés, l’instigateur d’un mouvement international visant à défendre les valeurs de la pop-culture otaku. Il en a vu des choses malgré son jeune âge, un peu comme un héros de J-RPG déjà blasé de la vie et considéré comme un vétéran à même pas 30 ans. Du coup, ayant atteint son level 99, on lui a lancé le pari fou d’étendre notre influence jusqu’au Québec. Et il est parti vivre ainsi son DLC canadien, tabernacle. C’est ça la master-classe. Ses spécialités : Tout. Quand on vous le dit : master-classe !

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