[TEST] Diablo III

12 ans d’attente, rien que ça. C’est ce qu’ont dû endurer les fans de Diablo II, un hack’n slash du célèbre studio Blizzard qui avait révolutionné son monde en 2000. L’annonce d’un troisième opus il y a quelque temps avait fait grand bruit, et on n’attendait qu’une chose : tenir entre nos mains le jeu le plus attendu de tous les temps, plus encore que ne l’était Duke Nukem Forever.

« Avant je jouais peu sur PC, mais ça c’était avant. »

Ce sont des milliers de fans français qui se sont rendus à la soirée de lancement qui avait lieu à la Fnac des Champs Elysées le 14 mai 2012. Cela traduisait bien l’attente insupportable et l’engouement démesuré suscité par le jeu. X-Fab et moi en faisions partie, et avons eu le privilège de jouer à la version collector en avant-première. Nous avons, chacun notre tour, monté un personnage jusqu’au niveau 15 environ sur le même ordinateur, jusqu’à un événement imprévu : nous avions tellement envie d’y jouer ensemble que nous avons acheté un deuxième PC et un autre jeu, constatant pour l’occasion que les versions boites du titre étaient en rupture de stock dans tous les magasins. Il faut dire qu’il s’en est vendu 6,3 millions d’exemplaires dans le monde la première semaine, dont 3,5 millions le premier jour… C’est ça Diablo III. Un jeu dans la disproportion, tellement attendu et communautaire qu’il a battu des records de ventes et poussé les joueurs à mettre à jour leurs équipements informatiques.

Un héros contre une armée de démons.

Diablo III propose 5 classes différentes, dont on peut choisir le sexe. La personnalisation s’arrête là, et il est fort dommage en 2012 de ne pouvoir changer l’apparence de notre héros, même si les modèles de ces derniers s’avèrent très réussis. Une fois cette déception surmontée, on se lance dans la lecture des classes et de leurs caractéristiques. Le barbare est, comme son nom l’indique, une brute épaisse très puissante au combat rapproché et capable d’encaisser de lourds dégâts. Il utilise sa rage, accumulée à force de taper et de recevoir des coups, pour infliger des attaques spéciales à ses adversaires. Il ne fait pas dans la dentelle et ravira les amateurs de belles armures et d’armes impressionnantes. Le moine quant à lui est tout aussi puissant, mais beaucoup plus stylé et assénant les coups à une vitesse fulgurante. C’est un maître des arts martiaux et de la magie divine, ayant les capacités de soigner ses alliés et d’infliger de lourdes blessures à ses opposants. Tout aussi stylé, le chasseur de démon est l’assassin, le rôdeur ou l’archer présent dans bon nombre de jeux. Pouvant se battre avec des dagues, il privilégiera surtout les arcs ou les arbalètes (une dans chaque main !) pour faire pleuvoir les flèches sur ses adversaires. Capable de se téléporter loin des ennuis et de poser des pièges pour fuir plus facilement les situations difficiles, le chasseur est une ombre mortelle. Le féticheur est aussi très puissant dans son genre. En invoquant des créatures d’outre-tombe pour le soutenir en combat, allant des petites araignées au troll enragé, il noie ses adversaires sous un déluge de poison et de familiers. Enfin, le sorcier utilise les éléments de la nature pour griller, électrocuter et glacer ses ennemis. Il excelle dans les attaques de zone à distance et compense sa fragilité naturelle par des sorts défensifs très efficaces.

Quoi que vous décidiez de jouer, et de toute façon vous pourrez créer jusqu’à 10 personnages en tout, vous partirez en quête d’une étoile qui s’est écrasée près de la ville de Tristram et qui a fait se relever les défunts. D’abord aux prises avec des morts-vivants, vous affronterez très vite des armées de démons (dont le bestiaire se montre relativement varié) envoyés par leurs maîtres pour détruire le monde. Cette histoire, qui se résume en quelques lignes, n’est de toute façon pas l’intérêt majeur du jeu même si les séquences cinématiques se révèlent vraiment magnifiques. Le scénario ne vous transcendera pas et ne sera qu’un prétexte pour vous faire visiter des donjons tous plus grands les uns que les autres, à la recherche de boss à trucider et d’équipements magiques toujours plus puissants à équiper. Les donjons, parlons-en. Plutôt beaux dans l’ensemble et doté d’une ambiance sonore soignée, ils brillent souvent par leurs décors tantôt glauques, tantôt colorés, et bénéficient parfois d’animations absolument saisissantes en arrière-plan (avec des créatures gigantesques ou des batailles explosives). Ils sont générés aléatoirement, avec des lieux annexes à visiter, des événements et des monstres rares qui apparaissent au hasard. Si vous êtes un maniaque de la fouille, vous ne pourrez vous empêcher de découvrir les zones à 100%, même si c’est la dixième fois que vous les visitez. Une grotte jusqu’ici impénétrable pourrait vous ouvrir ses portes et vous donner accès à ses trésors. D’ailleurs, le contenu des coffres et les objets laissés par les monstres sont eux aussi aléatoires.

Hardcore gaming VS casual gaming

Diablo I et II, ce sont les vieux de la vieille qui s’y sont défoulés. Aujourd’hui trentenaires et probablement passés à autre chose, il fallait pour battre des records de vente que le jeu s’adresse au plus grand nombre. De nos jours, l’heure est au casual gaming et sieur Diablo III ne déroge pas à la règle. Les fans de la première heure se sont insurgés contre la simplification à outrance du gameplay, et surtout de la montée en niveau des personnages. Exit les arbres de compétences super fournis avec des choix difficiles à faire entre plusieurs skills. Tout est imposé. Comprenez par-là que chaque niveau gagné débloque une compétence déterminée. Libre à vous ensuite de l’assigner ou de garder l’ancienne. En plus des boutons gauche et droite de la souris qui sont les attaques de base, votre personnage peut avoir 4 compétences assignées aux touches 1, 2, 3 et 4. Seules 6 attaques sont donc paramétrables et utilisables à la fois (probablement en vue de la version console). C’est plutôt décevant, d’autant plus qu’il n’y a qu’entre 3 et 5 skills disponibles par touche. C’est simplifié à l’extrême, et pour donner un semblant de customisation on débloque aussi des runes qui octroient des bonus aux skills. On est vraiment loin de l’esprit originel. On aurait aimé, pour pallier à cette simplicité abusive, pouvoir configurer plusieurs sets de compétences (défensif, offensif, en solo, à plusieurs…) entre lesquels on aurait pu switcher en pressant une simple touche. Mais non, et on fait avec. En revanche, les autres éléments de gameplay sont plutôt agréables, notamment le système de craft assez complet et l’hôtel des ventes public qui permet de s’enrichir en vendant ses trouvailles aux autres joueurs, ou de dénicher de petites merveilles contre l’argent du jeu, et même bientôt en échange d’argent réel. Voilà qui devrait ravir les chinese farmers…

L’histoire de Diablo III, aussi simple soit-elle, se divise en 4 actes composés de plusieurs chapitres. Une fois les chapitres joués et débloqués, on peut les rejouer quand on veut et dans n’importe quel ordre (pour combattre les boss de nouveau et gagner de bons items par exemple). De même, si on rejoint la partie de joueurs qui sont plus loin dans l’histoire, on débloque les chapitres joués à leurs côtés. On peut alors continuer l’histoire où ils en sont, ou revenir à notre position. Cette liberté dans le choix des événements à jouer est vraiment très plaisante. Finir le jeu débloque une difficulté supplémentaire, et ainsi de suite. Plus le jeu est ardu, plus les objets trouvés sont puissants. Au final on dispose d’un jeu sans fin pour ceux qui aiment le challenge et prennent de plus en plus de risques pour obtenir un équipement de tueur. Beaucoup se lasseront et passeront à autre chose, mais d’autres y perdront littéralement leur vie sociale, comme avec un MMO.

C’est meilleur à plusieurs.

Diablo III est donc similaire à un MMORPG. Il se joue obligatoirement ligne en se connectant à un compte Battlenet, que l’on souhaite y jouer seul ou à plusieurs. En solo on peut être accompagné d’un compagnon qui monte également en niveau, gagne en compétences et peut être équipé. En multijoueur, jusqu’à quatre personnes peuvent former un groupe. Bien entendu, plus on est de fous plus le jeu est difficile. Chose plutôt bienvenue : les récompenses (objets et points d’EXP) sont individuelles, donc on évite de se battre pour la moindre pièce tombée à terre. On peut rejoindre un ami qui a ouvert sa partie au public n’importe quand, et vice versa. Un système de drapeau permet de se téléporter à côté de ses compagnons, quand on est parti seul en ville pour vendre son inventaire par exemple. Chacun est libre de faire ce qui lui chante : ce n’est pas parce qu’on joue à plusieurs qu’on est obligé de rester collés les uns aux autres. Seuls quelques passages importants nécessitent que le groupe soit réuni, les boss notamment. La liberté qu’ont les joueurs dans le choix des chapitres fait qu’on n’est pas non plus forcés de toujours jouer avec les mêmes personnes. On peut faire un chapitre avec un groupe, continuer ensuite sa partie en solo, puis sauter 10 chapitres pour jouer avec un autre ami. Le but est de se faire plaisir, de s’amuser avec ses potes, sans contrainte. Ou presque…

Car le fait de toujours devoir se connecter pour jouer peut s’avérer problématique et prise de tête. Tout d’abord, le jeu connait un tel succès que les serveurs sont souvent pris d’assaut les soirs et le week-end (bref quand on rentre du travail et qu’on veut se détendre un peu…). Impossible parfois de se connecter pendant plusieurs minutes à cause de la fameuse erreur 37. FAIL. Surviennent également des déconnexions intempestives de temps à autres. Mais aussi et surtout, le jeu est régulièrement en maintenance, et il faut dire que Blizzard ne choisit pas toujours bien son moment. Je me souviens d’une maintenance tout un dimanche une ou deux semaines après la sortie du jeu. C’est simple, la première semaine, on est parvenu à y jouer seulement 5 heures en essayant de se connecter aux heures « normales », et pas beaucoup plus la seconde. EPIC FAIL. Un jeu que l’on paye 60€ et auquel on ne peut pas jouer quand on veut, c’est méga frustrant, et surtout intolérable. Bien sûr cette connexion obligatoire sert à quelque chose. Tout d’abord à éviter le piratage et la tricherie (histoire que des petits malins ne modifient pas leurs sauvegardes en s’ajoutant des stats et des équipements de malades). Ensuite pas mal d’éléments du jeu sont liés au compte Battlenet et non aux persos. Le contenu du coffre, le niveau des artisans, l’argent et les difficultés débloquées sont communs à tous les personnages créés. On peut donc monter un héros et faire profiter les autres de ses récompenses et de son argent, et c’est vraiment plaisant.

Au final on a un jeu avec énormément de qualités, mais aussi pas mal d’inconvénients. Et pas des moindres. Bien sûr le plaisir de jeu est au rendez-vous, et surtout à plusieurs. Tout a été pensé pour partager de bons moments, même si on regrette que le gameplay ait été beaucoup trop simplifié. Par contre il y a de quoi s’arracher les cheveux quand les serveurs décident qu’on n’a pas le droit de jouer, ce qui arrive beaucoup trop souvent à mon goût. Il est souhaitable que Blizzard prenne les choses en main. Ce serait un beau gâchis que le jeu soit victime de son succès.

Na'Tali

Après avoir rêvé d’aventure dans les champs de moutarde dijonnais, Na’Tali s’est lancée dans le projet insensé de se financer un voyage intergalactique en compagnie du commandant Shepard et Kaidan Alenko. Depuis, elle a migré sur la capitale afin de gagner suffisamment d’argent pour construire une réplique du Normandy dans son jardin. Pour ce faire, elle se donne en spectacle dans la rue avec son petit chien en enchainant les perfect sur les morceaux expert de Guitar Hero. En parallèle, et parce que cela ne représentait pas assez de challenge, elle a également entamé la fabrication d’une machine à remonter le temps pour retrouver Alistair et ses amis gardes des ombres, ainsi que Geralt de Riv. C’est qu’elle en a de la ressource, la petite ! Ses spécialités : le RPG, le Survival-Horror, les jeux musicaux et le travail manuel.

7 commentaires

  • >Thehawk : merci pour ton commentaire. Je peux comprendre que ce type de remarques fasent grincer des dents les gros fans du jeu, mais pour information, « on a prit la peine » de rejouer aux anciens, il n’y a pas si longtemps. On ne pond pas des tests comme ça, par hasard. On a fait l’expérience Diablo III avec d’autres joueurs tout aussi fans de la saga, dont certains tenaient des sites entièrement dédiés au dexième opus. Tous ont ressenti la même déception à ce niveau, et ont souligné les mêmes lacunes. Le jeu n’en demeure pas moins bon pour autant, mais il reste moins profond en termes de customisation. C’est tout.
    Quant aux modes de difficulté, ils sont là, tout à fait, et c’est vraiment lorsque le jeu devient plus complqué que l’on s’amuse le plus…. Sauf dans le plus haut niveau où la frustration atteint son apogée… Personnellement, ça ne m’amuse pas de farmer du stuff à outrance (parce que tout le meilleurs équipement coute plusieurs millions à l’AH) en passant mon temps à me faire défoncer la tronche et en gaspillant mes deniers en réparation de matos. Chacun son truc en matière de « plaisir de jeu », mais je n’en vois pas l’intérêt. 😀
    Enfin, pour les problème de connexion, tout le monde n’a pas été touché de la même façon, mais ils étaient là et bien là. J’en suis la preuve vivante. Et quand on paye cher pour un jeu autre qu’un MMO, on est en droit d’y jouer quand on veut. C’est la moindre des chose. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si des plaintes de la part d’associations de consommateurs ont été formulées à l’encontre de Blizzard. n’en déplaise aux fans de la firme. :/

  • Oh que non, les remarques formulées ici ne sont pas du « bullshit » malheureusement…
    Etant un « vieux de la vieille » et ayant passé des mois entiers sur les premiers, je suis entièrement d’accord avec les soucis formulés dans le test qui est on ne peut plus objectif.

    PS : merci pour la traduction de casual gamer, au cas où on ne parlait pas anglais. 😉

  • Que dire … bon article c’est sur mais encore et toujours les mêmes bullshit de la part de « joueur » de Diablo. Si vous aviez pris la peine de rejouer aux précédents opus, vous vous seriez rendu compte que non, tout n’a pas été simplifié donc que non, D3 n’est pas un jeu pour casual gamer (car casual gamer veut dire « joueur occasionnel »). Les mode de difficulté sont là et bien pensé, what else ?
    En ce qui concerne les soucis de connexion … ça me fera toujours rire … La fameuse « erreur 37 » n’arrive pas si souvent que ça et pas à autant de personne que la rumeur le laisse penser (6millions d’exemplaire vendu en 1 semaine, quel pourcentage de joueur ayant connu ce soucis ? ).

  • Mon avis sur Diablo 3 ? C’est comme Macdo : Additif et écœurant à la fois. Un aspect attirant, porteur de sensations fabuleuses. Une bouffe étudiée pour être avalée sans effort physique ou mental. Un menu simple, sans danger, pour plaire au plus grand nombre. Un goût agréable qui donne envie de venir encore et encore. Un système qui insidieusement incite à la consommation. Au final, la sensation d’être gavé et décervelé, puis on y retourne…

  • Merci pour ce commentaire. Effectivement la bande-son est vraiment très soignée. C’est un réel plaisir, quand on peut l’écouter :p.

  • Salu!! Très bon test qui résume assez bien l’esprit et le gameplay du jeu!! Je suis assez d’accord sur le fait que ça serait vraiment utile la possibilité d’enregistrer plusieurs sets de compétences et switcher grâce à un bouton entre ces sets notamment à cause du fait qu’un collègue peu nous rejoindre n’importe quand dans le jeu!! Le côté ultra simpliste des compétences qui se débloquent au niveau requis et qu’on n’est juste le choix de la rune ou des compétences que l’on assigne aux touches 1,2,3,4 et aux clics de la souris est assez gênant mais ce qui impressionne dans le jeu c’est surtout le dynamisme des combats qui s’enchaînent!! J’ai juste une précision à apporter sur l’ambiance que je trouve vraiment très bonne surtout grâce à une bande sonore très réussie avec des bruitages qui ressortent sur la musique notamment les gargouillis d’agonie des ennemis!! Un autre aspect sympa c’est les voix des narrateurs lorsque l’on ramasse des livres ou parchemins qui sont mises en avant par rapport au reste de la bande sonore!! Voilà sinon très bon boulot!! Merci pour ce test!!

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