[TEST] Final Fantasy X/X-2 HD Remaster

Il y a de cela 12 ans, Final Fantasy X était le premier épisode de la licence à voir le jour sur PS2. Osant rompre avec de nombreuses règles du JRPG, il avait soufflé le chaud et le froid chez les fans des Final Fantasy, mais montrait que Squaresoft (encore séparé d’Enix) n’avait pas peur du changement. Ils avaient su proposer un jeu certes plus dirigiste, mais avec une histoire relativement bien travaillée qui offrait quelques moments assez grandioses, dont un final de toute beauté. Sa suite, Final Fantasy X-2, avait surpris tous les fans en partant dans une direction complètement différente, jouant à fond la carte du fan service, de la nunucherie et de la dérision. Même si cet opus restait intéressant à jouer, il avait refroidi beaucoup de joueurs qui trouvaient que Squaresoft massacrait l’héritage du premier épisode. Depuis, Squaresoft est devenu Square Enix en 2003, les remakes des anciens Final Fantasy sont devenus légion, et les critiques envers les choix stratégiques récents de l’éditeur pleuvent régulièrement. Était-ce donc le bon moment pour sortir une compilation HD de FFX et FFX-2 ?

LA RÈGLE DES 1000 ANS

final-fantasy-x-x-2-hd-playstation-3-ps3-1370966770-030Final Fantasy X, c’est l’histoire de Tidus, un joueur de Blitzball dans l’équipe des Zanarkand Abes, qui, suite à l’attaque de la ville de Zanarkand par une créature gigantesque du nom de Sin, se voit projeté 1000 ans dans le futur de Spira, le monde dans lequel se déroule cet épisode. Accompagné d’Auron, l’un des personnages les plus charismatiques de la licence, on devine que son objectif sera de retrouver Sin qui est toujours en vie et prompt à détruire la moindre trace de civilisation à portée de tir. Comme tout bon JRPG qui se respecte, Tidus ne sera pas seul et il pourra compter sur une équipe assez hétéroclite, dont Yuna, une invocatrice en pèlerinage qui semble être la clé de la défaite de Sin. Si ce résumé donne des airs un peu simplistes au scénario, il n’en demeure pas moins riche en rebondissements, tout en restant accessible et compréhensible par les joueurs. Ce n’est pas toujours si évident chez les développeurs japonais, habitués aux explications foireuses ou inversement, à l’absence totale de justifications.

final-fantasy-x-x-2-hd-playstation-3-ps3-1376331648-044Tidus ayant été promu garde du corps de Yuna, on sera donc amené à suivre le cheminement de cette dernière à travers Spira, constatant que le premier gros changement dans la licence Final Fantasy est la disparition de la carte qui permettait autrefois de se balader comme bon nous semblait entre deux villes, à l’instar de celle de Bravely Default (le plus récent représentant du JRPG à l’ancienne). La liberté laisse donc la place à la linéarité avec des zones couloir que l’on arpente en cherchant dans les recoins s’il ne se cache pas un petit endroit secret ou deux, ou un trésor planqué dans une impasse et donc impossible à manquer. Histoire de ne trop ressentir de lassitude, le jeu regorge de cinématiques… plein… une tonne même. Regorge est réellement un euphémisme tant on peine à jouer parfois pour ne prendre la main que quelques secondes entre deux cinématiques. De là à crier à l’overdose, on n’en est pas loin. Car comme le dit si bien le proverbe, « trop de trop tue le trop ».

PARCE QUE LES BOULES… C’EST MIEUX

final-fantasy-x-x-2-hd-playstation-3-ps3-1376331648-046Le second des plus gros bouleversements dans les mécaniques séculaires du JRPG, c’est la disparition des points d’expérience (les XP si vous débarquez d’une autre planète) qui sont ici remplacés par une variante assez originale. Place au Sphérier dont vous pourrez décider au début du jeu d’utiliser la version classique ou la version expert. Comme son nom ne l’indique pas, la version expert permet de faire évoluer chaque personnage de manière plus ciblée, la version standard étant à l’opposé plus permissive et donnant au final des personnages se ressemblant tous. Mais en fait c’est quoi le Sphérier ? Et bien c’est un réseau de « boules » (ok, sphères) plus ou moins connectées les unes aux autres et qui donnent un joli dessin vu de loin. On se déplace de boule en boule, et l’on assigne les sphères gagnées aux boules porteuses d’une caractéristique particulière (force, points de vie, compétence,…). Plus tard dans le jeu, on pourra remplir les boules vides et même remplacer des sphères par d’autres plus intéressantes. Le Sphérier est donc une sorte d’arbre de compétences qui part dans tous les sens, qui est partagé par tous les personnages, et au sein duquel il faut planifier nos déplacements si on veut éviter de faire évoluer n’importe comment notre équipe. Mais pourquoi parler de « boules » alors ? Parce que c’est plus marrant que sphères voyons… hem.

ff-x-x-2-hd-remaster-review-spherierLes sphères quant à elles se gagnent en général au combat. Et les combats seront légion à tel point que leur fréquence paraîtra parfois indécente. On sort à peine d’un combat pour que 5 mètres plus loin un autre nous tombe dessus… et encore un autre… encore… encore. EH OH CA VA HEIN. On peut explorer en paix un peu là, oui ? Non… Il faudra donc composer avec un rythme soutenu, ce qui, contre-coup positif de cet acharnement, nous permettra de monter plus rapidement en puissance même si on n’en demandait pas tant. Inutile de préciser qu’il faudra dès que possible faire le plein de potions et se soigner régulièrement entre les combats. Heureusement, on pourra compter sur la possibilité de remplacer un membre du trio actif par un membre du banc de touche, ce qui permet de faire gagner de l’XP à tout le monde et de profiter des compétences de chacun. Yuna offre pour sa part l’agréable possibilité d’invoquer les Aeons qui se battent alors à la place de notre fine équipe, et qui sans être invincibles peuvent faire toute la différence lors d’un combat mal engagé. Enfin, l’Overdrive fait office de cerise sur le gâteau avec une attaque surpuissante qui peut être déclenchée une fois sa jauge remplie. L’ensemble fonctionne bien et se révèle fort heureusement plaisant à pratiquer.

NOUS PARTÎMES SEPT COMPÈRES, NOUS ARRIVÂMES TROIS FILLES

final-fantasy-x-playstation-3-ps3-1363962536-007N’importe quel fan vous le dira, Final Fantasy X fait partie des épisodes les plus intéressants de la licence malgré ses entorses aux règles sacrées du RPG. Accompagné par un bon scénario, le joueur ne s’ennuie pas vraiment si ce n’est peut-être pendant les nombreuses cinématiques qui ponctuent le jeu. La durée de vie est solide et selon votre motivation à aller dénicher et rétamer le boss caché ultime, vous pourrez encore rajouter de nombreuses heures afin d’obtenir la team la plus puissante via un Sphérier optimisé au maximum de ses possibilités. Si vous accrochez au Blitzball, vous pourrez également compter sur ce sport virtuel pour gratter encore quelques heures supplémentaires afin d’obtenir la meilleure équipe qui soit, capable de battre n’importe quel adversaire. Et si vous aimez que tout soit parfait, les armes ultimes et leurs quêtes annexes parfois absurdes (certaines impossibles à trouver sans un guide, hélas) vous tendent les bras, à moins que ça ne soit la soif de connaissance et du Dictionnaire Al Bhed. Se suffisant à lui-même, on aurait pu croire qu’à l’instar des précédents Final Fantasy cet épisode serait unique. Mais les développeurs ont cru bon de ne pas laisser Spira sur une fin qui en aura surpris plus d’un. Ainsi naquit « X-2« .

final-fantasy-x-x-2-hd-playstation-3-ps3-1368112022-017Final Fantasy X-2 reçut à l’époque un échos relativement défavorable. Outre le fait que les fans voyaient d’un mauvais œil la première suite jamais sortie d’un Final Fantasy et une exploitation commerciale du succès de FFX, c’était surtout le jeu lui-même qui faisait débat. Car après l’ambiance mine de rien assez pesante de FFX, on se retrouvait avec un trio de pouf…  joyeuses copines sautillantes emmenées par Yuna, qui avait troqué sa tenue d’invocatrice pour un short ras les fesses, et son bâton de mage pour deux revolvers chrome et or. Bien que justifié par le scénario plus léger d’une Yuna devenue simple chasseuse de sphères, le changement était assez brutal pour avoir laissé une bonne partie des joueurs bouche-bée devant l’intro mettant en scène la belle dans le rôle d’une Pop Star en tournée. Rapidement, ces mêmes joueurs comprenaient que la décontraction et le fan service étaient de rigueur, et que bien qu’objectivement ils fussent en face d’un bon JRPG, ils ne pouvaient cacher leur immense déception face à cette suite. Et pourtant, l’arbre qui cache la forêt n’est pas si malade qu’on le pense.

BACK TO THE FUTURE

ffx-2_battle1Final Fantasy X-2 opère plusieurs changements en réintégrant par exemple la barre ATB pour les combats, ce qui les rend plus dynamiques encore. Nos trois héroïnes peuvent changer de job via des « Vêtisphères » qui leur attribuent des fonctions spécifiques (mage blanc, mage noir, guerrière, voleuse, etc.) et dont l’organisation dépend de la « Palette » utilisée. Les « Palettes » permettent quant à elles de choisir les vêtisphères que l’on souhaite utiliser, et dans quel ordre les ranger, ce qui a son importance, car en passant de l’une à l’autre pendant un combat on peut activer un bonus et donc augmenter l’efficacité de la vêtisphère suivante. Les Aeons n’étant plus disponibles, on pourra compter sur des vêtisphères spéciales dont la puissance sera à la mesure de leur délire esthétique, notamment celle de Yuna qui est aussi inattendue qu’agréable à regarder. Enfin, si l’on n’explore toujours pas Spira librement sur la carte, on peut voyager où bon nous semble et aller visiter tous les lieux disponibles, qu’une quête urgente nous appelle ou pas. Bonus de ce remake HD, on pourra utiliser et développer des créatures, ainsi que certains personnages qui viendront remplacer nos trois copines pendant les combats. Et si jamais le Blitzball vous manquait, il est toujours de la partie.

final-fantasy-x-x-2-hd-playstation-3-ps3-1368112022-011Alors pourquoi tant de haine envers cet épisode ? Certes le côté greluches qui pouffent à tout va, notamment Rikku et sa manie de sautiller dans tous les sens pour un oui ou pour un non, c’est parfois déconcertant. Mais si de prime abord le propos de FFX-2 se veut plus aérien et bien moins dramatique que son aîné, plus on avance dans le jeu et plus le scénario gagne en épaisseur et contredit cette première impression. Les combats qui gravitent autour du système des vêtisphères offrent des affrontements nerveux, et pour ceux qui n’en peuvent plus de voir les filles changer de tenue (c’est clairement lourdingue), une option permet de zapper l’animation et d’aller à l’essentiel. A noter que ce remake inclut deux nouvelles vêtisphères pour rendre l’ensemble encore plus riche et intéressant à utiliser. On sera par contre nettement plus perplexe sur l’ajout du saut pendant les phases d’exploration à pieds, dont l’ergonomie relativement bancale rend son utilisation plutôt pénible. Quelle idée aussi de demander à des joueurs de RPG d’anticiper un rebord pour sauter avant de l’atteindre, sous peine d’une vilaine animation de « aaaaaah j’vais tomber… mais non en fait ». C’est un coup à prendre certes, mais autant simplifier la chose sans chercher à vouloir faire du jeu de plateforme.

UNE PETITE DERNIÈRE, MAIS PAS IMPOSSIBLE

Inclus dans la version internationale de FFX-2, uniquement réservée au Japon, le mode « Last Mission » est assez déroutant. Son histoire se déroule après la fin de FFX-2, alors que les trois amies se retrouvent une nouvelle fois réunies pour un ultime défi à relever : atteindre le sommet de la Tour de Iutycyr (… mot compte triple). Toutefois, il faudra choisir celle qui relèvera le défi, car une seule peut entrer dans la tour, les autres devant sagement attendre en bas. Là où ça se complique, c’est que l’on est face cette fois à un Tactical-RPG, et pas le plus simple du genre. La difficulté est élevée, les erreurs pardonnent rarement et si l’on peut cumuler plusieurs jobs, chacun possédant ses HP et faisant office de bouclier en quelque sorte, le game over signifie « retour à la case départ », tout en bas de la tour. Il conviendra de réfléchir avant chaque action, une mauvais appréciation pouvant vite nous faire perdre un job en stock. Pour limiter la casse, on pourra utiliser des objets pour sauvegarder, ou le faire tous les dix étages sur les 80 que compte la tour, sachant qu’un boss nous attend tous les vingt étages. S’il n’est pas inintéressant, la présence de ce mode bonus reste étrange car les joueurs de JRPG ne sont pas forcément des accros aux T-RPG, et vice versa.

final-fantasy-x-x-2-hd-playstation-3-ps3-1384179247-114Mais ne boudons pas notre plaisir, car si on doit trop souvent se contenter de manger des remakes à des sauces plus ou moins épicées tant leur refonte ne transpire pas l’effort, ne serait-ce que pour donner un vrai coup de jeune visuel à une relique vidéo ludique, on appréciera cette fois le travail de SquareEnix qui, s’il ne va pas aussi loin qu’un Fable Anniversary, mérite d’être salué. Outre des textures en HD et donc relativement propres, les personnages principaux ont été refaits et leur modélisation 3D remise au goût du jour. Hélas, les personnages secondaires n’ayant pas bénéficié du même lifting, ils tranchent assez vilainement avec les héros. Textures floues, modélisation à la serpe de l’époque PS2, le contraste est assez violent. La réorchestration des musiques passe également plutôt bien avec des airs que l’on reconnaît toujours, pour un résultat agréable. Les bonus inclus dans ce remake, comme la cinématique « Eternal Calm » qui fait le pont entre FFX et FFX-2, sont les bienvenus et devraient contenter les fans de ces deux jeux.

L'avis de Dark Inquisitor :www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Si certains attendent toujours un remake de FFVII, ceux qui ne jurent que par FFX, et qui sait FFX-2, seront aux anges d'un remake presque irréprochable tant sur le contenu, puisque incluant les deux jeux dans leurs versions les plus complètes, que sur la forme à travers le lifting opéré. On ne pourra s'empêcher de regretter qu'il faille débourser deux fois le prix demandé pour en profiter sur PS3 et sur Vita, seules les sauvegardes étant récupérables d'une version à l'autre. Mais c'est bien là le seul point noir au tableau d'une compilation aussi complète qu’étonnamment intemporelle, car 12 ans plus tard, FFX et FFX-2 n'ont pas à rougir face à certains JRPG sortis ces derniers mois, loin de là. Un investissement sûr, que vous n'ayez jamais joué à ces deux Final Fantasy, ou que vous ayez juste envie de remonter dans le temps.

Dark Inquisitor

Dark Inquisitor est le représentant sur Terre de l’Ordo Malleus et du Serial Gaming. Renvoyé dans le temps par l’Empereur de l’Humanité, il s’assure que les joueurs appliquent la Règle de la Priorisation. Cette règle qui soumet les jeux à une sélection draconienne afin de ne jouer qu’à ceux correspondant à chaque profil de joueur en fonction du temps disponible. Ses pouvoirs d’inquisiteur lui permettent toutefois de profiter de failles temporelles pour jouer plusieurs heures sans que le temps ne s’écoule et donc de finir des jeux alors même qu’on ne l'a pas vu toucher une manette pendant plusieurs jours. Ses spécialités : les RPG, les survival-horror, l’action-aventure, quelques ovnis du jeu vidéo et les motos custom.

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Un commentaire

  • Aprés nous l’avoir vendu en kit, on apprécie d’avoir la mythologie de Spira regroupée en 1 seul jeu et complet. Le FFX ultime au point que je suis repassé à la caisse. La refonte HD des personnages est du beau boulot.

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