[TEST] Deus Ex : Mankind Divided (PC, PS4, Xbox One)

Quand on est fan de jeux d’infiltration et de RPG, il est difficile d’être passé à côté de Deus Ex : Human Revolution. Malgré des lacunes techniques et une écriture pas toujours flamboyante, le titre d’Eidos Montreal était une franche réussite. La question est maintenant de savoir si les studios ont surmonté leurs errances de jeunesse dans cette suite pour en faire le titre magistral que l’on attend tous.

Contre toute attente, mes sensations sur Mankind Divided sont un copié-collé de celles éprouvées en 2011 lorsque je parcourais Human Revolution, en plus exacerbées. A commencer par la prise de contact en demi-teinte, notamment sur le plan technique. Les quelques soucis visibles dans l’animation, les expressions faciales ou les diverses textures font en effet un peu tâche dans ce tableau pourtant si classieux. Si je pinaille, c’est parce qu’à côté de ça on bénéficie d’une direction artistique carrément démentielle, dépeignant à merveille la crasse et la perversion de cet univers cyber-punk.

On sent que l’accent a été porté sur l’architecture, avec un soin tout particulier pour la gestion de la lumière qui met en valeur les formes caractéristiques de chaque édifice. De même les effets atmosphériques demeurent assez bluffants de réalisme et contribuent au rendu tout en finesse de l’ensemble, sans fioriture ni touche superflue. La bande-son composée par Michael McCann et Sascha Dikiciyan se révèle carrément exceptionnelle. Comme pour l’épisode précédent, elle sert chaque situation avec brio et instaure une ambiance unique. De plus, contrairement à l’épisode précédent, les environnements sont peuplés comme il se doit, avec des PNJ qui transpirent le mal-être et ont tous quelque chose à dire. Et c’est précisément ce souci du détail qui permet d’instaurer une atmosphère crédible au sein de laquelle on se sent tout petit.

Prouesse narrative

Avec un socle visuel aussi solide, il est forcément plus aisé d’entrer corps et âme dans le récit conté ici. Pour ne rien gâcher, le soft bénéficie d’une écriture et d’une mise en scène de haute volée, et ce malgré une entame un peu trop manichéenne à mon goût. Fort heureusement, les scénaristes trouvent rapidement un équilibre plus nuancé qui offre l’opportunité à chacun de faire ressortir ses tendances affectives. L’intrigue prend place deux ans après l’opus précédent, dans un contexte où les humains augmentés sont désormais bannis par la population. Quant à Adam Jensen, il fait partie d’une division antiterroriste d’Interpol enquêtant sur un attentat survenu à Prague, qui le conduira à nouveau au cœur d’un conflit qui le dépasse.

02Terrorisme, conspiration, complots, transhumanisme, toutes les thématiques fétiches sont là pour nous tenir vissé au pad durant les 30-40 heures que dure l’aventure. Mais là où Mankind Divided fait très très fort, c’est en proposant des quêtes annexes tout aussi –voire même plus – fouillées que la trame principale. Rares sont les titres à disposer d’un tel potentiel narratif ; on se demande si les développeurs n’ont pas été lorgner du côté de Fallout New Vegas pour élaborer leur modèle de quest-design. De même, tous les personnages se montrent très intéressants et particulièrement bien doublés. Les dialogues sont d’ailleurs l’un des atouts du soft. Ils participent grandement à renforcer l’authenticité de l’univers et l’implication du joueur puisque ses choix moraux influent sur l’issue des missions et la suite de l’aventure.

Gameplay augmenté, mais pas trop

09Notre personnalité et notre façon de jouer s’avèrent tout autant prises en compte dans le gameplay, lequel n’a d’ailleurs pas vraiment subi de mutation depuis Human Revolution. Mis à part le système de couverture et les déplacements furtifs désormais plus précis, seule la disparition des combats de boss -au sens où on l’entendait- crée la (bonne) surprise. Autrement, on reste dans un schéma connu, à base d’augmentations cybernétiques réparties dans différents arbres de talents. La puissance d’Adam mais aussi ses facultés d’exploration s’étendent ainsi au fur et à mesure qu’il progresse en compétences.

06Le level design vraiment exceptionnel du soft exploite à la perfection ces possibilités d’augmentation en mettant à notre disposition plusieurs cheminements pour atteindre nos objectifs en fonction des capacités débloquées. A nous par la suite d’opter pour une approche furtive (via des conduits d’aération par exemple) ou bourrine, voire un mix des deux, sachant que le challenge s’adapte bien à tous ces types de progression. À noter toutefois qu’à partir du moment où le héros devient une machine de guerre, la difficulté prend un coup dans l’aile. Cela dit, devant tant d’efforts pour fournir une œuvre aussi complète, cohérente et passionnante que ce Mankind Divided, on peut pardonner beaucoup de choses.

 

L'avis de X-Fab :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Si l’humanité est divisée, le retour d’Adam Jensen met tout le monde d’accord ! Avec Mankind Divided, Eidos Montreal place la barre très haut et montre que le studio maîtrise son sujet. Surtout au vu du pari que représentait la résurrection de cette licence mythique ! Le rendu visuel est très propre malgré quelques faiblesses techniques, mais c’est surtout la direction artistique qui impressionne ici. Mankind Divided véhicule une beauté froide, sobre, qui colle à merveille avec les propos très noirs qu’il dépeint. Comme dans Human Revolution, mais avec un degré d’analyse supérieur, la trame délivre un message authentique sur l’évolution de l’humanité et ses penchants les plus sombres. On a droit à notre lot d’émotions et une vraie montée en puissance. Seul le final (annonçant une suite ?) se montre pingre en révélations. Quant au gameplay, il a gagné en flexibilité et profite d’une grande rejouabilité. Que l’on se penche du côté des quêtes (principales ou annexes), des possibilités d’évolution du personnage, du système de choix moraux ou du level-design grandiose, on ne peut que féliciter le travail abattu. Une chose est sûre désormais, le RPG occidental compte une nouvelle référence de taille. Un grand jeu, tout simplement.

 

X-Fab

X-Fab est ainsi surnommé car il a passé de longues années au département des affaires non classées du FBI, en compagnie de Mulder et Scully… en tant que pièce à conviction. Persuadé d’avoir été enlevé par des ET, et clamant haut et fort qu’ils l’ont torturé en lui passant la musique de Tetris en boucle durant des semaines, il sait qu’il est différent des autres. Il prétend que son contact avec des entités paranormales lui a alloué des pouvoirs surhumains : ses pouces seraient cent fois plus rapides et puissants que ceux du commun des mortels. En quête de pouvoir, il réunit une équipe d’exception sur WebOtaku afin de convertir l’humanité à la cause des loisirs geek. Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, l’action-aventure, la baston, les jeux musicaux, et les cernes sous les yeux.

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