[TEST] Deus Ex : The Fall (PC)

C’est très mauvais. Fin du test. Voilà comment décrire Deus Ex : The Fall en 4 mots, soft carrément indigne de son prédécesseur qu’était Deus Ex : Human Revolution. J’entends déjà la colère des fans de la série monter.

Deus Ex, c’est pour les plus jeunes une série à succès qui a débuté son histoire en 2000 sous le titre éponyme. Premier épisode, JC Denton est le personnage principal et déambule dans un monde cyberpunk en plein chaos, car touché par la peste grise. Deus Ex : Invisible War, sorti en 2004, raconte les péripéties d’un clone nommé Alex D et prend place quelques années après l’histoire de JC Denton. Deus Ex : Human Revolution est le plus récent (2011). Acclamé par les joueurs et par les critiques, l’histoire se positionne avant l’épisode d’origine (préquelle). Le héros de Human Revolution s’appelle Adam Jensen.

The Fall pointe son nez pendant l’été 2013 sur iOS et récemment en janvier sur Android. L’histoire est parallèle à celle d’Adam Jensen. L’intrigue se déroule donc dans le même monde et à la même période (2027). Le scénario s’inspire du roman de SF Deus Ex : Icarus Effect. C’est bon, vous êtes toujours avec moi ? Déjà considéré comme très moyen sur smartphone, on se demande pourquoi Square Enix a décidé de porter le titre sur PC.
Certains avaient souligné une histoire intéressante sur iOS. Un portage HD ne pouvant souvent pas faire pire qu’une version smartphone/tablette, je me décidais à lancer le téléchargement.

Un scénario plaisant à suivre

2027, un âge d’or pour la science, la technologie et… les augmentations humaines. Que toutes les personnes qui ont un jour rêvé d’avoir un bras robotique lèvent la main ! Toute utopie cache un envers du décor vraiment pas beau à vivre : division sociale, banditisme, conspiration à tout va. Les grandes industries pharmaceutiques et les laboratoires de recherche dominent les gouvernements grâce aux médicaments et aux augmentations qu’ils vendent aux plus fortunés et aux malfrats du monde entier. C’est à ce moment que Ben Saxon apparaît. On apprend donc que notre personnage principal est un ancien SAS devenu mercenaire. Aujourd’hui en fuite car il a eu la bonne idée de trahir ses « amis » les Tyrans, l’organisation paramilitaire veut sa peau et met tout en œuvre pour le retrouver en anéantissant tous les augmentés au passage. En ce qui concerne le synopsis, la narration demeure vraiment bonne. Les dialogues et les voix (en VO, mais sous-titrage VF) s’avèrent convaincants. Du coup, on rentre vite dans la peau de notre héros et l’envie d’en savoir plus vient nous titiller le cerveau mais…

C’est moche, c’est mou, c’est chiant

Au bout de 5 minutes de jeu, je me demandais sincèrement en quelle année j’étais : textures horribles, IA avec une intelligence de crevette (oui oui, j’ai bien vérifié sur l’internet mondial que la crevette était idiote), déplacements de grand-père pour un mercenaire se shootant aux augmentations neurologiques… Je passe sur les autres tares dignes des jeux très old-gen qui ne manquent pas. On vient de faire un bond en arrière, que dis-je, là on sprinte même vers le passé. Le tutoriel, ennuyant au possible, est imposé. Une bulle d’aide vient prendre tout l’écran pendant 5 secondes, empêchant tout mouvement. A la fin du didacticiel, on n’en peut déjà plus.

Square Enix a eu la bonne idée de faire de la pub quant à la totale compatibilité souris-clavier pour ce portage. C’est là que la surprise intervient : impossible de rebind les touches, le jeu est codé pour du QWERTY. Donc si l’on veut avancer on appuie sur W, et si ça ne convient pas, tant pis. Pour ce qui est de la publicité mensongère, on peut dire que l’on est sur un nuage. Prenons la promesse de rééquilibrage de l’intelligence artificielle. Lorsque l’ennemi nous fait face, il peut nous tuer en 2 balles de fusil à pompe, mais en réalité… Il ne fait rien (pauvres joueurs iOS, je n’ose même pas imaginer ce que c’était avant).

Au sujet de la suppression des options de ciblage automatique sur smartphone/tablette, cela est totalement vrai, elles ont bien été supprimées. Sauf que le viseur fait 70% de l’écran et quand on tire sur un ennemi, ça le touche 1 fois sur 2. Gandiose ! Sinon un portage HD vous avez dit ? Le jeu est graphiquement identique à la mouture portable. Alors si sur iPhone ça ne rend pas trop mal, sur PC, ça pique les yeux, et pas qu’un peu. L’apogée du foutage de gueule réside dans l’animation des personnages : pas de mouvement des lèvres, pas de clignement des yeux, c’est plutôt des marionnettes qui « remuent » pendant les dialogues ; un travail totalement bâclé qui fait peine à voir.

Des bugs en veux-tu en voilà, des incohérences en pagailles

Comme dans Human Revolution, dont The Fall s’inspire largement en termes de gameplay, Ben peut s’améliorer pendant la partie afin de diversifier l’expérience, ce qui permet d’exploiter le level design de qualité et les multiples routes qu’il offre. On a le choix entre différentes compétences allant du piratage informatique (pour les rares moments où l’on s’amuse à pirater des portes, mais bien trop courts !) jusqu’à l’augmentation de la masse musculaire pour déplacer des objets, en passant par la capacité de courir plus vite. Pour cette dernière, si vous améliorez trop (oui oui, trop) la capacité de course à pied, votre personnage va littéralement lagger. Dans un jeu solo c’est plutôt intéressant m’voyez ; 5 pas en avant, 2 pas en arrière, en continu, de quoi donner lieu à une belle tranche de rigolade.

D’autre part, le gameplay est totalement incohérent. Ben Saxon se ballade avec une boutique (OUI UNE BOUTIQUE) sur lui. Qui veut un pistolet, qui veut un shotgun ? Quoi ? Vous n’avez plus de balles ? Faites pause et achetez-en dans la boutique ! Un système totalement idiot qui ruine le gameplay selon moi. Pas besoin d’espérer un inventaire logique, il n’y en a pas. Apparemment Ben peut porter 500 kilos de marchandises, il ne va pas broncher. C’est un ancien SAS après tout. Enfin, pour les joueurs français, si vous voyez des caractères bizarres dans les menus de chargement, c’est normal, c’est juste mal encodé.

L'avis de ColorDream :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Les voix, le scénario, les phases de piratage et c’est tout. Fin des points positifs de ce Deus Ex : The Fall. Ensuite, c’est bugs à foison, incohérences et codage avec les pieds qui ruinent tout le reste, au point d’occulter le level design soigné. Fan de Deus Ex, passez votre chemin. Nouveaux venus dans le monde de Deus Ex, passez aussi votre chemin. Si l’histoire vous intéresse, tentez d’acquérir la version iOS ou Android (souvent à 1 euro en promotion) car ce portage « HD » sur PC à 9.99 euros est aujourd’hui une pure arnaque.

ColorDream

ColorDream est sur ce monde pour un but, un unique but : réaliser les rêves des petits geeks en quête de puissance. Il a donc écumé les contrées d'Azeroth pendant des années, a fait une pause et a repris du service sur les Champs de Justice, proposant ses talents et son doigté (de clavier pour certains, d'autres pour certaines) aux jeunes pousses rejoignant ses rangs.
Son adage ? "Moins tu dors, plus t'es fort".
Ses spécialités ? Les jeux indies (spécialement les horror games), les MMORPG et les MOBA.

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