[TEST] Dark Souls III

Son créateur Hidetaka Miyazaki l’avait annoncé : Dark Souls 3 signe la conclusion de la série. Pour terminer en beauté l’aventure démarrée en 2009 avec Demon’s Souls, les studios From Software ont mis les petits plats dans les grands. Cet ultime épisode est une franche réussite à tous les niveau.

 

On l’avait noté durant notre aperçu du TGS, Dark Souls 3 s’apparente un peu à un mix de toutes les bonnes idées présentes dans Demon’s Souls, Dark Souls I et II, et Bloodborne. Cependant, le résumer à cela serait trompeur.

 

Si votre ramage se rapporte à votre plumage…

 

DARK SOULS™ III_20160410211033Parmi les évolutions qui sautent aux yeux lorsqu’on entame l’aventure figure évidemment la direction artistique. Difficile de ne pas ressentir la patte Bloodborne, ne serait-ce qu’au niveau de l’architecture et de l’atmosphère générale. Les mauvaises langues diront qu’on a là un copié-collé de certains environnements, mais quand bien même, cela reste véritablement magnifique. La plupart des panoramas se montrent saisissants de réalisme et véhiculent une certaine poésie (malgré les créatures suintantes qui déambulent en ces lieux), tandis que d’autres tableaux bien plus sordides nous enfoncent progressivement dans le cauchemar auquel on est en droit de s’attendre.

 

DARK SOULS™ III_20160410205014Cerise sur le gâteau, on ne remarque aucun ralentissement (ou vraiment très faible) alors que les studios n’ont pas lésiné sur les effets graphiques et lumineux. Le soft tourne en 1080p / 30fps sur PS4 (contre 900p / 30fps sur XB1) avec une fluidité remarquable. Du vrai travail d’orfèvre. Seule la création du personnage a tendance à donner naissance à quelque chose de moche… Le tout accompagné par une bande-son fantastique. En plus des mélodies « atmosphériques » signées Yuka Kitamura (déjà en charge de la sublime OST de Bloodborne), les thèmes de boss sont composés par l’illustre Motoi Sakuraba. On peut le dire, ça envoie carrément du bois. A noter la présence de morceaux du premier opus revisités.

 

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage

 

DARK SOULS™ III_20160410203423Il fallait au moins cette belle assise technique pour permettre la grosse évolution constatée en matière de gameplay. En effet, l’ensemble s’avère beaucoup plus nerveux, plus vif. Fini l’impression de lourdeur du personnage, Bloodborne est encore passé par là, c’est une certitude. Mais attention, en nombre plus conséquent, les adversaires profitent aussi de ce gain en agilité et se révèlent très coriaces car plus difficiles à toucher (mention spéciale pour leurs animations et leur I.A. bien travaillées). De fait, l’équilibre et l’esprit de la série sont conservés malgré la hausse de rythme et l’amélioration des sensations. On reste dans des combats où priment l’observation et l’anticipation, avec des esquives bien placées, une utilisation judicieuse du bouclier et des offensives lancées au moment opportun.

 

DARK SOULS™ III_20160410202632L’héritage stratégique des différents opus se voit complété par la présence de Combat Arts, des techniques spécifiques aux armes déclenchées via la gâchette gauche qui puisent dans la jauge de magie (la même que dans Demon’s Souls), au même titre que les sorts (les miracles, etc.). De plus, comme dans Bloodborne, il est désormais possible de charger ses attaques. De quoi rendre les affrontements encore plus intenses, plus viscéraux, et offrir aux joueurs tous les moyens nécessaires pour terrasser les boss. Car eux aussi ont gagné en vélocité, sans oublier le fait qu’ils possèdent maintenant plusieurs formes auxquelles il faut vite s’adapter sous peine de passer l’arme à gauche en un clin d’œil.

 

J’étais en un lieu sûr, lorsque je vis passer les cent têtes d’une Hydre au travers d’une haie

 

DARK SOULS III_20160331172152Autre point sur lequel nous bluffe DS3 : le level-design toujours plus ingénieux, qui peut d’ailleurs être admiré grâce à une distance d’affichage et une profondeur de champ rarement égalée (du moins sur console). Et pour cause, les niveaux proposent énormément de points de vue en hauteur qui permettent – en plus de jouir des paysages de folie – de visualiser la route à suivre jusqu’au feu salvateur, voire même de deviner les raccourcis potentiels à débloquer (mécanisme bien connus des habitués). Un bienfait non négligeable étant donné l’absence de map.

 

DARK SOULS™ III_20160410205258En ce qui concerne le scénario, moins cryptique qu’auparavant, il se laisse appréhender plus naturellement. L’intro énonce (presque) clairement les enjeux et le rôle des morteflammes (dont on fait partie) : remettre les Seigneurs des Cendres sur leurs trônes pour sauver le royaume de Lothric. Cependant, il faudra toujours se creuser les méninges et fouiller dans les descriptifs d’items et autres sources d’informations cachées si l’on souhaite tout comprendre (le new game + ne sera pas non plus superflu pour aider à reconstituer les pièces du puzzle).

 

DARK SOULS III_20160331154342Enfin, côté online, le système de matchmaking semble identique à celui de Dark Souls pour ce que l’on a vu. Il suffit d’apposer une marque au sol pour qu’un camarade nous invite (avec possibilité de limiter la partie aux copains en lui adjoignant un mot de passe). 3 joueurs peuvent désormais rejoindre une session, soit 1 de plus qu’avant, et l’ensemble s’avère très stable. Il faut juste veiller à être sous forme de Seigneur des Cendres (en ayant consommé une braise, l’équivalent de l’effigie humaine des volets précédents). La notion d’invasion de mondes (PVP) est toujours d’actualité, et si vous craignez pour votre vie, il suffit de désactiver le mode en ligne dans les options.

 

L'avis de X-Fab :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Si Dark Souls 3 s'inspire de tout ce qui s'est fait de mieux dans la série – y compris Bloodborne - depuis des années, ce n'est pas pour surfer tranquillement sur la vague du succès (mérité, entendons-nous bien), mais bel et bien pour livrer une œuvre complète, cohérente et solide. Magnifique de bout en bout, le moindre aspect a été soigné à l'extrême. Bien entendu, on reste dans les codes et la philosophie des Souls, autrement dit dans du die & retry à la difficulté corsée (notamment à cause de - ou grâce à - ses boss de ouf). Ça plaît ou pas, mais l'ensemble s'avère tellement bien maîtrisé qu'il est difficile de faire la fine bouche. D'autant que le level design de haute volée enfonce le clou. Bref, la marge de progression constatée depuis 2009 a donné naissance à ce titre majestueux ; plus qu'une synthèse des qualités de la série, Dark Souls 3 est une leçon de jeu vidéo.

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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